Publicité
2 mai 2019 - 06:55

« On veut qu’ils deviennent des Louperivois » - Joanna Lortie

Mario Pelletier

Par Mario Pelletier, Journaliste

Joanna Lortie, vice-présidente de l’Hôtel Universel de Rivière-du-Loup, s’est tournée vers les immigrants pour combler un manque de travailleurs dans son entreprise. En collaboration avec le Centre d’éducation des adultes (CEA) de Kamouraska – Rivière-du-Loup, elle participe au programme de francisation offert à ces personnes voulant s’intégrer davantage dans leur nouvelle communauté.

Les services de francisation du CEA sont offerts en classe, en entreprise et même en ligne. Aujourd’hui, on dénombre 98 personnes qui suivent une formation avec l’une des trois enseignantes spécialisées. Environ 20 % de ces immigrants ne parlaient pas français à leur arrivée dans la région. «J’ai vu des personnes qui signaient avec un X», a commenté Mme Lortie.

À l’Hôtel Universel, le programme compte 11 élèves. La vice-présidente de l’établissement investit beaucoup pour conserver cette nouvelle main-d’œuvre. «Pour m’assurer qu’ils soient aux cours, les participants ont leurs heures payées pour apprendre le français. De plus afin de faciliter simplement leur vie à Rivière-du-Loup, j’ai acheté une maison à l’arrière de l’Hôtel pour la transformer en maison de chambres», a expliqué Joanna Lortie.

Actuellement, les travailleurs de quatre entreprises suivent une formation avec le CEA. En plus de l’Hôtel Universel, on note Premier Tech (7 élèves), Aliments Asta et La Compagnie Normand. Ces personnes sont originaires de 22 pays, dont le Canada. Plusieurs immigrants bénéficient également de cette offre de francisation au centre d’éducation des adultes : 39 élèves à Rivière-du-Loup, 8 à La Pocatière et 28 à Saint-Alexandre. De plus, 11 élèves suivent le cours à distance parce qu’ils n’ont pas la possibilité de se présenter en classe. Dans ce dernier cas, il s’agit d’un projet pilote commencé cette année.

ADAPTATION À UNE NOUVELLE CULTURE

La francisation permet à la personne immigrante d’apprendre le français et favorise son adaptation à une nouvelle culture ainsi qu’à de nouvelles valeurs et façons de faire. «C’est une offre qui existe depuis 15 ans, elle s’est spécialisée au cours des dernières années», a précisé Nathalie Bélanger, directrice du Centre d’éducation des adultes de Kamouraska – Rivière-du-Loup.

«Les niveaux de connaissance sont multiples. Certains maitrisent assez bien le français. Quant à d’autres, ils doivent combiner l’alphabétisation à l’apprentissage de la langue française. C’est un beau défi et nous avons les outils pour le relever», a souligné Kathleen Shea, enseignante en francisation au CEA. Une partie du cours est adaptée aux besoins des entreprises, ce qui aide les travailleurs étrangers à comprendre les éléments clés de leur milieu de travail. «Ce que j’apprécie tout particulièrement, c’est la flexibilité de l’équipe du CEA, que ce soit en matière d’horaire ou de matière à enseigner. On se sent épaulé pour accompagner nos employés», a mentionné Joanna Lortie.

1 500 PERSONNES IMMIGRANTES

À plusieurs reprises, le Centre local de développement (CLD) de la MRC de Rivière-du-Loup collabore avec le CEA. «La plupart du temps, les personnes immigrantes font directement appel à nous en arrivant dans la région. Il arrive également que ce soit les entreprises qui nous contactent pour savoir comment favoriser l’intégration de leurs travailleurs. Si nous décelons un besoin de francisation, nous les référons à l’équipe du CEA», a expliqué Stéphanie Jeanne Bouchard, agente de développement à l’immigration au CLD.

L’intervenante a d’ailleurs dressé un portrait de l’immigration dans la MRC de Rivière-du-Loup : approximativement 1 500 personnes immigrantes sur le territoire de la MRC, provenant d’une quarantaine de pays, ayant des statuts variés (résident permanent, citoyen canadien, demandeur d’asile, travailleur temporaire, étudiant au cégep), 161 élèves dans les écoles primaires et secondaires.

Publicité

Commentez cet article