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31 décembre 2018 - 07:31

Une grosse année pour le Service de sécurité incendie de la Ville de Rivière-du-Loup

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

L’année 2018 a été une grosse année pour les pompiers du Service de sécurité incendie de la Ville de Rivière-du-Loup (SSIRDL). Même si le nombre d’interventions n’a pas augmenté, c’est plutôt la gravité des incendies qui a marqué les derniers 12 mois. On dénombre trois victimes dans deux incendies mortels en janvier et en juin, alors qu’il n’y avait eu aucun décès lors d’interventions au cours des neuf dernières années.

«Dans le cas (de l’incendie mortel) de la rue Gilles, on ne peut pas présumer que les victimes étaient décédés toutes les deux au moment où on est arrivé, mais on a été tellement rapide qu’on aurait pas pu faire mieux. À ce moment-là, t’as l’impression d’avoir tout tenté et d’avoir fait ce qu’il fallait dans les règles de l’art (…) Quand je suis arrivé et que j’ai croisé l’autopompe, entre une minute et demi et deux minutes et demi plus tard, on avait déjà sorti la première victime», explique M. Bérubé. L’enquête de la Sûreté du Québec permettra de déterminer plus précisément les causes de cet incendie survenu en juin 2018. L’autre décès a été constaté lors d’une intervention sur la rue Delage en janvier 2018. La maison a été déclarée perte totale.  

«Je n’ai jamais eu de victimes dans toute ma carrière. Dans des accidents ou un feu de véhicules oui, dans des bâtiments, je n’avais jamais été présent lors d’une intervention où il y avait des décès», explique le directeur du SSIRDL, Éric Bérubé. Les pompiers de Rivière-du-Loup ont pris part à 350 interventions incendie et ont répondu à 300 appels de premiers répondants en 2018. L’an dernier, le nombre d’appels était d’environ 700. On dénombre des pertes de 3,5 M$, dont le cout d’une machine de 3M $ qui a dû être remplacée à l’usine de Viandes du Breton.

PRÉVENTION

Le directeur du SSIRDL souhaite porter un important message de prévention. L’une des causes les plus fréquentes d’incendie sont les feux de cuisson qui surviennent la nuit, provoqués par accident par des personnes intoxiquées. «On remarque que les gens ont tendance, la nuit et le soir tard en revenant de veiller, à se faire cuire des aliments et ‘’ils s’endorment sur la job’’. C’est très dangereux à la fois pour eux et pour les autres aussi. On a plusieurs cas comme ceux-là dans une année. Nous allons soumettre nos statistiques au ministère de la Sécurité publique pour voir comment ils vont orienter leur prévention au niveau provincial. Je suis sûr que nous ne sommes pas les seuls», ajoute Éric Bérubé. Les pompiers portent aussi une attention particulière aux maisons de chambre et s’assurent qu’elles possèdent toutes des détecteurs de fumée fonctionnels. «C’est une clientèle plus vulnérable, donc ils sont plus encadrés par le service de sécurité incendie. Nous sommes plus persistants dans les résidences personnes âgées, les garderies et les maisons de chambres pour protéger les autres (…) Le détecteur sauve des vies et l’extincteur permet de sauver la bâtisse», précise M. Bérubé.

CASERNE INCENDIE

Dossier important depuis une dizaine d’années, la caserne incendie est revenue dans l’actualité dernièrement, alors que la Ville de Rivière-du-Loup a pris la décision de revoir ses options en 2019, après que les soumissions reçues aient dépassé de 1,3 M$ son budget. Le directeur du SSIRDL affirme que l’édifice Rosaire-Gendron est le mieux situé en considérant les délais d’intervention et les temps de réponses dans les différents quartiers de Rivière-du-Loup. De plus, le bâtiment est enclavé, il est impossible de l’agrandir. «La cohabitation d’un gros service incendie régional avec un gros service de police régional dans un petit bâtiment désuet n’est pas possible. Avant même de concevoir le projet au cours des dernières années on a constaté que les deux manquaient d’espace», ajoute M. Bérubé.

FAITS MARQUANTS

Des actions ont été menées à l’interne pour améliorer les pratiques en matière de santé et de sécurité au travail et ainsi exposer les pompiers au moins de contaminants possible, en raison de la prolifération des cas de cancer chez les pompiers. Ils s’assurent entre autres de procéder au nettoyage de leurs habits de combat directement sur les lieux à la suite d’une intervention. Les contaminants sont de cette manière confinés aux lieux d’origine. Se nettoyer avant d’ingurgiter des aliments permet également d’éviter la contamination croisée. Au début de l’année 2019, la nouvelle technologie de Répartition assistée par ordinateur (RAO) avec des données en temps réel sur les interventions en cours, et des applications mobiles pour affecter les ressources sera installée dans les différents modules des véhicules incendie de la caserne de Rivière-du-Loup.

En 2018, une entente de gestion a été conclue avec le service incendie de Cacouna. Selon M. Bérubé, l’arrimage se déroule «très bien» depuis le mois d’aout. Le SSIRDL a également pris en charge au cours de la dernière année la protection incendie du secteur de Notre-Dame-du-Portage.

 

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