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11 octobre 2018 - 15:40

Le programme Chaine de vie fait son chemin… jusqu’à Belfast

Mario Pelletier

Par Mario Pelletier, Journaliste

«Je reviens de l’Irlande du Nord où j’ai été invitée à titre de conférencière à un forum en transplantation à Belfast les 13 et 14 septembre dernier», mentionne Lucie Dumont, présidente de Chaine de vie.

C’est après avoir rencontré le Dr Tim Brown, une sommité dans le domaine, que la fondatrice du programme a pu expliquer devant 200 congressistes provenant de divers pays les grands avantages d’éduquer des élèves qui à leur tour parlent du don d’organes à leurs familles.

«Il y a deux ans, Seana Maguire, une éducatrice en langue en Irlande du Nord, a suivi la formation du programme Chaine de vie et elle l’a implanté comme projet pilote dans son école. Je suis également guide de montagne et quand je suis revenue du camp de base de l’Everest au Népal, je suis arrêtée à Belfast pour visiter Seana. C’est alors qu’elle m’a présenté à Monika Hatchet, coordonnatrice du don d’organes en Irlande du Nord, qui à son tour en a parlé au Dr Tim Brown», a expliqué Mme Dumont.

La fondatrice de Chaine de vie a donc expliqué pendant une heure le programme Chaine de vie et ses grands avantages, une conférence phénoménale a exprimé M. Brown à propos de l’allocution présentée dans la grande salle du Musée du Titanic. Selon lui, Lucie Dumont a été la conférencière qui a le plus touché les congressistes par son esprit de pionnière et son programme qui sauve des vies. Il lui a manifesté sa fierté d’avoir pu contribuer à partager sa vision d’utiliser le milieu scolaire pour éduquer des jeunes et leurs familles au don d’organes.

Le programme créé au Québec fait maintenant partie officiellement du curriculum de la Aquinas Diocesan Grammar School à Belfast en Irlande du Nord. II y a également un projet pilote en Espagne, pays numéro 1 au monde au niveau du don d’organes. «Le forum de Belfast va nous ouvrir d’autres portes», lance-t-elle.

ÉDUQUER DES JEUNES

Chaine de vie est un projet à caractère éducatif et social créé pour éduquer les jeunes de 15 à 17 ans au don d’organes et de tissus par le biais de leurs cours d’anglais. «On prend le temps de bien expliquer pendant le cours d’anglais, ça dure sept semaines», précise Lucie Dumont. Les témoignages d’élèves, d’enseignants et de médecins sont éloquents et ne font que confirmer que l’instigatrice du programme a vu juste. «Le but, c’est d’avoir une population qui a une culture du don d’organes», souligne-t-elle.

Le programme est offert dans les écoles secondaires du Québec. À ce jour, 200 enseignants ont reçu la formation et le matériel Chaine de vie. On estime qu’environ 100 000 jeunes ont été touchés par le message depuis sa mise en œuvre en 2007. «Nous ne sommes pas là pour convaincre, nous sommes là pour éduquer. Nous faisons des ambassadeurs de discussions en familles et ensuite ils prennent la décision entre eux. Quand la discussion a eu lieu, 99 % des familles disent oui, c’est extraordinaire», explique Mme Dumont.

Lucie Dumont aimerait bien que le programme Chaine de vie soit étendu à l’ensemble des écoles secondaires du Québec. Selon elle, il faut seulement un peu de bonne volonté de la part du nouveau gouvernement. «Le ministère de l’Éducation doit être la voix qui dit aux commissions scolaires de libérer les enseignants visés par le programme seulement une journée pour leur permettre d’avoir la formation Chaine de vie. C’est rien pour le gouvernement, tout est prêt et les gens le veulent. Depuis 10 ans, le programme est supporté à bout de bras par des bénévoles», mentionne Mme Dumont.

DÉFI CHAINE DE VIE

L’organisme Chaine de vie, qui a son propre conseil d’administration, invite la population à planter un drapeau au sommet d’une montagne de sa région au nom de l’éducation au don d’organes. Le défi du Bas-Saint-Laurent se déroulera cette année au Mont Comi à Saint-Donat-de-Rimouski le dimanche 14 octobre, à compter de 9 h. Cet évènement se déroulera sur 15 montagnes au Québec.

Les fonds recueillis à cette occasion permettront, entre autres, de fournir le matériel pédagogique aux écoles, d’offrir des formations aux enseignants et de développer de nouveaux outils pédagogiques pour faciliter la discussion en famille.

Pour participer au Défi Chaine de vie, il suffit d’aller s’inscrire sur le site defi.chainedevie.org et de faire un don de 25 $ ou plus. Le cout sera de 30 $ pour ceux qui s’inscriront le matin même. Comme le défi se veut un évènement familial, il n’y a pas de cout pour les moins de 18 ans et pour les étudiants. Il est aussi possible de faire un don pour appuyer le projet.

STATISTIQUES DU DON D’ORGANES

Quand on sait que moins de 1 % de personnes qui décèdent peuvent devenir des donneurs potentiels, on se rend compte que chaque don compte. Malheureusement, on estime qu’environ le quart des familles de donneurs potentiels hésitent encore à autoriser le don d’organes, souvent parce qu’elles n’ont pas eu le temps d’aborder le sujet avec l’être cher. Par respect pour la famille, l’équipe médicale respecte toujours cette décision.

En 2017, seulement 664 Québécois sont décédés dans des conditions susceptibles d’envisager le don de leurs organes. 182 ont pu faire le don de vie.

Faute de donneurs, 786 personnes sont présentement en attente d’une greffe qui pourrait leur sauver la vie. En 2017, 54 personnes sont décédées en attendant une greffe.

Quand on sait qu’un seul don peut sauver 8 vies et aider 15 autres personnes à retrouver la santé, on comprend toute l’importance d’en discuter en famille. Il n’y a pas d’âge pour faire un don d’organes.

 

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