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23 février 2019 - 07:32

Émile Alain : réaliser son rêve au sud de la frontière

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

Un joueur de hockey de la région de Rivière-du-Loup, Émile Alain, prouve cette année que la fin d’un parcours au sein de la Ligue de Hockey Préparatoire Scolaire n’est pas une fatalité, mais plutôt un tremplin à de multiples possibilités. Après un passage chez les Sphinx de l’École secondaire de Rivière-du-Loup, le jeune homme s’est taillé une place dans l’équipe Prep des Knights du Wyoming Seminary, aux États-Unis. 

L’athlète de 17 ans réalise ainsi, depuis cet automne, son rêve d’étudier et de jouer au hockey au pays de l’Oncle Sam. Un objectif qu’il avait verbalisé pour la première fois à l’âge de 12 ans seulement. 

«J’avais à l’époque un coéquipier dont le grand frère jouait aux États-Unis et je trouvais cela impressionnant. J’ai toujours été attiré par la façon dont ils conjuguent le sport et les études ici […] Les États-Unis offrent plusieurs opportunités pour continuer de jouer du hockey compétitif en plus d’obtenir une très bonne formation. Je trouvais que c’était la meilleure façon de faire les deux», raconte-t-il. 

Au début de son secondaire 5, Émile s’est donc engagé dans un long processus vers l’atteinte de cet objectif. Le jeune homme a participé à des démonstrations au cours desquelles il a fait état de ses aptitudes et ses habiletés sur la glace aux représentants de différentes Prep School. Il a aussi réussi avec la meilleure note possible les examens obligatoires pour étudier aux États-Unis (SSAT) et il a augmenté de façon significative sa moyenne scolaire. Après tout, les écoles ne recherchent pas uniquement un joueur de hockey, mais un élève-athlète. 

«J’ai passé la dernière année de mon secondaire à Trois-Rivières […] Je voulais prouver que j’étais autonome et que j’étais capable de me concentrer sur mes études même en étant loin de la maison. Avec le recul, je pense aujourd’hui que ç’a vraiment été une bonne idée et je suis fier de l’avoir fait.»

Avant de prendre sa décision finale, Émile aura visité dix écoles, huit aux États-Unis et deux en Ontario. Il a aussi été accompagné par un consultant hockey qui l’a aidé dans sa préparation aux entrevues du bureau d’admission et pour toutes les étapes jusqu’à son inscription finale.

WYOMING SEMINARY

Son choix s’est finalement porté sur le Wyoming Seminary, une école située à Kingston, à environ deux heures au nord de Philadelphie dans l’état de la Pennsylvanie. L’établissement scolaire, qui possède une très bonne réputation, lui a d’ailleurs attribué une bourse importante qui représente 75 % des frais de scolarité. 

«J’avais eu de très bonnes discussions avec l’entraineur et les professeurs que j’avais rencontrés et c’est vraiment ça qui m’a convaincu. Je savais aussi que c’était une bonne école et que l’équipe avait récemment remporté un championnat alors c’était que du positif.»

Mais tout n’était pas encore gagné pour Émile qui devait toujours se tailler une place sur l’équipe de hockey Prep. En octobre, lors du camp de sélection, pas moins de 14 défenseurs se sont présentés dans l’espoir de se qualifier pour cette formation, la meilleure de leur école. Des 23 joueurs sélectionnés, seulement six étaient des premières années. 

«Je ne m’attendais pas vraiment à ça, je pensais que c’était réglé, mais non. Ils avaient amené beaucoup de nouveaux joueurs, alors j’ai dû me battre pour ma place. J’ai donné tout ce que j’avais à chaque pratique et à chaque présence sur la glace.»

Les Knights ont quatre pratiques sur glace par semaine et une en hors glace. L’équipe partage leur aréna, le Toyota SportsPlex, avec le club-école des Pingouins de Pittsburgh. Ensemble, les joueurs ont connu une saison positive avec une fiche de 17 victoires et 12 défaites.

OUTILS 

Émile Alain, qui s’exprime en anglais aussi bien à l’oral qu’à l’écrit, ne cache pas que son parcours dans le programme bilingue des Sphinx de l’École secondaire de Rivière-du-Loup l’aura outillé tant au niveau sportif, qu’au niveau scolaire. La charge de travail qu’il gère est d’ailleurs importante, puisqu’il consacre personnellement au moins 3 heures par jour pour ses devoirs et ses études. Grâce à son travail assidu au niveau académique, il a su conserver une moyenne de 87 %.  

«C’est avec les Sphinx que j’ai forgé mon caractère et j’ai évolué beaucoup», se rappelle-t-il, reconnaissant. «Je pense à Alain Sirois et Andrew Randazzo qui nous organisaient des pratiques en anglais ou à Chad [Lacasse] qui m’a toujours poussé à donner mon 100 %.»

S’il ne cache pas que les trois premiers mois aux États-Unis ont demandé une bonne adaptation, il avoue aujourd’hui être à l’aise dans son nouveau milieu. Il a un cochambreur provenant de la République tchèque avec qui il s’entend très bien et il s’est fait un bon réseau d’amis provenant de divers états américains.

«C’est une expérience unique et enrichissante que je conseille à tous ceux qui souhaitent vivre quelque chose de différent. C’est une décision que je ne regretterai jamais», conclut celui dont le rêve ultime serait de poursuivre sa route, éventuellement, dans le circuit universitaire américain.  

Depuis le 22 février, Émile a terminé son deuxième trimestre et il est en congé dans la région pour deux semaines. Il en profitera pour aller voir les joueurs des Sphinx, sautera sur la glace avec eux lors de leur pratique et partagera son expérience.

 

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