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11 avril 2019 - 06:59

Taxis : un projet de loi «qui n’a pas de bon sens» - Steeve Malenfant

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

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Bien qu’il ait refusé de se joindre aux moyens de pressions effectués par l’industrie des taxis le weekend dernier s’opposant au projet de loi 17 du gouvernement du Québec, le propriétaire de l’entreprise Taxi Beaulieu Steeve Malenfant en a long à dire à propos de cette dérèglementation. Il craint entre autres pour la sécurité des jeunes et des ainés qui seraient confrontés à la perte de ce service de proximité.

«Je ne voulais pas prendre la population en otage à Rivière-du-Loup. Dans ma loi à moi, faire une manifestation et bloquer les rues à Rivière-du-Loup, ça c’est interdit. Je pensais que le gouvernement allait comprendre. Ils ne veulent absolument rien comprendre. Ils sont contre la logique de la vie. Le gouvernement est arrivé avec un projet de loi et c’est pareil comme si j’arrivais avec une scie mécanique et que je te coupe les deux jambes. Après, je t’invite à prendre une marche, et je te dis ‘’viens négocier avec nous autres maintenant’’. Quand t’enlève tout, ça s’en vient compliqué», explique Steeve Malenfant.

DEMANDES

Ce dernier estime que le projet de loi 17 du gouvernement «n’a pas de bon sens», qu’il pourrait détruire l’industrie du taxi, et qu’il mettra ainsi des familles dans le pétrin.

«Il faut garder les quotas, les permis, et la sécurité du monde. Quand tu t’en vas prendre un verre, les taxis c’est important. Une personne âgée pour son transport vers l’hôpital, on est là aussi pour ça. On vend des coupons pour eux. Uber va-t-il vous vendre des coupons, aller vous chercher, vous faire faire vos commissions ? Oubliez ça tout de suite», s’insurge M. Malenfant. Il demande au gouvernement d’agir et de rembourser les propriétaires de permis de taxis.

«Les taxis en région, on ne demande pas la lune. On demande juste que le gouvernement qui nous a vendu nos permis de taxis nous les remboursent au prix qu’on les a payés, pareil comme une expropriation. Point final, et après on s’amusera, tout le monde va pouvoir faire du taxi», précise le propriétaire de Taxi Beaulieu.

ENJEU DE SÉCURITÉ

Les mercredis, jeudis, vendredis et samedis soir, les transports en taxi représentent 30% du travail habituel des taxis de Taxi Beaulieu. «Si seulement une personne sur nos 2 000 transports prend sa voiture en état d’ébriété la nuit, fait un accident et se tue, est-ce que ça va être de la faute des taxis parce qu’il n’y en a plus à Rivière-du-Loup ou de la faute à M. Bonnardel parce qu’il les a tous enlevés et a passé un projet de loi de merde?», ajoute Steeve Malenfant.

Son entreprise compte 53 chauffeurs à Rivière-du-Loup et effectue environ 700 transports par jour, 24 heures par jour 7 jours sur 7. Steeve Malenfant ajoute qu’il a bel et bien besoin de la technologie pour ses taxis, et concède qu’il y aurait des améliorations à apporter au système.

«On va faire quoi avec nos personnes âgées ? Pensez-vous vraiment qu’elles vont avoir une application sur son téléphone cellulaire pour aller du point A au point B et qu’elles vont payer avec leur carte de crédit ? La réponse est non.» Steeve Malenfant dit également avoir de sérieux doutes sur la possibilité qu’une compagnie telle qu’Uber se charge de faire du transport adapté pour les personnes handicapées. Au cours des prochains jours, l’industrie du taxi devrait rencontrer le ministre des Transports, François Bonnardel. Steeve Malenfant précise qu’il peut compter pour le moment sur une écoute attentive de la part du député de Rivière-du-Loup-Témiscouata, Denis Tardif.

« Il faut rappeler que nous sommes dans un cadre législatif présentement. Des consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 17 débuteront cette semaine au sein de la Commission des transports et de l'environnement dont je suis membre. Je garde un bon lien avec M. Malenfant et je l’ai d’ailleurs invité à me soumettre ses préoccupations et suggestions pour alimenter mes discussions à la Commission», a commenté Denis Tardif.

Le projet de loi 17 du gouvernement du Québec prévoit la dérèglementation de l’industrie du taxi, et ouvre la porte aux services tels qu’Uber. Il permettrait aussi de mettre fin au contingent des taxis et aux territoires exclusifs. Les chauffeurs n’auraient qu’à posséder un permis de classe 5 (plutôt qu’une classe 4C) et il n’y aurait plus d’immatriculation «T» réservée aux taxis.

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7 réactionsCommentaire(s)
  • Les propriétaires des taxi vont ils rembourser les impôts qu ils n ont pas payé

    Lucide - 2019-04-12 20:13
  • C'est toute la population qui va payer le prix avec le projet de loi 17, moins de sécurité, moins de services, tarif élevé, il n'y aurait plus de chauffeur professionnel etc...

    Pourquoi Bonardel à créé cette injustice ?

    Ceux qui respectent la loi , on leur coupe les jambes et on donne leur travail à Uber.
    Ce sont les contribuables au Québec qui seront affectés par cette multinationale qui envoie l'argent des québécois dans les paradis fiscaux.
    Les chauffeurs de taxi actuels sont les yeux de la sécurité publique !
    Avec le PL-17 ça sera l'insécurité, chauffeurs sans expérience, une déréglementation qui va causer une perte de contrôle sur l'encadrement présent aujourd'hui qui assure un service sécuritaire par des chauffeurs professionnels expérimentés.
    Pour remédier à toutes les conséquences néfastes que va causer ce projet de loi, ça va prendre minimum 10 ans avant d'encadrer et de réglementer à nouveau . Le mal sera déjà fait, les propriétaires de taxi qui ont investi de bonne foi en respectant les lois et qui se croyaient protégés par l'état auront tout perdu, faillite et sans parler du nombre élevé de personnes qui conduiront en état d'ébriété par manque de service surtout dans les régions etc.
    C'est ça le projet de loi 17 !
    Regardez ce qui se passe dans d'autres pays et vous ne laisserez plus jamais votre enfant prendre un Uber. Pourtant, le ministre Bonardel veut détruire l'industrie du taxi professionnelle qui est très réglementée et très bien encadrée pour dérouler le tapis rouge à l'insécurité ( Uber ).
    Le gouvernement fait une grave erreur !

    Paul Estephan - 2019-04-12 16:48
  • Avoir donner les droits à Uber d’offrir ke service sans obligation de posséder un permis au détriment des compagnies déjà en place. Cherchez l’erreur? Une entente juste doit être négocier.

    Soledad - 2019-04-12 08:24
  • pourquoi on questionne les taxis? Ils sont indispensables! Ceux qui les critiquent ne savent et ne connaissent pas les besoins des clients.


    Suzie - 2019-04-12 06:17
  • La vérité c'est que nous sommes une société semi socialiste saq,hydro quebec,.,cegep,csst qui a chamge de nom,commission scolaire,saaq,cissss encien clsc cibole si nous serions si bon nous serion pas dernier de pleton mais en tete et tout monde nous imiterais et la la caq comme les autres nous on menti une fois au pouvoir on garde la saq et hydro les gens qui comprenne pas von dire cest une vache a lait.,.. une vache ne vole pas pour faire son lait.

    Cibole - 2019-04-11 23:04
  • Je trouve la manière que le projet de loi est apporté est très cavalière et très brouillon par le gourvernement. Par contre, je comprends que du changement doit être apporté. Si nous prenons l'exemple de Rivière-du-Loup, tous les premis de taxi sont détenus par la même compagnie. Si je ne suis pas satisfait de leur service, je ne peux pas faire appelle à leurs concurents. Car, il y en a pas.

    De plus, d'entendre M. Malenfant s'inquiéter pour les personnes âgées, tandis qu'il a défendu un de ces chauffeurs lorsque celui-ci a laissé une personne agée en détresse dans un banc de neige lors d'une tempête, me prouve que le changement doit se faire. Du moins, pour les personnes agées de Rivière-du-Loup.

    Jean Ouellet - 2019-04-11 18:45
  • On s'entend que ce projet de loi est rendu nécessaire considérant que la règlementation actuelle est archaïque. Alors, je ne comprends pas que M.Malenfant y soit si catégoriquement opposé. Ce que je comprends par contre, c'est qu'il veut de l'argent lorsqu'il dit: on demande jusque que le gouvernement nous rembourse nos permis au prix qu'on les a payés...après on s'amuser...

    Yves Bérubé - 2019-04-11 17:28