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1 août 2019 - 13:37

Phare de l’ile Verte : un manque à gagner de 120 000$ pour les travaux de réparation

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

La Municipalité de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs demande une révision de la subvention de 265 000$ accordée par Pêches et Océans Canada lors du transfert de la propriété du phare de l’ile Verte en janvier 2017. À la suite des appels d’offres, un manque à gagner de 120 000$ a été constaté par la Municipalité pour compléter les travaux identifiés par le gouvernement du Canada. 

«Lors du transfert, nous avons eu deux ans pour faire les travaux avec l’argent attribué par le gouvernement du Canada. Les soumissions sont sorties beaucoup trop hautes par rapport à notre subvention. Nous avons retiré une série de travaux, alors nous sommes arrivés dans notre enveloppe budgétaire, mais il faudra quand même les faire», explique la mairesse de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, Louise Newbury.

À noter que les premières soumissions reçues pour les réparations en 2019 se chiffraient à plus de 320 000$. La somme consentie par Ottawa pour effectuer la mise à niveau du phare après sa cession à la municipalité devait servir à remettre le bâtiment en bonne condition pour les années à venir. «On se rend compte qu’on est loin d’avoir suffisamment d’argent. L’estimation de Pêches et Océans Canada n’a pas tenu compte des particularités de l’ile, donc de sa difficulté d’accès, des conditions météorologiques changeantes qui pourraient retarder les travaux au nord de l’ile, par exemple», ajoute Mme Newbury.

À la suite du deuxième appel d’offres publié le 3 mai, le contrat a été octroyé à Construction Béton 4 Saisons au montant de 253 232,44$. Toutefois, la démolition et la reconstruction de la dalle et de l’escalier d’accès au phare ont été retirées du contrat pour des raisons financières. Des travaux étaient requis à court terme pour éviter une dégradation de l’enveloppe du bâtiment.

CONDITIONS PARTICULIÈRES

Lors de la saison estivale, du 24 juin au 1er septembre, il n’est pas possible d’y faire les travaux puisqu’il s’agit d’un site touristique d’importance pour l’ile Verte. De plus, entre les mois de novembre et de mai, l’endroit n’est accessible qu’en hélicoptère ou par le pont de glace en hiver. Les entrepreneurs ont donc beaucoup de questionnements et se prévoient des réserves afin d’éviter de travailler à perte, estime la mairesse de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs.

Elle ajoute que le montant de 120 000$ supplémentaire n’était pas prévu au budget de la Municipalité, puisque l’entièreté des travaux devait être couvert par la subvention du gouvernement du Canada. «On ne peut pas demander ça sur le compte de taxes de nos citoyens. Il y aurait une possibilité de passer par le programme TECQ (NDLR : programme de la taxe sur l’essence et de la contribution du Québec), mais nos sommes ont déjà été investies ailleurs, ce sont d’autres projets qu’il faudrait sacrifier, alors que c’était supposé d’être payé», complète Mme Newbury.

RÉACTION DU DÉPUTÉ

Informé de cette demande de la Municipalité, le député fédéral Bernard Généreux confirme qu’il prévoit rencontrer les divers intervenants dès le retour des vacances estivales afin de faire avancer le dossier. «Étant donné que ce sont les évaluations de Pêches et Océans qui n’ont pas été faites correctement, ou enfin, sous-évaluées, il serait convenu qu’il (le ministère) comble la différence. J’appuie donc la Municipalité et la Corporation dans leurs démarches pour avoir ce montant».

À PROPOS DU PHARE...

La Municipalité a pris la décision de faire l’acquisition du phare, à la fois pour conserver son patrimoine et pour une raison sentimentale. À la suite de cette mise à niveau d’envergure, le phare devrait connaitre une pause de travaux majeurs, mais sera toujours sujet à des entretiens réguliers. Entre 3 000 et 3 500 visiteurs passent par le Circuit touristique de l’ile Verte chaque année et font la découverte de trois attraits importants, soit l’École Michaud, le Musée du squelette et le site du Phare. Le phare de l’ile Verte est le premier à avoir été érigé sur le fleuve Saint-Laurent et a été construit entre 1806 et 1809. Il a été désigné Lieu historique national du Canada en 1974.

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