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16 décembre 2019 - 06:55

Après 50 ans, le JAL lutte toujours pour sa survie

Mario Pelletier

Par Mario Pelletier, Journaliste

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Le 6 décembre dernier à la salle de l’école De La Marguerite d’Auclair, plus de 200 personnes ont assisté à une rencontre pour le lancement officiel d’un livret et d’un site web témoignant de la lutte historique des citoyens de Saint-Juste-du-Lac, Auclair et Lejeune dans les années 1970 pour sauver leurs villages. À cette occasion, les maires d’aujourd’hui ont mentionné que leurs communautés se battent toujours pour leur survie.

C’est la Coopérative de développement agro-forestier du Témiscouata (CDAFT) qui a initié ce projet de mise en valeur de ses archives : Histoires du JAL. La création d’un groupement forestier fut la première action réalisée à la suite de la mobilisation citoyenne de l’époque face à la décision du gouvernement provincial de fermer 96 localités.

«Le Témiscouata n’est malheureusement pas épargné par ces fermetures. Le gouvernement cible les paroisses suivantes : Saint-Jean-de-la-Lande, Saint-Benoît-de-Packington, Saint-Elzéar, Saint-Eusébe, Auclair et Lejeune. (…) Les habitants d’Auclair, de Lejeune et de Saint-Juste-du-Lac tentent le tout pour le tout et espèrent que la mobilisation de leur communauté permettra un sauvetage in extremis de leurs paroisses. Comme dans plusieurs autres localités ciblées par les fermetures, on se lève. C’est la création des Opérations Dignité», peut-on lire dans le livret : Le JAL – Luttes et développement communautaire d’un territoire.

Ces communautés étaient jugées par le gouvernement provincial de l’époque comme étant économiquement non rentables et socialement non viables. Au JAL, de l’appellation de ces trois municipalités, on a mis en place un nouveau modèle de gouvernance territoriale et d’économie sociale qui avait été élaboré avec l’aide de l’Université Laval et de Gilles Roy, un des initiateurs des Opérations Dignité. Cette histoire unique est d’ailleurs encore étudiée de nos jours par les facultés universitaires d’aménagement du territoire.

HISTOIRES DU JAL

La CDAFT, crée en 1974 lors de ce mouvement citoyen, est propriétaire de ce fonds d’archives et initiatrice du projet de mise en valeur réalisé au cout de 30 000 $ et avec le soutien financier de la MRC de Témiscouata et de la Caisse Desjardins des Lacs de Témiscouata. Avec 45 boites de documents et après plusieurs mois de traitement et de transfert technologique, on a dévoilé trois outils de mise en valeur : un livret basé sur les écrits de Gilles Roy qui est en vente dans plusieurs commerces du JAL, huit volumes qui seront disponibles pour consultation dans les bibliothèques du territoire et un site web où vous trouverez tout le livret, une banque de photos, des bandes audio de Radio JAL, une section vidéo et une revue de presse le JAL ayant fait les grands titres plusieurs fois notamment dans les quotidiens La Presse et Le Soleil.

Jean-Marie Gilbert, vice-président de la Coopérative de développement agro-forestier du Témiscouata, a rappelé que 400 personnes s’étaient regroupées dans une salle en 1971. Près de 50 ans plus tard, certaines d’entre elles étaient à nouveau présentes le 6 décembre dernier. D’autres personnes de la quatrième génération de familles du JAL, depuis ce temps-là, ont aussi pu apprécier cette mobilisation historique. Avant même la fondation de la CDAFT, le groupement forestier a été la première réalisation du projet JAL en 1973, un des premiers regroupements de propriétaires et travailleurs forestiers au Québec.

LA LUTTE CONTINUE

Bruno Bonesso, maire d’Auclair et président de la Coopérative de développement agro-forestier du Témiscouata, Pierre Daigneault, maire de Lejeune, et Mario Guimont, conseiller municipal de Saint-Juste-du-Lac, ont pris la parole pour souligner cette mobilisation et mentionner que le JAL lutte toujours pour sa survie.

«Le JAL, pour nous c’était hier. J’aimerais ne pas oublier les gens qui ont disparu, c’est grâce à eux que nous sommes ici», a mentionné M. Guimont. M. Bonesso a lui aussi souligné l’implication des personnes de cette époque. «Si on est rendu là aujourd’hui, c’est grâce à des gens qui ont levé la main. On a une qualité de vie extraordinaire ici, mais ce n’est pas fini il faut continuer à se battre», a mentionné le maire d’Auclair et président de la Coopérative de développement agro-forestier du Témiscouata.

«C’est toujours aussi difficile pour notre territoire, six municipalités se sont regroupées pour former l’Association de développement de la Vallée des Lacs», a souligné M. Daigneault. «On a de bons emplois, des maisons, mais le gouvernement doit payer pour envoyer des gens ici et il y a des personnes qui voudraient venir. Il faut créer des programmes pour aider les petites municipalités, la volonté des gouvernements n’est pas là», a ajouté Bruno Bonesso tout en précisant que l’aide gouvernementale va principalement pour les plus grosses villes des régions.

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1 réactionsCommentaire(s)
  • Très bonne article,c'est la détermination de ces gens qui depuis les années 1970 et année après année continue de se retrousser les manches afin de continuer l'oeuvre des personnes qui ont tracés les jalons qui devait devenir le JAL tel que connu aujourd'hui.Bravos à ces gens valeureux et surtout très courageux des années 70....

    Donald Grimard - 2019-12-16 12:56