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7 mars 2019 - 15:59 | Mis à jour : 17:15

Conduite hivernale : l’importance de savoir gérer les imprévus

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

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Conduire en hiver est un art. Malheureusement, force est souvent de constater que tous ne le maitrisent pas également. Pourtant, les routes glacées et enneigées font partie de la réalité québécoise et savoir les affronter peut sauver des vies.

Dans ce contexte, des citoyens, des élus et des membres des médias ont participé à une formation en conduite préventive hivernale, ce jeudi 7 mars, à Rivière-du-Loup. Une expérience unique rendue possible grâce à la collaboration de Rivière-du-Loup Mitsubishi et du pilote professionnel et instructeur Carl Nadeau. 

L’auteur de ces lignes était attendu vers 9 h avec le premier groupe de la journée. Naturellement, tous avaient hâte de passer à l’action, mais avant de se faufiler derrière le volant, il fallait suivre un petit cours théorique.

«À la base, quand on parle de cours de conduite, on apprend à stationner une voiture, à respecter les limites de vitesse et les panneaux de signalisation, mais on parle très rarement du contrôle du véhicule. Pourtant, c’est ce qui fait la différence lors d’une situation d’urgence», explique Carl Nadeau, pilote professionnel, animateur télé et instructeur. 

L’objectif de la formation d’une heure était donc d’apprendre les subtilités de la conduite en hiver en optimisant le contrôle du volant, la prévoyance et l’anticipation. L’évitement d’obstacles et les tactiques de freinage d’urgence étaient aussi mis de l’avant. 

«Pour moi, c’est beaucoup de plaisir et ça me tient à cœur. J’ai des enfants et mon rêve, c’est que les routes soient plus sécuritaires. Je crois vraiment que les jeunes qui apprennent à conduire devraient l’apprendre comme il faut avec des formations comme celle-ci […] De plus en plus, des citoyens corporatifs commencent à s’impliquer et c’est une très bonne chose. Après tout, si le gouvernement ne l’oblige pas, il faut prendre l’initiative», ajoute celui qui était accompagné par le coureur de la région, Simon Dion-Viens.

TROIS EXERCICES 

Séparés dans différentes automobiles, dont le véhicule hybride rechargeable Outlander PHEV et l’Éclipse Cross, les participants ont attaqué le parcours avec un exercice de freinage en ligne droite. Il était suivi par un slalom et l’évitement d’un obstacle.

À la ligne de départ, l’enthousiasme laissait légèrement la place à une certaine fébrilité accompagnée d’un brin de nervosité. Les deux mains étaient sur le volant en position 9 h 15, les roues du véhicule étaient droites et le regard au loin… voilà tout était prêt. «Allez, la pédale au plancher! Amusez-vous!», lance Carl Nadeau avec un grand sourire. 

Bien qu’il soit simple, ce premier exercice, qui consistait simplement à freiner le plus rapidement possible après une accélération, mettait en lumière plusieurs erreurs courantes des conducteurs et conductrices. 

«Malheureusement, en freinage d’urgence, les gens ont deux réflexes. Le premier est de barrer les bras, ce qui fait que la voiture va se tortiller et qu’elle va être vulnérable à une perte de contrôle. L’autre, c’est de relâcher la pression lorsqu’on sent travailler les freins ABS. C’est normal de sentir des pulsations et d’entendre du bruit. Il faut maintenir la pression pour raccourcir la distance de freinage», souligne le professionnel. 

La clé pour le slalom, entre les cônes, était ensuite de regarder le plus loin possible et de ne pas fixer sur l’obstacle le plus près. «Ce qui sauve des vies, c’est d’abord la vision. Pour avoir le temps de trouver une solution, et que tout ralentisse dans votre tête, il faut regarder le plus loin possible devant. Ça vous évite d’être à la dernière minute. Ce qu’on ne veut pas, ce sont les mouvements brusques.»

Enfin, le parcours se terminait avec l’évitement «de l’orignal». À la dernière minute, selon les indications de Nadeau (l’orignal), l’automobiliste devait prendre l’une des deux voies disponibles. Un virage brusque, mais contrôlé, sans panique. Dans ce cas, le contrôle du véhicule et les techniques freinage étaient essentiels afin de conserver l’adhérence. 

L’IMPORTANCE DE LA POSTURE 

Souvent négligée, la position de conduite est aussi un élément important qui permet aux automobilistes de réagir correctement aux situations d’urgence en hiver. Les mains doivent être placées en position «9 h 15» sur le volant. Il faut aussi être détendu et non pas crispé. 

«Trop souvent, les gens abandonnent la sécurité pour le confort avec le temps […] Ce qu’il faut faire, c’est avancer le siège suffisamment pour qu’on puisse peser fortement sur la pédale de frein sans avoir la jambe en pleine extension. Si on est trop loin, on ne mettra pas assez de pression», précise l’instructeur. 

Il faut également que le siège soit bien relevé et que les omoplates soient bien collées au dossier, ajoute-t-il. «Si vous mettez votre bras en extension, votre poignet doit arriver au-dessus du volant. En redescendant vos mains, en position de conduite, vous aurez un angle des coudes de 45 degrés ce qui est parfait. Vous aurez plus de précision dans vos manœuvres.»

CONSEILS EN BREF

  • Si un obstacle se dresse sur la route, il ne faut pas réagir par la panique. Réagir en douceur peut sauver des vies, dont la vôtre. 
  • Pomper des freins ABS est inutile, freinez le plus possible les roues droites et appliquez une pression soutenue sur la pédale. 
  • Ne vous immobilisez pas dans un endroit dangereux. Si d'autres véhicules vous suivent, vous pourriez provoquer une collision. Libérez la route et restez calme. 
  • Évitez les manoeuvres brusques. 
  • Regardez dans la direction où vous voulez aller et le plus loin possible. 
  • Restez calme et relax, évitez de vous crisper. 

 

 

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