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1 septembre 2018 - 06:58

Dossier - Étudiants internationaux

Les étudiants étrangers à la rescousse de nos cégeps

Francois Drouin

Par Francois Drouin, Journaliste

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Les cégeps de l’Est-du-Québec, Rivière-du-Loup en tête, misent de plus en plus sur les étudiants étrangers afin de pallier à la baisse de la population étudiante. L’établissement louperivois fait figure de proue avec plus de 140 étudiants provenant de l’extérieur du Québec inscrits pour la session d’automne 2018.

Ils sont originaires de la France, de la Belgique, du Maroc, de La Réunion, de la Guadeloupe, du Laos, du Cameroun, du Mali, du Chili et du Mexique et ils traversent un continent, un océan, parfois même deux, pour venir étudier en sol louperivois. Ils sont convoités et les institutions collégiales régionales ne lésinent plus sur les moyens de recrutement. Rivière-du-Loup ne fait pas exception.

Si leur nombre a de quoi impressionner, il faut aussi réaliser que la majorité d’entre eux ont été recrutés directement par l’équipe du Service des relations internationales et de l’information scolaire (SRIIS) sous la direction des Études du Cégep Rivière-du-Loup par Danielle Raymond et la conseillère Caroline Bergeron. 

Un travail de longue haleine qui ne se limite pas au recrutement et à l’intégration au sein du cursus scolaire, mais aussi à l’extérieur des murs du collège. «On les soutient dans différents domaines, bénévolat, travail… ce qu’on veut c’est leur permettre de rapidement s’intégrer afin qu’ils réalisent leur projet», souligne Caroline Bergeron.

RECRUTEMENT 

La principale clientèle visée par le SRIIS est celle diplômée d’un Brevet de technicien supérieur (BTS), qui s’apparente à un diplôme de formation professionnelle au Québec. En s’inscrivant à la troisième année seulement d’une technique dans un programme connexe québécois, l’étudiant étranger qui obtient la note de passage dans tous ses cours se voit ainsi diplômé d’un DEC.

En France seulement, le SRIIS couvre pratiquement toutes les régions à l’exception de deux territoires. «Nous avons 52 écoles partenaires. Au départ, nous nous présentions par courriel, si la réponse était positive, les discussions s’amorçaient via Skype (logiciel de vidéoconférence) et nous leur offrions de les visiter. Un protocole était mis en place. Je pouvais entrer dans les classes et offrir le programme aux étudiants», raconte Danielle Raymond.

Avec le temps, le bouche-à-oreille s’est imposé comme l’un des principaux canaux de recrutement. «Souvent c’est le candidat qui a entendu parler de nous par d’autres étudiants qui nous contacte pour s’informer s’il est possible d’effectuer une année d’étude post BTS. Je communique alors avec son lycée pour établir un partenariat entre les deux institutions», ajoute Mme Raymond.

Cette dernière profite aussi de la tenue des différents salons des cégeps de l’Est pour aller frapper aux portes des kiosques étrangers. Le recrutement se construit donc majoritairement au cas par cas. Le cégep accorde une importance certaine dans ses contacts avec les lycées afin de créer un lien durable.

«Ce lien direct porte fruit. Les étudiants qui viennent, ce sont ceux que nous avons rencontrés sur place. C’est rassurant pour eux», ajoute la responsable des relations internationales. À noter que les étudiants provenant de l’ile de La Réunion sont plutôt recrutés par la SRACQ qui représente les cégeps de l’Est-du-Québec. Quant aux étudiants mexicains, ces derniers sont présents pour la session d’automne uniquement dans le but d’améliorer leur français dans le cadre de leur programme d’études au sein d’un programme d’une université de technologie.

COUTS ET RETOMBÉES

À Rivière-du-Loup, la présence de ces étudiants est synonyme de retombées financières dépassant le million de dollars pour des dépenses nettement inférieures. À titre d’exemple, les couts du recrutement à l’international sont de 28 000 $ en 2017-2018.

René Gingras insiste, le cégep et la région en sortent gagnants. Au collégial, bien que les sommes varient d’un programme à l’autre, en moyenne la subvention reçue par étudiant représente 13 000 $ par année. Le Cégep de Rivière-du-Loup couvre donc ses frais de recrutement dès le troisième étudiant étranger. Les 140 étudiants étrangers permettent au collège de recevoir tout près de 1,82 M$.

Le Cégep de Rivière-du-Loup compte actuellement un peu plus de 1 070 étudiants, sans compter la cinquantaine d’étudiants inscrits au Centre d’études collégiales du Témiscouata et ceux inscrits dans un des programmes de la formation continue. «Sans la présence des étudiants étrangers, certains enseignants perdraient leur emploi. D’avoir 140 étudiants de plus permet de consolider certains programmes», soutient René Gingras.  

Au total, cinq programmes bénéficient de cet apport, soit Techniques administratives, Technologie de l’électronique industrielle, Technique de l’informatique, Graphisme et Désign d’intérieur. Deux de ces programmes, Techniques informatiques et Technologie de l’électronique industrielle ont même dû procéder à l’embauche d’un enseignant. 

Et c’est sans parler de leur impact sur l’économie locale, leur apport à la culture, à la diversité, au dynamisme de la ville, sans compter sur le manque de main-d’œuvre à combler.

 

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1 réactionsCommentaire(s)
  • Le cégep de Matane a plus du 1/3 de sa clientèle qui vient d'outre mer. Et ce depuis plusieurs années.

    diana cindie tremblay - 2018-09-01 22:02