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1 novembre 2019 - 06:55 | Mis à jour : 12:17

Cinq vies sauvées par deux paramédics et leur détecteur de monoxyde de carbone

François Drouin

Par François Drouin, journaliste

Twitter François Drouin
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Le mercredi 23 octobre, Kim Bérubé et Harold Lemelin, tous deux paramédics à la Coopérative des paramédics du Grand-Portage, ont procédé à l’évacuation in extremis d’une famille lorsque le détecteur de monoxyde de carbone (CO) présent sur leur trousse de secours a retenti. Une famille entière aurait pu être décimée.

Rien ne laissait augurer du drame qui se jouait. C’est un appel pour une personne inconsciente reçu vers 18 h 15 qui a permis à l’équipe 7 de la CPGP de se rendre sur les lieux. «Pour nous, c’était un simple appel médical. Une femme était inconsciente. On ne s’attendait pas à ça», commente M. Lemelin. Sur les lieux, aucune odeur, rien ne trahit la présence de ce tueur silencieux qu’est le monoxyde de carbone. La dame a même repris connaissance. Mais c’était jusqu’à ce que le détecteur n’émette un cri strident. Immédiatement, les deux paramédics réalisent ce qui se trame et la cause plausible de la perte de conscience de la mère de famille. Malgré la réticence des occupants, ils forcent l’évacuation manu militari de la résidence.

«C’est un appel médical et on se trouve à sauver cinq vies. Sans le détecteur, nous aurions eu des morts. Est-ce qu’on est content d’avoir insisté pour sortir tout le monde ? Oh oui !», ajoute le paramédic. L’origine provient d’un problème d’un appareil de chauffage au propane et d’une installation inadéquate des batteries du détecteur de CO domestique qui aurait pu être tragique.

Et pour cause. Dans la foulée, les pompiers du Service de sécurité incendie de Rivière-du-Loup ont été demandés sur les lieux et ils ont ensuite mesuré un taux de monoxyde de carbone à 642 ppm alors que Santé Canada fixe la concentration maximale à 25 ppm par heure.

«C’est la première fois que l’appareil se déclenchait au travail. Ç’a été une grosse montée d’adrénaline. On s’est regardé, puis on a sorti tout le monde en vitesse», raconte Kim Bérubé.

Mais ce n’est qu’une fois l’opération terminée qu’elle et son collègue ont pu décanter. «On a réalisé l’ampleur de l’intervention après, nous étions fiers», abonde la paramédic.

Les trois enfants et le père ont été sous oxygène à haute concentration une bonne partie de la nuit à la suite d’une intoxication considérée comme assez majeure. Le taux de CO dans leur sang était élevé, mais pas encore toxique. En revanche, la mère qui était en congé et qui avait passé la journée à la maison a dû être transportée à l’Hôtel Dieu de Lévis pour y être placée en chambre hyperbare. Ces deux paramédics de la CPGP ont sauvé cinq vies. «Cette nuit-là, on a bien dormi», lance Harold Lemelin. Ce n’est pas tous les jours qu’on arrache une famille entière aux mains de la mort.

ÉQUIPEMENT QUI FAIT UNE DIFFÉRENCE

C’est au printemps dernier que la Coopérative des Paramédics du Grand-Portage a décidé d’équiper toutes ses trousses de secours de détecteurs de monoxyde de carbone. «Nos paramédics sont exposés à toute sorte de choses lorsqu’ils pénètrent dans le domicile des gens pour leur porter assistance, y compris à des éléments invisibles et inodores comme le monoxyde de carbone», a commenté Charles Montamat, directeur général de la Coopérative des paramédics du Grand Portage. «Ce ne sont pas des équipements obligatoires, mais ils sont importants et notre intervention du 23 octobre vient de clairement le démontrer», ajoute Kim Bérubé.

MONOXYDE DE CARBONE

Le monoxyde de carbone est un tueur silencieux puisqu’inodore, incolore et insipide. L’exposition à de faibles concentrations de CO provoque des symptômes similaires à ceux de la grippe, comme : la fatigue, l’essoufflement, des maux de tête et un dérèglement des fonctions motrices. L’exposition à de fortes concentrations prolongées peut causer: une mauvaise vision, des étourdissements, une difficulté à penser et des douleurs à la poitrine. Quant à elle, l’exposition à de très fortes concentrations peut provoquer: des convulsions, le coma et la mort.

Pour tous ceux utilisant un appareil de chauffage au bois, au gaz, à l’huile ou si un garage est annexé à la résidence, le détecteur de monoxyde de carbone est obligatoire.

Les concentrations normales de monoxyde de carbone à l’intérieur et à l’extérieur des maisons sont de 0 à 2 parties par million (PPM). Dans une résidence, la concentration maximale acceptable dans l’air pour une période de 8 h est de 11 PPM. Santé Canada fixe la limite maximale à 25 PPM.

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1 réactionsCommentaire(s)
  • Espérant que la personne qui a installé ce système de chauffage vérifie toutes ses installations plus sérieusement. Bravo aux ambulanciers

    Mamie - 2019-11-01 17:12