Publicité

3 avril 2020 - 17:11 | Mis à jour : 4 avril 2020 - 09:18

Des trihalométhanes dans l'eau de Saint-Hubert-de-Rivière-du-Loup

François Drouin

Par François Drouin, journaliste

Twitter François Drouin

Selon une publication du site Internet de Saint-Hubert-de-Rivière-du-Loup, les résidents de la municipalité sont aux prises avec une eau potable qui présente une trop forte concentration de trihalométhanes (THM) totaux. Les tests prélevés dans les six derniers mois indiquent un dépassement de la norme établie de THM avec une concentration la plus élevée à 105,45 µg/l.

Dans sa communication, la municipalité indique que les responsables de l'usine de filtration ont identifié les causes probables et «doivent effectuer des demandes auprès des experts pour trouver des solutions dans les meilleurs délais.» Les solutions envisagées n'ont pas été précisées.

Il faut savoir que les THM sont des sous-produits de la chloration de l’eau formés principalement par la réaction du chlore avec des substances organiques naturelles présentes dans l’eau  de surface comme de la tourbe organique, des feuilles mortes et du bois en décomposition. Les concentrations de THM peuvent donc être très variables d’un réseau à l’autre.

Le Règlement sur la qualité de l’eau potable du Québec fixe la concentration maximale à 80 µg/l. Il s'agit d'une concentration moyenne qui doit être calculée sur quatre trimestres consécutifs.

Pourquoi chlorer ? Les municipalités ont recours au chlore comme agent désinfectant afin de neutraliser les différentes matières organiques présentes dans l'eau naturelle. Il peut s'agir de bactérie, de virus et de protozoaires.

Le cas de Saint-Hubert n'est donc pas une exception, toutefois, le dépassement des limites n'est pas sans conséquences. Selon Santé et Services sociaux Québec, la consommation sur une longue période de temps, qui se compte pratiquement en décennies, d'une eau dont la présence de THM excède la norme pourrait légèrement augmenter le risque de cancer de la vessie.

SOLUTIONS MUNICIPALES

L'Institut national de santé publique du Québec considère que la meilleure méthode pour contrôler les sous-produits de la chloration consiste à diminuer la matière organique de la source d’eau avant la désinfection, afin d’éviter qu’elle ne réagisse avec le chlore. D'autres procédés de traitement comme la nanofiltration s’avèrent également intéressants tant dans la réduction des précurseurs que dans l’élimination des micro-organismes, précise le Centre d'expertise et de référence en santé publique.

Dans les petits réseaux, il est également possible de réduire les concentrations de sous-produits en optant pour une eau souterraine plutôt que pour une eau de surface. Le remplacement du chlore par d’autres désinfectants comme l’ozone ou le dioxyde de chlore à certaines étapes de la désinfection peut également permettre de réduire la teneur en THM de l’eau.

SOLUTIONS MAISON

À court terme, pour les mesures individuelles, le charbon actif reste le meilleur système pour se débarrasser des THM. Il peut s’agir d’un filtre individuel fixé au robinet de la cuisine ou d’un filtre au point d’entrée de l’eau dans la maison. Les systèmes d’épuration de l’eau vont des pichets à eau munis d’un filtre au charbon aux unités d’épuration qui traitent l’ensemble de l’eau d’une maison.

Attention toutefois, il faut veiller à respecter les consignes d'entretien si on ne souhaite pas se retrouver avec de nouveaux problèmes. Non seulement ces filtres peuvent saturer, mais ils peuvent également devenir une source de contamination bactérienne de l’eau.

 

Publicité


Publicité

Commentez cet article