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4 février 2022 - 06:53

Tracer sa propre voie vers les Jeux olympiques

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

«La chance, c’est la préparation qui rencontre l’opportunité.» Cette citation, Bastien Garon avoue se la répéter souvent. Quelques mots simples qui représentent pourtant parfaitement ce qui a lui a permis d’atteindre les Jeux olympiques à 31 ans, non pas comme athlète, mais comme physiothérapeute, l’un des plus jeunes cliniciens canadiens à s’envoler pour la Chine cette année. 

Rejoint la semaine dernière, l’homme originaire de Dégelis était fébrile à l’approche de son départ vers les Jeux olympiques de Pékin où il a le mandat d’épauler les athlètes de ski acrobatique pendant la durée des compétitions. Ces prochaines semaines, il vivra de l’intérieur le plus gros rendez-vous sportif au monde, une opportunité dont il savourera chaque instant et qu’il accueille toujours avec autant d’humilité. 

«Vivre cela aussi jeune, c’est quelque chose d’inespéré», a-t-il partagé, au bout du fil.

Si les derniers mois, fort occupés, ne lui ont pas laissé beaucoup de temps pour réaliser que le grand événement approchait, les plus récentes semaines de préparation ont confirmé l’importance de la compétition qui se déroule actuellement à l'autre bout du monde. 

Ces dernières années, Bastien Garon a vécu des expériences de coupes du monde et des camps d’entrainement en Finlande. Il était aussi de l’équipe qui a accompagné la délégation canadienne aux Championnats du monde d’Almaty, au Kazakhstan, au printemps 2021. Il n’en est donc pas à son premier grand voyage, mais il concède que les Jeux olympiques, c’est une autre paire de manches.  

«Quand je suis rentré dans le sport, ç'a n’a pas été long avant que je comprenne que les coupes du monde, c'était de gros événements, mais les Jeux olympiques, c'est immense pour tout le monde. Les dernières semaines m'ont vraiment permis de comprendre à quel point c'est un événement d'envergure et à quel point ça nécessite de la préparation», a-t-il dit.

«Les athlètes professionnels au tennis attendent les quatre tournois du Grand Chelem avec impatience chaque année. Les Jeux olympiques, c’est seulement une fois au quatre ans, donc 16 fois moins fréquent. Pour les coachs, les athlètes et l’équipe canadienne en général, c’est vraiment énorme, un rendez-vous à ne pas manquer.»

FAIRE SA CHANCE

S’il aura la chance de vivre cette grande aventure une première fois, c’est peut-être qu’il a une bonne étoile, mais surtout qu’il a travaillé fort pour y arriver. Détenteur d’une maitrise de l’Université Laval, Bastien œuvre au quotidien au sein d’un réseau de cliniques reconnu dans la Capitale-Nationale. C’est en parallèle à sa pratique privée qu’il a développé des relations avec le sport amateur, d’abord avec l’équipe de ski acrobatique de bosses du Québec, puis avec la formation nationale de saut acrobatique. Il travaille avec ce groupe depuis environ 4 ans.

«J'ai fait aussi plusieurs de formations au début de ma pratique. J'en ai passé des fins de semaine dans mes livres à suivre des cours… Mais c’était des prérequis pour l’équipe nationale et j’avais le temps et l’énergie à y consacrer. C’est un peu pour ça que je crois que la chance, c'est la préparation qui rencontre une opportunité. Tout cela est arrivé dans un contexte favorable», a-t-il mentionné, reconnaissant que la pandémie ne l’ait pas privé de cette première présence au J.O. 

«Est-ce que je me sens vraiment chanceux de vivre ça aussi jeune? Oui! Est-ce qu'il y a eu aussi des milliers d'heures de travail derrière ça? Absolument…», a-t-il complété. 

DE MULTIPLES CHAPEAUX

Après plusieurs jours d’isolement, Bastien Garon a quitté le Québec pour la Chine le 1er février avec la délégation canadienne de saut acrobatique. Comme physiothérapeute, le professionnel sera aux petits soins pour les six athlètes masculins et féminins qui forment la sélection. Il sera là pour leur préparation, mais aussi une fois que les épreuves – souvent «très exigeantes sur la mécanique humaine» – seront terminées. 

Mais son rôle ne se limitera pas aux bandages et aux soins thérapeutiques. Il agira aussi comme massothérapeute, préparateur physique, psychologue (par sa proximité avec les skieurs et skieuses) et même caméraman, puisqu’il aura le mandat de filmer les sauts pour les séances vidéo. Un véritable couteau-suisse.

«Mon but, c’est de prendre soin des athlètes à tous les niveaux et de rendre leur vie la plus simple et la moins stressante possible. Je suis là pour offrir une oreille attentive et pour soutenir les entraineurs aussi», a résumé Bastien Garon.

À 31 ans, il admet que son âge facile les relations avec les athlètes. La pandémie a également permis aux équipes nationales de se rapprocher, puisqu’elles passent dorénavant tout leur temps ensemble, même après les compétitions. 

«Je crois qu’ils savent que je comprends, en partie, leur réalité. Nous avons vraiment un bon esprit d’équipe et une communication fluide. On ne s'empêche pas de se parler pour vrai et de se poser des questions. Quand on demande ‘’comment ça va?’’, on sait que la réponse sera honnête. Ça nous permet d’avancer et de travailler vers leur réussite.»

L’épreuve par équipe en ski acrobatique débutera le 10 février. Puis, ce sera au tour des épreuves individuelles, près d’une semaine plus tard. Entre temps, les athlètes s’entraineront et s’adapteront à leur nouvelle réalité. 

Pour les amateurs, Bastien Garon assure que le spectacle sera impressionnant. Il croit aussi que la délégation, menée par les Marion Thénault, Lewis Irving, Miha Fontaine et Émile Nadeau, a de réelles chances de médailles.  

 

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