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Dans l'objectif de François Drouin

30 janvier 2012 - 10:29

Mémé la terreur!

Quand j'ai acheté ma maison, j'ai aussi acheté la rue. Pas acheté a proprement parlé, mais j'ai tenu compte de l'environnement au moment de déposer l'offre d'achat. Secteur tranquille, vue panoramique sur le fleuve, des arbres dont je ne peux même pas faire le tour avec mes bras, une rue morne, c'est à dire cul-de-sac. Mais surtout, il semblait y avoir, comme le dirait ma grand-mère,  un voisinage « de bonnes gens ». Mais tous n'ont pas eu ma chance.

Parfois, une vieille voisine s'avère être une dame de fer qui terrorise son quartier. Enfant, nous avions Mme Kerwen. Longs cheveux noirs et yeux verts, et qui selon notre estimation devait avoir 112 ans. Dès que nous approchions à 5 mètres de la limite de son terrain, elle sortait en criant « pouish pouish, allez-vous-en, allez-vous-en ». Quand une sorcière te donne la chance de prendre les jambes à ton cou, pas d'hésitation, tu cours!

Elle faisait la loi sur la rue. Malheur à celui qui passait trop vite devant sa maison avec son vélo trois vitesses et siège banane. Il lui arrivait de déposer involontairement des branches de sapins sur l'asphalte… il fallait faire gaffe pour ne pas revenir les rotules en sang et les poignées du vélo toutes tordues. Tous les enfants du quartier la craignaient autant qu'ils la détestaient. Quelques adultes aussi.

Mme Kerwen adorait le jardinage. À n'en pas douter, elle possédait l'une des plus belles maisons fleuries de toute la région de l'Estrie. Mais pas la nôtre. Ma mère, malgré des efforts titanesques, n'a jamais réussi à avoir le pouce vert. Et puis mon père préférait les arbres. Mais, semble-t-il, il ne les taillait pas au goût de Mme Kerwen qui n'hésitait pas à en couper un à l'occasion. Je coupe vos arbres parce que vous les entretenez mal !

Un beau jour, Mme Kerwen est décédée. Même les sorcières finissent par s'éteindre. La maison a été vendue. C'est, aux dires de mon père, une jeune con qui l'a acheté. Il le sait bien, il le surveille du coin de l'oeil. Parait-il que le jeune andouille n'entretient pas bien son terrain... On lui coupe un bouleau papa?

Moi j'ai de la chance. Ma voisine immédiate est une sympathique vieille dame, qui, comme coquetterie d'automne, pousse ses feuilles mortes dans la rue pour ensuite appeler la ville. « Y a des feuilles partout dans la rue, faites quelque chose ! » Elle est gentille avec nos deux enfants qui n'hésitent pas à lui dire bonjour dès qu'ils l'aperçoivent dehors. J'ai de la chance. J'aurais pu avoir Mme Kerwen... ou pire !

Je vous présente mémé la terreur!

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=Hm6bn5Zmoq0&feature=youtu.be[/youtube]

« Ben tant mieux qu'ils envoient des lettres recommandées, comme ça, ça me fera quelque chose pour me torcher… le cul. » Ah ça, de la répartie, elle en a.

Petit bémol. Même si mémé est une voisine chiante, avec son caractère, qu'elle emmerde peut-être ses voisins depuis 20 ou même 30 ans, qu'elle est la terreur du quartier, la filmer pour la ridiculiser sur YouTube, c'est lamentable. Le petit homme avec le manteau vert qui tente de se faire menaçant et de l'intimider nous prouve qu'il est à la hauteur de son courage : un bien petit homme.

Allez mémé, ne vous laissez pas faire!

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