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25 mai 2019 - 08:00

Les rudiments de natation, une question de survie

NDLR : lettre adressée à la Commission scolaire de Kamouraska - Rivière-du-Loup ainsi qu’au ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge.

Je vous écris concernant la nécessité d’enseigner la natation à jeune âge des Québécois(es). J’ai appris à nager à l’âge de 30 ans. J’ai toujours su me baigner, mais ce n’est que depuis peu que je sais nager. L’arrivée du printemps annonce le début de la saison estivale malheureusement synonyme de noyades dans les piscines et autres plans d’eau du territoire québécois.

Ancienne élève d’écoles de la Commission scolaire de Kamouraska – Rivière-du-Loup, l’occasion ne s’est jamais montrée d’apprendre à nager à un jeune âge, malgré la présence et la proximité de piscines. Malheureusement, l’apprentissage des rudiments de la natation s’effectue de façon bien hétérogène au Québec. Apprendre à nager (ou pas) est une question de code postal!

Durant mon parcours scolaire, j’ai évidemment eu des cours d’éducation physique. Les sports pratiqués incluaient le volleyball, basketball, badminton etc. Par contre, jamais nous ne sommes allés dans l’eau pour apprendre les rudiments de la natation malgré la proximité de certaines piscines. Habitant dans un milieu reculé, il n’a jamais été possible pour mes parents de m’amener à des cours de natation. Je me suis donc retrouvée, à l’âge adulte, ne sachant toujours pas nager.

Je suis consciente qu’amener les élèves des différentes écoles à une piscine requiert plus de logistique d’horaire, de transport et d’accords signés entre des institutions différentes. Par contre, savoir nager peut être dans certains cas une question de survie. Personne n’est à l’abri de tomber dans un plan d’eau. Des rudiments de natation seraient plus utiles que de connaitre les règlements d’une partie de basketball.

Ce type d’arrangement entre deux établissements se fait déjà dans d’autres municipalités. Par exemple, les élèves de l’école secondaire du Mistral à Mont-Joli ont des cours de natation obligatoires à la piscine Gervais Rioux, appartenant à la Ville de Mont-Joli.

Il existe le programme Nager pour survivre, de la Société de sauvetage créé dans le but de prévenir la noyade. Ce programme est chapeauté par l’ancienne plongeuse olympique Sylvie Bernier, et autrice du livre Le jour où je n’ai pas pu plonger (2019) qui relate la malheureuse et touchante histoire de noyage d’un garçon de cinq ans dans une rivière.

Je partage ici mon souhait que tous les élèves de la Commission scolaire Kamouraska – Rivière-du-Loup, présents et futurs, ainsi que tous les Québécois(es) aient accès à des cours de natation durant au moins une étape de leur parcours scolaire, que la natation soit intégrée dans le curriculum scolaire. Cette opportunité pourrait réduire le risque de noyade de ces élèves et de leur entourage en plus de leur permettre de profiter de ce sport merveilleux qu’est la natation.

 

Marie-Phare Boucher

Saint-Donat-de-Rimouski, anciennement de L’Isle-Verte et ex-candidate de Québec solidaire dans Matane-Matapédia

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