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25 juillet 2018 - 06:59 | Mis à jour : 07:08

Les recherches sur la tordeuse des bourgeons de l'épinette se poursuivent

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

Le début de la saison de la migration des papillons de la tordeuse des bourgeons de l’épinette dans l’Est du Québec a incité les chercheurs de Ressources naturelles Canada à se servir d’un nouvel instrument pour capturer les insectes en plein vol, l’hélikite, une première au Canada. Ils en ont d’ailleurs fait la démonstration le 24 juillet dernier à Saint-Fabien.

«Lors de sa migration, l’insecte voyage de nuit de 400 m à 800 m au-dessus du sol, ce qui fait qu’on ne peut pas les capturer avec nos moyens habituels de piégeage», explique Yan Boulanger, chercheur scientifique en écologie forestière au Centre de foresterie des Laurentides de Ressources naturelles Canada. Retenu au sol à l’aide d’une corde, l’hélikite n’est ni plus ni moins qu’un filet à papillons surdimensionné. Si on commence à observer de la tordeuse au Bas-Saint-Laurent, cette épidémie a débuté en 2005 en Outaouais et se répand graduellement vers le nord-est, la Côte-Nord puis progressivement vers le Bas-Saint-Laurent, par la migration des papillons.

 

Une animation d’une image radar datant du 15 au 16 juillet 2013, où on voit une migration de masse de la tordeuse des bourgeons de l’épinette. Il s’agit de la fois où Rimouski a été envahie par les papillons.

«Ils sont tellement nombreux que les radars météo les observent comme étant de la pluie ou de la neige en temps réel la nuit. Par contre, on ne sait pas ce qu’il y a dans ces nuages, des mâles ou des femelles, c’est pourquoi nous voulons les échantillonner», précise M. Boulanger. Recueillir ces renseignements permettra aux chercheurs de savoir quel type d’insecte se déplace et dans quelles conditions afin de tenter de prévoir où aura lieu la prochaine migration. Ils veulent également étudier l’évolution de l’infestation et l’impact du changement climatique sur sa dynamique. Ce sont toutefois les chenilles issues des œufs déposés par les papillons qui causent le plus de dégât aux arbres et qui engendrent leur défoliation.

«Portés par des vents de 40 à 50 km/h, en une nuit, les papillons de tordeuse de bourgeons de l’épinette peuvent facilement parcourir une distance de 250 kilomètres, de la Côte-Nord vers le Nouveau-Brunswick, par exemple», souligne le chercheur. Ce dernier rappelle que la tordeuse reste l’ennemi numéro un en terme de pertes forestières dans l’est du pays.

Selon le ministère de la Faune et des Parcs du Québec, en 2017, 1,2 millions d’hectares étaient affectés par la tordeuse de bourgeons de l’épinette, le tiers étant en défoliation grave, dans la province, 7 millions d’hectares sont touchés. Au Bas-Saint-Laurent, si la défoliation sévère se poursuit, on peut s’attendre à des pertes importantes. L’industrie forestière représente plusieurs centaines d’emplois dans la région.

Le couvert forestier occupe environ 87% de la superficie totale de Témiscouata. La forêt est de 49% sous gestion privée et 51% du domaine public. Les épidémies de tordeuse surviennent à tous les 30 à 40 ans au Québec. La région du Pohénégamook avait été d’ailleurs grandement touchée par une épidémie de tordeuses des bourgeons de l’épinette dans les années 1980. Les chercheurs de Ressources naturelles Canada ont ciblé divers sites d’échantillonnages dans La Mitis et la Matapédia pour étudier davantage la dispersion de ces insectes.

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