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14 août 2018 - 06:54

Le traitement réservé aux professionnelles en soins tombées au combat

Mario Pelletier

Par Mario Pelletier, Journaliste

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François Morin, infirmier clinicien à l’urgence de l’Hôpital de Notre-Dame-du-Lac au Témiscouata et vice-président secteur ouest du FIQ SPSICR-BSL, dénonce le traitement réservé aux professionnelles en soins qui sont tombés au combat. La gestion des salariés qui sont en absence pour raisons de maladie est au cœur d’une situation difficile pour certains d’entre eux, selon le représentant syndical.

«Dépression majeure, troubles anxieux, épuisement professionnel et blessures musculosquelettiques ne sont qu’une bride des problématiques de santé qui affligent actuellement le personnel soignant du réseau de la santé. Le taux d’invalidité actuel chez les infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes avoisine présentement les 6% et est en constante augmentation. Cette statistique qui vise exclusivement les professionnelles en soins qui sont actuellement en congé de maladie démontre que plus d’un employé sur 20 est actuellement en arrêt de travail pour des raisons de santé», a mentionné M. Morin.

Un salarié a la responsabilité de fournir un billet médical, un formulaire de réclamation d’assurance salaire ainsi que toute pièce justificative pertinente en lien avec la problématique de santé. En contrepartie, l’employeur a le devoir de verser les prestations d’assurance salaire.

Là où ça se complique dans certains cas, c’est quand l’employeur décide, la convention collective le permet, de faire évaluer ses salariés par un médecin expert de son choix afin de savoir si ceux-ci sont aptes à retourner au travail. Des avis contraires des médecins de l’employeur et du salarié lancent une procédure d’arbitrage, soit un autre examen du dossier par un médecin accepté par les deux parties. Si ce dernier décide que le salarié est apte à un retour au travail, l’employé est contraint de rembourser les prestations d’assurance salaire qui lui ont été versées, une procédure conventionnée et tout à fait légale.

«Plusieurs situations fortement questionnables sont alors survenues. En effet, à plusieurs reprises, par l’entremise d’une lettre, l’employeur a informé des salariés que le diagnostic présenté sur leur billet médical n’était pas recevable, et que pour cette raison, le versement de prestations d’assurance salaire n’était pas autorisé jusqu’à l’évaluation d’un médecin rémunéré par l’employeur. Autrement dit, on ne te paie pas jusqu’à ce que tu vois un médecin qui nous confirme que tu es bel et bien malade», a mentionné François Morin. Ces situations seraient surtout survenues dans le cas de diagnostics relevant de la santé mentale (troubles anxieux, trouble d’adaptation, dépression, etc). Des employés peuvent être ainsi privés de salaire pendant plusieurs semaines, ce qui amène un stress supplémentaire.

La détresse psychologique est plus difficile à comprendre pour certains employeurs, M. Morin s’explique donc mal que le CISSS Bas-Saint-Laurent ait des difficultés dans la gestion de ces situations plutôt que de s’imposer à titre d’employeur exemplaire. «Il stigmatise ses employés et leur met de la pression pour que ceux-ci retournent au travail, le tout dans le but de faire diminuer le taux élevé d’absence pour invalidités», a conclu le représentant syndicat qui espère que le CISSS Bas-Saint-Laurent revoit ses méthodes.

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7 réactionsCommentaire(s)
  • Mon histoire ne s'écrit pas et est difficilement croyable. J'aimerais cependant avoir la force l'énergie et surtout le pouvoir d'y changer quelque chose. Le système de la santé m'a rendu malade et m'a fait perdre tout ce que j'avais réussi à obtenir de dures labeurs. C'est à en écrire un livre un réel cochemard. Imaginez le portrait transféré du dernier hôpital fédéral au provincial, perte de presque 10$ l'heure en contingence constante en periode de transition les employés voulant profiter des avantages de leurs convention collective vacances codes congés avant de tout perdre. J'ai besoin d'aide le 19 JUIN 2017 la sun life ass détenu au federal a cessé de me verser mon assurance salaire le 19 juin 2017 date ou mes 7 semaines de retour progressif devaient être terminé alors que je ne l'avais pas encore debuté. Le provincial avait refusé mon retour au travail progressif et m'exigeait une evaluation de leurs medecin au provincial. Resultat reçu le 11 juiillet retour au travail progressif sur 12 semaines au lieu des 7 tel que recommandés par mon medecin de famille. Vous voyez la saga ça relève d'un dossier JE La facture ou Denis Levesque

    Sandra Theoret - 2018-08-16 08:54
  • Désolé de vous décevoir, mais cela EST, cela DEMEURERA. Peu importe les revendications, peu importe le type de maladie, si l'employeur décide du retour de l'employé, il devra retourner, malade , pas malade, l,employeur s'en fout carrément.

    Fernand Ouellet - 2018-08-15 18:34
  • Wow trop, Vrai, Vraiment trop Vrai.

    Joanne scullion - 2018-08-15 06:31
  • Si, malade, on nous traitait juste avec la moitié de décenc et dignité, qu’on nous demande de traiter nos patients, ça irait déjà pas mal mieux.
    On s’est fait presser le citron à sec et étirer l’élastique au point de rupture et même KO on doit se relever et continuer le combat...avec le sourire en plus.

    Edna Wong - 2018-08-14 18:41
  • Annie au niveau de la fiq, les texte sont écrits au féminin. Donc rien au masculin 😉

    Simon - 2018-08-14 12:48
  • C’est d’une injustice épouvantable.Je comprend l’arbitrage médical mais là c’est une décision de l’employeur donc ça ne devrait pas arriver

    Sylvie - 2018-08-14 12:26
  • réservé aux professionnels et non aux professionnelles, d'après moi.

    Annie - 2018-08-14 10:53