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16 novembre 2017 - 06:06 | Mis à jour : 08:44

Dossier

Grande chaine de solidarité contre la violence sexuelle

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

Un vaste mouvement se met en place partout au Québec permettant de renforcer la lutte aux violences sexuelles. Avec la vague de dénonciations propulsée par #moiaussi, les victimes brisent le silence, et les intervenantes du Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel du KRTB, Manon St-Jean et Nathalie Pelletier, encouragent la population à créer une grande chaine de solidarité, symbolisée par des trombones.

«Nous souhaitons faire de la sensibilisation. Nous ne sommes pas des enquêteurs, quand une femme qui a vécu une agression en parle, il faut l’écouter et la croire, ne pas la remettre en question», souligne l’intervenante Nathalie Pelletier.

Le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel du KRTB (CALACS) offre de l’aide directe aux victimes et s’engage dans la lutte en faisant de la sensibilisation dans différents milieux, dont les écoles. «Souvent, les victimes ont peur que cela se sache. Dénoncer, c’est une chose, mais il faut aussi aller chercher de l’aide. Il n’y a pas de petites ou de grosses agressions. L’empreinte laissée dépend toujours de la personne qui l’a vécue», souligne Manon St-Jean. Les demandes et interventions sont traitées de manière confidentielle par les intervenantes.

Depuis la vague de dénonciations qui a touché Éric Salvail et Gilbert Rozon, entre autres, de nouvelles demandes d’aide se sont ajoutées au CALACS. Plusieurs requêtes de prévention ont aussi été acheminées à l’organisme. «On espère que cette fois-ci les mentalités vont changer. Nous n’avons pas à se dire que c’est banal de se faire pogner les fesses dans la rue, par exemple, c’est une agression aussi. On veut du réel changement. Certaines personnes avec qui nous avions des suivis nous ont rappelées après avoir vu ces histoires d’agressions dans les médias, certains souvenirs remontent, elles se questionnent. C’est un travail en continu pendant plusieurs années», souligne Mme St-Jean.

La chaine de solidarité symbolisée par des trombones vise aussi à encourager les témoins de gestes ou de paroles répréhensibles à jouer un rôle actif. «Les témoins ont aussi une responsabilité, ils ont le pouvoir d’intervenir, plutôt que de mettre la pression sur la personne qui doit dénoncer. Si les témoins ne parlent pas, l’agresseur a l’impression d’être intouchable, dans une dynamique d’abus de pouvoir. C’est l’inverse que l’on veut», précise Mme Pelletier.

Les deux intervenantes du CALACS souhaitent dénoncer et mettre fin à la culture du viol. «Les victimes vivent de forts sentiments de honte et de culpabilité, alors qu’il faut redonner à l’agresseur sa responsabilité pour les gestes qu’il a commis. La culture du viol, c’est de dire aux victimes qu’elles auraient dû s’habiller autrement, qu’elles auraient dû se vêtir autrement ou ne pas sortir le soir. C’est le contraire. L’agresseur est responsable de ses gestes», soutient Mme St-Jean.

Par cette chaine de solidarité, les personnes qui la portent s’engagent à :

  • Croire les victimes et adopter des attitudes aidantes quand elles reçoivent un dévoilement d’agression à caractère sexuel.
  • Exprimer leur désaccord lorsqu’elles entendent des propos banalisant la violence sexuelle.
  • Intervenir immédiatement lorsqu’elles sont témoin d’intimidation, de harcèlement ou tout type d’agression à caractère sexuel.
  • Appuyer les luttes menées dans la région contre la violence sexuelle et soutenir le CALACS.
  • Revendiquer l’éducation à la sexualité comme moyen essentiel de prévenir les agressions à caractère sexuel.

Il est possible de contacter le CALACS du KRTB au 418-816-1232 ou par courriel au [email protected] Les intervenantes se déplacent également partout sur leur territoire au besoin. 

» Aussi à lire : 

• L’agresseur et harceleur Francis Trahan déclaré délinquant à contrôler

• Éducation à la sexualité : nos écoles citées en exemple

 

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