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28 juin 2018 - 14:00 | Mis à jour : 14:07

Les paramédics du Témiscouata crient « urgence »

Mario Pelletier

Par Mario Pelletier, Journaliste

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«Nous lançons un cri d’alarme, il y a urgence d’agir afin de convertir les horaires de faction au Témiscouata. Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a décidé que la vie de la population du Témiscouata n’était pas aussi importante que celle des régions qui ont bénéficié récemment de transformations des horaires de faction en horaires à l’heure», a mentionné Éric Bouchard, directeur-général de la Coopérative des Paramédics du Témiscouata.

Le 28 juin dans leurs locaux situés dans le quartier Notre-Dame-du-Lac à Témiscouata-sur-le-Lac, les porte-paroles de la Coopérative ont demandé au ministre Gaétan Barrette de corriger cette situation d’iniquité pour les paramédics et la population du Témiscouata.

Le 1er avril 2018, le ministre Barrette a annoncé que des employés du préhospitalier de six régions du Québec pouvaient maintenant bénéficier de l’horaire à l’heure, à la suite d’un rehaussement du financement de 17 M$. Chaque unité convertie représente un financement de 812 000 $. Au Bas-Saint-Laurent, cette mesure touche Sayabec, Amqui, Mont-Joli, Rivière-du-Loup et Saint-Fabien.

HORAIRES DE FACTION ET À L’HEURE

L’horaire de faction fait en sorte que les ambulanciers sont de garde sur un quart de travail de sept jours consécutifs, 24 heures sur 24. Les paramédics, devant résider dans un périmètre de 5 minutes de la caserne, doivent d’abord se rendre à l’ambulance avec leur véhicule personnel, puis démarrer le véhicule ambulancier pour répondre à l’appel d’urgence. Cette démarche occasionne un délai additionnel variant de 7 à 12 minutes entre l’heure d’appel initial et la mise en route de l’équipe.

Quant à l’horaire à l’heure, il s’agit de deux paramédics qui sont à la caserne, ou idéalement dans le véhicule ambulancier, prêts à partir dans la minute dès la réception d’un appel d’urgence.

VASTE TERRITOIRE

La Coopérative des Paramédics du Témiscouata offre ses services paramédicaux sur un territoire de 2200 kilomètres carrés pour une population d’environ 13 000 habitants répartie dans 11 municipalités. Elle répond à entre 1200 et 1400 appels d’urgence par année sur ce vaste territoire.

«Quand nous constatons que l’horaire de faction de Saint-Fabien, un point de service avec seulement 220 appels par année, vient d’être transformé en horaire à l’heure par le simple fait qu’il est près de Rimouski. Quand nous constatons que l’horaire de faction de Rivière-du-Loup a été aboli et remplacé par un horaire à l’heure avec une charge de travail moindre que les horaires de faction du Témiscouata pour un territoire d’à peine 620 kilomètres carrés, comparativement à 2200 pour le Témiscouata. Alors vous comprendrez avec moi que la population du Témiscouata a plus que droit au même service», a commenté Éric Bouchard.

DES DÉPARTS

De plus, cette situation entraine le départ de membres de la Coopérative, qui compte 23 paramédics actuellement, vers d’autres régions. «Nous devons vivre avec l’exode et la démission de plusieurs paramédics qui ont décidé de migrer à Rivière-du-Loup, Rimouski ou Mont-Joli, six au total», a précisé M. Bouchard. Celui-ci a précisé que les effectifs actuels sont suffisants pour mettre en place l’horaire à l’heure mais qu’une dizaine de paramédics supplémentaires seraient nécessaires notamment pour des postes à temps partiel. «Des paramédics reviendraient chez-nous avec l’horaire à l’heure», a lancé Mathieu Bossé, coordonnateur de la Coopérative.

MORTALITÉ

«Évidemment, on nous dit aussi qu’aucun cas ne prouve que l’horaire de faction augmente la mortalité et morbidité de nos patients, même si l’on sait que nous perdons environ 10 % de chances de survie à chaque minute qui passe lors d’une situation d’arrêt cardio-respiratoire (ACR). Le gouvernement du Nouveau-Brunswick semble l’avoir compris puisque depuis 2007, tous les véhicules ambulanciers de la province sont maintenant sur des horaires à l’heure», a souligné M, Bossé.

«En tant que chirurgienne générale, les délais de transports à l’hôpital sont très importants, particulièrement dans les situations de traumatologie que nous sommes appelés à traiter. En effet, il est prouvé que près de la moitié des mortalités en traumatologie survient dans la première heure suivant l’accident dans les cas de traumatismes majeurs. Il va de soi qu’une arrivée plus rapide sur les lieux en adoptant les changements d’horaires revendiqués sera bénéfique pour les patients traumatisés. Sans compter que les accidents peuvent survenir à une bonne distance des centres hospitaliers avec des temps de transport qui peuvent avoisiner les 45 minutes; il est d’autant plus important de réduire davantage tout délai pouvant être délétère pour les patients», a mentionné Dre Emilie Desrosiers, qui travaille à l’hôpital de Notre-Dame-du-Lac.

DES APPUIS

La Coopérative des Paramédics du Témiscouata a reçu de nombreux appuis, notamment de la part des Municipalités. Des représentants de l’organisme ont rencontré et reçu l’appui du ministre Jean D’Amour, également député de Rivière-du-Loup – Témiscouata, qui ne pouvait pas être présent à la conférence de presse. De son côté, Vincent Couture, candidat du Parti Québécois dans la circonscription à l’élection provinciale du 1er octobre prochain, était sur place pour appuyer les paramédics du Témiscouata dans leur démarche.

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4 réactionsCommentaire(s)
  • Ne lachons pas et faites-vous respecter.

    Sabin Gaudreault - 2018-06-29 12:27
  • Pourquoi investir pour des citoyens de seconde zone? C'est juste la mrc la plus pauvre du Québec. Gardons l'argent de leurs impôts pour leur montrer que le gouvernement peut subventionner des bibliothèques à 6 millions... et pour les commentateurs qui n'ont pas l'air d'avoir sorti souvent de leur petit carré d'asphalte louperivois...

    Témis - 2018-06-29 08:05
  • Euh... quel est le rapport?

    Isabelle - 2018-06-28 21:44
  • Je crois que tout le monde a droit à la vie mais que pour tout le monde, il est mieux de vivre à Rivière-du-Loup pour des raisons environnementales, économiques et sociales...j’ai une bonne connaissance de ce qui se passe sur la planète; malgré qu’il y a des individus de mauvaise foi à Rivière-du-Loup comme ailleurs sur la planète comme des préjugés et j’en passe.........

    Marc Saindon - 2018-06-28 20:00