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15 juin 2018 - 06:58

Portrait de l’évolution de la ruralité au Bas-Saint-Laurent

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

La firme Coop Carbone a dressé un portrait de l’évolution des milieux ruraux du Québec des 25 dernières années pour l’initiative Tous ruraux, dont le chef de la direction de Premier Tech, Bernard Bélanger, est le messager pour la région du Bas-Saint-Laurent.

On retient de cette analyse des pertes de 295 résidents par année, 26 % des ménages qui ne sont pas branchés à Internet, une croissance de 9 % pour les secteurs de l’industrie forestière, l’agriculture, la chasse et la pêche et une 3e position au Québec pour l’accès à un médecin de famille.

De 2001 à 2016, le Bas-Saint-Laurent a connu un solde migratoire négatif entre les régions, avec des pertes moyennes de 295 résidents par année, selon l’étude menée par la firme Coop Carbone. Depuis 1996, la région a par ailleurs accueilli 619 immigrants internationaux et perdu un total de 829 personnes au profit d’autres régions.

SERVICES PUBLICS

En 2012, en moyenne 74 % des ménages du Bas-Saint-Laurent étaient branchés à Internet comparativement à la moyenne nationale de 81,6 %. De plus, les régions rurales du Bas-Saint-Laurent avaient un accès à Internet (70,2 %) encore plus restreint. «L’accès à Internet est maintenant un service essentiel pour attirer des entreprises dans les municipalités, certaines régions se retrouvent même sans service de téléphonie cellulaire», Renaud Sanscartier de Coop Carbone.

ÉCONOMIE

On observe une croissance de 23,2 % pour l’extraction minière, l’exploitation en carrière et l’extraction de pétrole et de gaz et une décroissance de 13 % pour l’industrie des arts et spectacles pour la région du Bas-Saint-Laurent. Pour l’industrie forestière, l’agriculture, la chasse et la pêche, les principales activités économiques, on remarque une croissance de 9% au Bas-Saint-Laurent au cours des 10 dernières années.

MILIEU DE VIE

C’est du côté du milieu de vie que les résidents du Bas-Saint-Laurent tirent leur épingle du jeu. En 2017, 86,9 % de la population du Bas-Saint-Laurent était inscrite à un médecin de famille, comparativement à 69 % pour la population du Grand Montréal. D’ailleurs, Bas-Saint-Laurent est la troisième région du Québec ayant le meilleur accès à un médecin de famille, après Chaudière-Appalaches (88,5 %) et Saguenay-Lac-Saint-Jean (87,1 %).

«Les gens semblent quitter les villages pour se rapprocher des villes. On a vu une diminution de la population de 13% dans les villages, pour une augmentation d’environ 8% près des villes, ce qui amène le développement de banlieues, même près des villes comme Rivière-du-Loup et Rimouski», précise M. Sanscartier.

Au Québec, une pénurie importante de main-d'œuvre se dessine, selon l’étude de la Coop Carbone, puisque près de la moitié (49%) de la population en âge de travailler est considérée comme préretraitée. Les régions ressources (Gaspésie, Iles-de-la-Madeleine, Bas-Saint-Laurent, Saguenay-Lac-Saint-Jean, Mauricie, Abitibi-Témiscamingue, Côte-Nord et Nord-du-Québec) forment 59,4 % de la proportion de la population rurale provinciale.

Lors d’un rassemblement à Québec le 23 mai dernier, 200 personnes impliquées dans le mouvement Tous ruraux ont demandé au gouvernement du Québec de mettre en place des actions concrètes répondant aux priorités des régions pour assurer l’occupation et la vitalité des territoires ruraux. Le président de la Solidarité rurale du Québec, Marcel Groleau, a demandé au gouvernement d’appliquer la Loi pour assurer l’occupation et la vitalité des territoires et la stratégie qui en découle. L’adoption de cette loi date de 2012, mais ce dernier attend toujours les plans d’action des ministères.

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