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22 novembre 2018 - 09:29 | Mis à jour : 16:11

Mesures coupe-feu : sensibilisation à la Résidence Reine-Antier

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

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Les locataires de la Résidence Reine-Anthier souhaitant garder la porte coupe-feu de leur loyer ouverte, histoire de sociabiliser, pourraient bénéficier d’alternatives qui s’offrent au propriétaire Roch Bernier. Mais d’ici là, ces portes doivent être fermées, clame le Service incendie de Rivière-du-Loup. 

Une inspection de routine menée le printemps dernier par le capitaine et préventionniste du SSIRDL, Éric Deschênes, en collaboration avec la Régie du bâtiment du Québec, a ainsi décelé que certaines portes coupe-feu séparant les appartements et les chambres des corridors n’étaient pas toujours fermées comme l’exige la loi, puisqu’elles étaient bloquées par différents objets. Une situation problématique sur le plan de la sécurité. 

«Les portes doivent non seulement être coupe-feu, c’est-à-dire qu’elles doivent avoir une résistance au feu d’une durée de 20 minutes, mais elles doivent être munies d’un système de fermeture automatique et celui-ci ne doit pas être obstrué. C’est une question de sécurité pour tous les occupants», explique M. Deschênes. 

Ces obligations proviennent du chapitre Bâtiment du Code de sécurité (CBCS) qui a été mis en vigueur en 2013 à la demande de différentes entités en prévention incendie et dont plusieurs nouveautés sont en lien direct avec la tragédie de la Résidence du Havre de L’Isle-Verte. Rivière-du-Loup, à l’instar de plusieurs autres villes au Québec, l’a adopté en juin 2017. 

DIFFÉRENCE IMPORTANTE

Selon Éric Deschênes, les nouvelles contraintes imposées aux bâtiments existants, dont les résidences pour personnes âgées, sont exigeantes, mais nécessaires. Le système de portes coupe-feu, à chaque loyer, a déjà prouvé son efficacité un peu partout au Québec. Il parle aujourd'hui de sensibilisation. 

«La différence entre un bâtiment dont les portes [coupe-feu] sont ouvertes et un bâtiment dont les portes sont fermées, au début d’un incendie, est très importante. La propagation des flammes et de la fumée n’est pas du tout la même. C’est vraiment très évident. Ça permet aux locataires d’évacuer plus facilement et de limiter les dommages. C’est ce qu’on appelle la théorie de la boite.»

Dans le cas de la Résidence Reine-Antier, l’objectif des locataires n’était évidemment pas de créer un danger, mais bien de permettre un milieu de vie agréable et cohérent où on ne se bute pas toujours à des portes closes. Malheureusement, cette façon de faire de certains met tous les résidents en danger. «Les séparations coupe-feu de toutes les résidences au Québec devaient être conformes depuis mars 2018 […] Il y a là aussi une responsabilité du propriétaire de se rendre conforme au code. Il doit être proactif et ne pas seulement attendre la visite des pompiers.»

ALTERNATIVES? 

Afin de régler la problématique, certaines solutions sont possibles, aux dires du préventionniste du SSIRDL. La première est un dispositif de retenue magnétique qui permet de garder la porte ouverte, mais qui la ferme automatiquement lorsque le système d’alarme de l’endroit est déclenché. «C’est tout à fait légal et très efficace, mais il y a naturellement un cout associé à cela», note M. Deschênes. 

La deuxième option est celle du changement du niveau d’usage de l’établissement. La 
résidence pour personnes âgées pourrait devenir un établissement de traitement. Mais encore là, il y a plusieurs critères à respecter. 

Le Service de sécurité incendie de Rivière-du-Loup compte bien effectuer un suivi et s’assurer que les portes des loyers de la Résidence Reine-Antier, qui comptent 84 places, restent closes, du moins jusqu’au moment où une solution sera apportée. Il précise avoir une bonne collaboration de la part du propriétaire Roch Bernier. 

 

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2 réactionsCommentaire(s)
  • Marcel, quand on parle de portes coupe-feu, on ne parle pas des portes de chambres... Mais des portes de corridors. Après ce qui est arrivé à plus de 30 de ses locataires à l'Isle-Verte, j'ose croire que M. Bernier se conformera aux normes sans tarder!

    Curieux - 2018-11-22 16:05
  • Bien d'accord avec tous ces règlements car nous avons connus ce qui est deja arrivé dans une maison de retraités.
    Mais je me mets à la place des pensionnaires qui ont à vivrent ca, de passer la journée entière la porte de leur chambre fermée. Il y en a la dedans que c'est leur seul désennuis de regarder circuler les gens dans les corridors.
    Difficile de juger... et dire que je m'en vais vers la et que je déteste déja que ma porte de chambre soit fermée.

    Marcel - 2018-11-22 12:54