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11 décembre 2019 - 15:52 | Mis à jour : 17:15

Attention aux angles morts des véhicules de déneigement

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

La conduite d’un véhicule de déneigement est une tâche complexe, encore plus lors des conditions de mauvaise visibilité et de poudrerie. Alors imaginez le scénario lorsque les conducteurs de ces mastodontes côtoient sur les routes des automobilistes imprudents ou simplement inconscients des nombreux défis avec lesquels ils doivent concilier.

Afin d’améliorer la situation et de rappeler l’importance d’adopter un comportement sécuritaire en présence de ces imposants chasse-neiges, une activité de sensibilisation a été organisée pour les médias, ce mercredi 11 décembre, par la ministère des Transports en collaboration avec les contrôleurs routiers de la Société de l’assurance automobile du Québec. 

Sur place, un véhicule lourd servant au déneigement des routes du Bas-Saint-Laurent. Autour? Des tapis rouges représentant les zones d’angles morts des conducteurs. La zone est immense; le manque de visibilité autour du véhicule, en pleine tempête ou non, également. 

«La zone de non-visibilité des conducteurs de véhicules lourds est déjà très grande, mais évidemment, quand on ajoute des équipements de déneigement à l’avant et sur les côtés, on vient agrandir cette zone-là encore davantage. C’est vraiment quelque chose d’impressionnant», explique Jonathan Beauvais, lieutenant-coordonnateur aux communications de Contrôle routier Québec, une agence affiliée à la SAAQ.

«Les gens ont souvent l’impression que les conducteurs de ces camions lourds voient bien, puisqu’ils sont assis haut. C’est vrai qu’on voit bien, mais on voit bien au loin. Tout ce qui est à proximité du véhicule, on le perd complètement de vue. Ça, les gens ne le réalisent pas nécessairement», poursuit-il. 

PARTAGER LA ROUTE

Alexandre Paradis a été opérateur de chasse-neige pendant plusieurs années. Aujourd’hui chef d’équipe au ministère des Transports du Québec, il témoigne des difficultés éprouvées régulièrement par les conducteurs de «déneigeuses». 

«Les grosses complications, ce sont les gens qui restent longtemps à l’arrière ou sur le côté, ceux qui longent le camion de très proche aussi. Ils sont alors directement dans nos angles morts, ce sont de mauvaises habitudes de certains conducteurs. Sur un chiffre de 10 h, ça peut arriver très souvent», a-t-il raconté, précisant lui-même avoir évité des situations très dangereuses. 

M. Paradis conseille aux automobilistes d’être patients et de maintenir une distance sécuritaire avec le camion lourd. Il est préférable d’attendre le bon moment pour effectuer un dépassement plutôt que de risquer une manœuvre téméraire qui pourrait avoir de graves conséquences.

«Il faut partager la route avec les camions de déneigement. Ils sont là pour une raison et pour assurer notre sécurité. Quand ils font du déneigement, ils s’assurent que les routes soient déglacées, que les routes soient sécuritaires, alors il faut s’assurer de leur laisser de l’espace et du temps pour qu’ils effectuent leur travail», rappelle Jonathan Beauvais. 

STATISTIQUES 

L’entretien du réseau routier en période hivernale pour la région du Bas-Saint-Laurent, c’est plus de 2300 kilomètres de routes à sillonner et entretenir; des investissements de 23 M$ et plus de 125 camions au travail. 

Selon la SAAQ, seulement 15 personnes ont été impliquées dans des accidents impliquant au moins un véhicule de déneigement, dans la région du Bas-Saint-Laurent, entre 2017-2018 et 2018-2019. Au Québec, le chiffre s'élève cependant à 194. La majorité des accidents ont causé des blessures légères. 

 

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