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24 mai 2019 - 08:00

L’intimidation, c’est la faute à qui?

Lorsque j’allais à l’école primaire j’étais victime d’intimidation. En d’autres mots, je me faisais donner ça! Je me rappelle la peur qui me nouait le ventre le matin avant d’aller prendre l’autobus. Tandis que j’aurais dû être inquiet à propos de la qualité de mes devoirs, je ne pensais qu’aux quatre ou cinq personnes qui faisaient quotidiennement de ma vie un enfer. Je me rappelle encore les difficultés que j’avais à me concentrer pendant un examen de français alors qu’on me lançait des bouts d’efface et des boules de papier derrière la tête.

L’intimidation à l’école primaire n’est pas un phénomène nouveau. Nous en avons tous été témoins ou victime. En dépit de changements de mentalité importants dans notre société, l’intimidation demeure un problème.

Qu’est-ce que l’intimidation? La Loi sur l’instruction publique (article 13, paragraphe 1.1) affirme que «Tout comportement, parole, acte ou geste délibéré ou non à caractère répétitif, exprimé directement ou indirectement, y compris dans le cyberespace, dans un contexte caractérisé par l’inégalité des rapports de force entre les personnes concernées, ayant pour effet d’engendrer des sentiments de détresse et de léser, blesser, opprimer ou ostraciser.»

Une amie m’a récemment fait part de la situation de sa fille de douze ans, laquelle va dans une école de village et subit un enfer quotidien de la part de ses pairs.

Lorsqu’elle m’a parlé de sa situation et de son désir de soustraire sa fille à un tel traitement, je n’ai su que faire et lui ai recommandé d’aller voir l’institutrice et de lui faire part de son désarroi. Elle a suivi mon conseil et à ma grande joie, l’enseignante a parlé à toute la classe en expliquant que l’intimidation est inacceptable. Mon désarroi fut sans borne lorsque une semaine plus tard, j’appris que la jeune fille est revenue en pleurant à l’école une fois de plus. Maintenant, les élèves de sa classe ne l’intimident plus devant l’enseignante. Plutôt, ils profitent de chaque moment de discrétion pour lui faire subir un enfer que l’enseignante ne voit pas. Qui est responsable pour cette situation? Est-ce l’enseignante qui fait de son mieux avec ce qu’elle a? Les enfants qui ostracisent les plus faibles? Leurs parents? La victime? Les parents de la victime?

Il y a plusieurs écoles de pensée par rapport à l’intimidation. Certains proposent à l’enfant de se défendre avec ses poings ou encore avec les paroles. D’autres proposent, comme je l’ai fait, de laisser cela entre les mains des enseignants. La seule solution que je vois maintenant est d’écrire pour susciter un autre débat sur la place publique.

Je ne comprends pas qu’en 2019, en dépit d’une conscientisation générale sur les méfaits de l’intimidation, il soit encore difficile pour un enfant de se concentrer sur l’apprentissage plutôt que de subir des agressions verbales et physiques répétées. L’école doit être un lieu sécuritaire favorisant le développement personnel. Ce doit aussi être le lieu où on apprend le respect d’autrui et la tolérance. Ne faites pas partie du problème, faites partie de la solution.

 

Jérémie Fraser

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