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24 janvier 2020 - 06:59

À la recherche de solutions pour mieux brancher les communautés rurales

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

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De nombreuses avenues sont explorées afin de brancher les communautés du KRTB au réseau cellulaire et de permettre aux citoyens d’avoir accès à Internet haute vitesse. Le Fonds pour la large bande du CRTC dispose d’une enveloppe de 750 M$ sur une période de cinq ans pour mieux desservir les régions rurales. L’église Saint-Thomas de Montmagny a accueilli en 2013 des antennes dans son clocher pour améliorer le réseau cellulaire, tandis que les régions de Témiscouata et des Basques préconisent un modèle communautaire pour régler leurs problèmes de réseau, en collaboration avec l’organisme sans but lucratif AIDE-TIC, basé à La Baie.  

L’Agence interrégionale de développement des technologies de l’information et des communications (AIDE-TIC) travaille présentement sur la mise en œuvre de 14 sites de télécommunication pour l’Internet haute vitesse et la téléphonie cellulaire dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean et sur un segment de la route 155. Cet organisme construit les tours qui sont financées en collaboration avec les communautés. Les entreprises de télécommunications deviennent ensuite locataires de ces installations. «Notre modèle répond aux demandes du milieu. On agit comme un facilitateur avec les entreprises de télécommunication. Notre organisme développe et installe les équipements de support (les tours), les chemins d’accès et les réseaux électriques. Ensuite, on tente de faire entrer ces milieux chez les télécommunicateurs», exprime André Nepton, coordonnateur de l’Agence. AIDE-TIC installe toute l’infrastructure, prend en charge les demandes d’autorisation et les consultations publiques. Le délai de livraison est donc rapide et dépasse rarement neuf mois.

L’organisme a travaillé en collaboration avec la MRC de Témiscouata pour l’installation d’une grande tour qui permettrait de desservir Saint-Michel-du-Squatec et Biencourt. «C’est une priorité locale qu’on s’est donnée, à la demande du milieu. Cela fait longtemps qu’il veut régler une partie de la problématique de téléphonie cellulaire. C’est l’une de nos priorités depuis deux ans», précise M. Nepton. Pour le moment, aucun télécommunicateur n’a confirmé son intérêt pour le projet d’AIDE-TIC au Témiscouata. Cet organisme s’implique aussi dans la région des Basques.

«C’est sûr que je suis derrière les MRC et que je les appuie pour ces projets. Les problèmes dans ces régions ne datent pas d’hier. Le Fonds pour la large bande du CRTC pourrait couvrir environ 80 à 90 % des dépenses pour les infrastructures. C’est une belle opportunité pour déposer un projet (…) Il faut aussi prendre en considération les frais d’entretien des tours et l’acceptabilité sociale de la population avant d’aller de l’avant», explique le député de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques, Maxime Blanchette-Joncas. Ce dernier souhaite qu’AIDE-TIC réussisse à convaincre Vidéotron ou Bell de s’y installer. Il envisage aussi de demander au gouvernement fédéral d’imposer des conditions aux télécommunicateurs afin d’assurer des services aux communautés rurales lors des prochaines enchères de spectre.

AIDE-TIC demeure propriétaire des tours qu’il implante et les surplus générés par les revenus de location sont réinvestis pour brancher d’autres milieux. Il en aura bientôt 29 à son actif dans plusieurs régions du Québec.

L’appel de projets qui a été lancé par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommmunications canadiennes (CRTC) , le Fonds pour la large bande, fournira jusqu’à 750 M$ sur cinq ans. Cet argent appuiera les projets visant à construire ou à mettre à niveau l’infrastructure d’accès et de transport pour les services d’accès Internet à large bande sans fil fixes et mobiles dans les régions mal desservies au Canada. La date limite pour le dépôt des projets est le 27 mars 2020.

ANTENNES CELLULAIRES ET ÉGLISES ?

Avoir recours à des infrastructures existantes, telles que des clochers d’église, peut sembler être la solution pour les communautés à plusieurs égards. Ils ont souvent la hauteur idéale requise pour une infrastructure sans fil, permettant d’éviter la construction d’une nouvelle tour. Les revenus tirés de la location des installations peuvent permettre à certaines fabriques aux prises avec des problèmes financiers de souffler un peu.

Selon le député de Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup, Bernard Généreux, le nœud du problème est surtout la densité de population dans les milieux où ces antennes pourraient être installées, qui n’est tout simplement pas au rendez-vous. Elle ne justifie pas les dépenses engendrées par les compagnies de télécommunications, à moins d’avoir accès à une subvention.

«Je commence une ronde de rencontres à ce sujet au cours des prochaines semaines. Plusieurs projets sont sur la table dans le cadre de Brancher pour innover pour connecter les régions qui sont difficilement connectables», explique M. Généreux. Il ajoute que le respect du patrimoine lors de l’installation des équipements peut être un frein pour certaines fabriques et engendrer des frais supplémentaires. «À Rivière-du-Loup, L’Islet, et au Kamouraska, ça prend la fibre optique qui passe au départ. Si on ne l’a pas, on ne peut pas installer de tours pour le réseau cellulaire (…) D’ici deux ans, il y aura des avancées spectaculaires et des investissements vont se faire. Environ 95 % du comté sera couvert, mais il restera des poches non couvertes dans les endroits qui sont très difficilement joignables», complète M. Généreux.

Quatre compagnies de télécommunications ont été contactées par Info Dimanche, soit Bell, Vidéotron, Telus et Rogers. Bell a refusé de divulguer les sites de ses partenaires, mais confirme qu’elle travaille avec de nombreux types de propriétaires dont les emplacements offrent des opportunités d'installer des équipements afin d’améliorer le réseau sans fil. Cela comprend plusieurs églises ici au Québec et ailleurs. De son côté, Vidéotron n’a pas de plan de déploiement de réseau mobile dans la région du Bas-Saint-Laurent, pour le territoire du KRTB. «Avant d’envisager la construction d’une nouvelle tour, nous répertorions soigneusement les différentes structures existantes sur le territoire et évaluons toutes les possibilités», a fait savoir une porte-parole de Vidéotron. L’entreprise Telus confirme quant à elle qu’elle préfère ajouter l’équipement sans fil à une infrastructure existante. «Bien que Telus ait de l’équipement sans fil dans quelques églises du Québec, nous n’avons pas de tels projets pour l’instant dans les secteurs de Kamouraska, Rivière-du-Loup, Témiscouata et Les Basques, mais nous demeurons ouverts si l’occasion se présentait», a commenté Jacinthe Beaulieu des relations médiatiques de Telus. De son côté Rogers affirme explorer «continuellement les possibilités d’étendre son réseau afin de permettre aux clients de rester connectés à ce qui compte pour eux», par l’entremise de la chef des affaires publiques au Québec, Caroline Phemius.

 

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1 réactionsCommentaire(s)
  • Côte nord enfant pauvre en internet haute vitesse.Despays sous développé ont accès à ses services 1000 fois que la côte nord.On fait affaire avec des bandits.Le crtc les approuve.

    Larouche robert - 2020-01-25 02:59