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31 décembre 2021 - 06:59

Retour sur une année occupée pour la santé publique du Bas-Saint-Laurent

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

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L’année 2021 se termine comme elle avait commencé, avec une hausse marquée des cas de COVID-19, et l’arrivée d’un nouveau variant. Après Delta, Omicron s’est invité dans les chaumières pour les Fêtes. Le directeur de la santé publique du Bas-Saint-Laurent, Dr Sylvain Leduc, revient sur les moments marquants de l’année 2021 et l’effort collectif nécessaire pour passer à travers cette crise, qui n’est pas encore terminée.

En mars 2021, le CISSS du Bas-Saint-Laurent donnait le coup d’envoi de la vaccination massive dans la population, au centre municipal de Saint-Philippe-de-Néri. Elle avait commencé quelques semaines auparavant dans les CHSLD et les résidences privées ou intermédiaires pour ainés. «C’est un effort colossal que les gens ont fait parce que ça s’ajoute à tout notre réseau de la santé. Avant 2019, ça n’existait pas, les centres de dépistage et on faisait de la vaccination pour la grippe en petits volumes. Ce n’était pas de la vaccination de masse avec plusieurs doses. On a pu monter cela avec le peu de personnel que l’on a. Heureusement, il y a eu des retraités et des gens hors réseau qui sont venus porter main-forte. Tout ça était nécessaire», raconte Dr Sylvain Leduc. Les acteurs du réseau de la santé ont selon lui tenu cet effort à bout de bras.

On se rappelle entre autres de l’instauration de zones de couleur pour gérer la prolifération du virus et les restrictions applicables, de l’arrivée du premier variant dans la région de Rivière-du-Loup en mars, du délestage dans les hôpitaux en avril. Ce résumé des faits présente plusieurs similitudes avec la situation actuelle.  

«Il ne faut jamais oublier que l'ennemi, c'est un virus. Ce n'est pas des personnes, le réseau de la santé, des dirigeants. L’ennemi, c'est un virus que l'on doit combattre en équipe. Quand on a une majorité des gens qui acceptent que c'est ça le combat, et qu'on doit lutter tout le monde ensemble, c'est ce qu'on retient», indique le directeur de la santé publique du Bas-Saint-Laurent, Sylvain Leduc. Il souligne d’ailleurs l’adhésion de la population à la campagne de vaccination de masse. Entre 87 et 89 % des personnes de 12 ans et plus étaient adéquatement vaccinées le 6 décembre pour les MRC de Kamouraska, Rivière-du-Loup, Témiscouata et Les Basques. «On a encore beaucoup de gens qui y croient et qui participent, je pense que c’est la leçon positive qu’on doit retenir […] La réponse de la population a été très bonne. J’aurais aimé que le Bas-Saint-Laurent soit la région la plus vaccinée au Québec, mais ça n’a pas été le cas. Ça ne paraît pas beaucoup, 1,5 % de plus de couverture vaccinale, mais ça représente 3000 à 4 000 personnes de plus vaccinées pour avoir les taux équivalents à ceux de la Gaspésie ou du Saguenay-Lac-Saint-Jean», ajoute Dr Leduc.

Le 10 mai 2021, le syndicat de l’usine duBreton à Rivière-du-Loup a fait une sortie publique pour exiger sa fermeture en raison de l’éclosion de COVID-19 entre ses murs. Le 13 mai, l’entreprise a annoncé sa fermeture temporaire pour une période de 10 jours. «Tout a été fait dans les règles de l’art. La capacité de l’usine avait été réduite aux deux tiers. Même si un syndicat sort, ça ne veut pas dire qu’on est inactifs […] Une entreprise comme celle-là a des répercussions immenses sur les travailleurs, les producteurs, les fournisseurs. On devait attacher tout ça avant de rendre notre décision. Tout a été fait en 48 heures.» Plus d’une centaine d’employés ont reçu un résultat de test positif à la COVID-19.

L’été a ensuite été marqué par une baisse du nombre de cas et par l’augmentation de la proportion de personnes vaccinées au Bas-Saint-Laurent. Le Vacc-I-Express a sillonné la région afin d’atteindre la population plus éloignée des villes. «Il y avait des festivals, des commerces qui ont repris. On a eu à réviser les plans sanitaires de toutes sortes de festivals, de fêtes, d’organismes qui ont été très sérieux dans leur organisation pour réduire les risques. Ce sont toutes des choses très positives parce qu’on a pu se donner un été presque normal», souligne Dr Sylvain Leduc.

La vaccination sans rendez-vous a débuté en aout et le passeport vaccinal est entré en vigueur en septembre dernier. «On a eu une grosse année et on a bien travaillé. Quand tous les pays du monde n’ont pas cette chance, le risque est de générer un nouveau variant. C’est ce qu’on vit avec l’Omicron […] On a une responsabilité comme pays occidentaux de supporter les autres pays. Ça dépasse largement nos responsabilités de santé publique régionale, mais il faut le voir sur le radar», conclut le directeur de la santé publique du Bas-Saint-Laurent.

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1 réactionsCommentaire(s)
  • Merci infiniment pour votre dévouement docteur Leduc!

    Suzanne Rouleau - 2021-12-31 07:50