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29 août 2018 - 08:00 | Mis à jour : 12 septembre 2018 - 09:24

Maison Desjardins : lettre à la communauté régionale

Le départ de la région de l’ex-directrice générale de la Maison Desjardins de soins palliatifs du KRTB, la Dre Louise La Fontaine, a récemment fait la manchette dans les médias de Rivière-du-Loup.

Cela a éveillé en moi de nombreux souvenirs des premières étapes de la mise en œuvre de ce projet social et communautaire essentiel pour la région. Ce projet n’a pas été l’apanage d’une ou deux personnes. Il est plutôt né de la vision et de la détermination d’un groupe de gens passionnés et s’est concrétisé grâce à un mouvement d’appui porté par toute la communauté.

Pour mémoire, et parce qu’on ne réécrit pas l’histoire, je me sens le devoir et le privilège, à titre de premier président de la Maison Desjardins, de rendre hommage à ces précurseurs qui ont toutes et tous partagé un rêve.

Cela part de 1999, il y a déjà presque 20 ans, alors que j’avais fait la promesse à ma mère, à quelques jours de son décès, de veiller à ce que la région soit dotée d’une résidence de fin de vie digne de ce nom. J’avais ensuite appris que cela se discutait déjà depuis quelques années. Toutefois, rien de concret ne semblait vouloir émerger des dédales de l’administration de la santé.

Ce sont d’abord des Régis Collin, Michel Daris, Sylvain Dionne, Venance Pelletier, Gaston Dubé, Jacques D’Amours, Denise M. Levesque, Germain Ouellet, Louise Bourgoin qui ont vaqué aux nécessaires tâches liées à la mobilisation, au financement, à la planification et à la construction de la résidence.

Par la suite, les Louise La Fontaine, Louiselle Caron, Sylvie St-Onge ont mis à profit leur expertise pour élaborer le fonctionnement, l’organisation médicale, la gestion des soins et la sollicitation de bénévoles. Bien d’autres, dont le nom m’échappe malheureusement (j’espère qu’ils et elles me pardonneront après tout ce temps), ont aussi été des premiers balbutiements de ce projet et en ont jeté les bases.

Cela, sans compter l’apport initial de partenaires de premier plan comme le club Rotary, le comité d’accompagnement La Source et la Caisse Desjardins de Rivière-du-Loup, auxquels se sont greffés peu à peu d’autres partenaires financiers, des organismes et des entreprises, et la population.

Toutes ces personnes ont mis la main à la pâte et défendu le projet avec acharnement. Elles ont alimenté la flamme, ont convaincu les instances politique et médicale, ont entretenu l’espoir, ont contourné les contraintes logistiques et franchi les obstacles administratifs jusqu’à ce que la Maison Desjardins de soins palliatifs du KRTB devienne réalité, répondant à un besoin criant. Jusqu’à ce que cette résidence, qui aura dix ans l’an prochain, ouvre finalement ses portes pour accueillir ses premiers résidents en 2009.

La mémoire collective n’oubliera pas le travail de titan effectué par les précurseurs et les artisans de ce projet, la mobilisation populaire qui en a résulté, et la fierté associée à cette réussite motivée par la conviction de tous.

Aujourd’hui, nul ne peut prétendre s’approprier la paternité ou la maternité exclusive de cette réalisation merveilleuse qui permet aux personnes en fin de vie et à leurs familles de vivre le dernier passage sur terre dans le respect, l’amour et la dignité. La Maison Desjardins de soins palliatifs n’appartient à personne. Il n’y a pas de fondateur ou de fondatrice unique; elle est un actif collectif.

Car il faut l’admettre, au-delà des structures et des égos, la véritable fondatrice de la Maison Desjardins de soins palliatifs du KRTB, c’est toute la communauté régionale; sans elle, sans vous, rien n’aurait été possible.

Je serai toujours reconnaissant à l’égard de la population, des entrepreneurs, des professionnels, des partenaires financiers, des politiciens, des médias, du personnel et des bénévoles qui ont donné vie à la Maison. Vous m’avez permis de respecter la promesse faite à ma mère.

 

Carol Jean

Québec

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