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10 janvier 2020 - 06:56

Décroissance de l’effectif infirmier et recrutement au CISSS du Bas-Saint-Laurent

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

Dans le dernier portrait de la profession infirmière de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ)  au Bas-Saint-Laurent, on constate une décroissance de l’effectif infirmier de -4,4 %, soit une baisse de 85 infirmières depuis 2014-2015. Malgré cette situation, la région a embauché 78 infirmières et infirmiers de la relève en 2018-2019, soit près du double de l'année précédente.

« Le manque des effectifs, c’est un constat qui est provincial, ce n’est pas unique au Bas-Saint-Laurent. Il y a moins d’inscriptions dans les maisons d’enseignement, donc le bassin de recrutement est moins grand pour nous. On commence à s’en ressentir sur le terrain, mais notre situation est moins critique que dans d’autres régions, quand on se compare », explique la coordonnatrice aux ressources humaines du CISSS du Bas-Saint-Laurent, Cathy Pelletier.

Au 31 mars 2019, 1 831 infirmières et infirmiers exerçaient la profession dans le Bas-Saint-Laurent, soit 2,6 % de l'effectif provincial, selon les chiffres de l’OIIQ. L'effectif infirmier de la région a enregistré une croissance de 1,1 % en 2018-2019 et son taux d'infirmières et infirmiers pour 1 000 habitants demeure au-dessus de la moyenne provinciale, à 9,28.

L’organisation du CISSS du Bas-Saint-Laurent se dit «à l’écoute» des employés, mais ajoute que ce n’est pas suffisant pour remplir ses besoins d’employés. L’impact du manque de ressources sur le terrain se répercute notamment par la fatigabilité du personnel, et des absences à court et à long terme qui doivent être comblées.

 « On tente par tous les moyens d’être attractif et d’aller à l’extérieur de la région. On participe à des salons de l’emploi afin de démontrer notre intérêt aux personnes intéressées », ajoute Mme Pelletier.

Des démarches ont aussi été entreprises au CISSS du Bas-Saint-Laurent, afin de se tourner vers le recrutement infirmier international. L’organisation est présentement en attente de savoir si cette demande a porté fruit.

À la fin du mois de janvier, un séjour exploratoire en collaboration avec Place aux jeunes se déroulera dans les installations du CISSS du Bas-Saint-Laurent. « Nous posons des actions de recrutement concrètes à titre préventif pour que ce soit payant à long terme et s’assurer d’attirer plus de gens chez nous ».

La situation n’est pas que négative au Bas-Saint-Laurent, puisque la région affiche l'un des meilleurs taux de rétention de sa relève infirmière : 83 %, en moyenne, exercent toujours dans la région cinq ans après l'entrée dans la profession. Environ 82 % de la relève titulaire d'un DEC poursuit sa formation au baccalauréat, ce qui place le Bas-Saint-Laurent bon premier pour cette statistique.

Mme Pelletier explique la scolarisation élevée des infirmières par la présence de l’Université du Québec à Rimouski, située près des installations du CISSS du Bas-Saint-Laurent et son antenne au Cégep de Rivière-du-Loup, qui encourage les infirmières à poursuivre leur parcours scolaire, si elles en ont l’intérêt. La région compte un effectif infirmier parmi les plus scolarisés du Québec : 48 % sont titulaires d'un baccalauréat en sciences infirmières, comparativement à 46 % pour l'ensemble du Québec.

Dans la province, seulement 60 % des effectifs travaillent à temps complet, et cette proportion chute à 26% chez les plus jeunes. Le taux d'emploi à temps complet des infirmières et infirmiers du Bas-Saint-Laurent demeure l'un des plus faibles de la province, à 54 %.

« C’est important de s’adapter aux demandes des employées dans le cadre des convention collectives. Certaines ne veulent pas d’un poste à temps complet, alors que d’autres vivent l’effet inverse et souhaitent cette stabilité », conclut Mme Pelletier. Le printemps dernier, 412 postes ont été rehaussés à temps complet au CISSS du Bas-Saint-Laurent.

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