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29 août 2019 - 16:48

Seize mois de prison pour avoir intimidé une procureure

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

Intimider une personne associée au système judiciaire canadien est un crime grave aux yeux de la loi, et l’ex-militaire Patrick Dumont de Saint-Antonin l’a appris en écopant d’une peine de 16 mois d’emprisonnement ce 29 aout. Fraichement sorti de prison, depuis une dizaine de jours seulement, il a décidé de prendre en chasse le véhicule d’une procureure de la Couronne sur une distance d’environ sept kilomètres pendant une trentaine de minutes le 13 mai dernier à travers la ville de Rivière-du-Loup.

L’accusé a finalement été arrêté à l’intersection des rues Ste-Anne et Lafontaine par les policiers de la Sûreté du Québec, non sans avoir laissé craindre Me Marie-Laurence Rondeau pour sa propre sécurité. Afin de ne pas perdre le véhicule de sa victime de vue, il a réalisé plusieurs manœuvres dangereuses, dont fait de la vitesse dans un stationnement, grillé un feu rouge et circulé en sens inverse.

Le 29 aout, il a plaidé coupable à des accusations d’intimidation d’une personne associée au système judiciaire et de conduite dangereuse. Le juge Jean-Louis Lemay lui a imposé une peine d’emprisonnement globale de 16 mois de détention. En raison du temps déjà réalisé par l’accusé, qui est derrière les barreaux depuis le 13 mai dernier, il lui reste 10 mois et 21 jours de prison à purger.

«L’accusé déclare qu’il n’avait pas dormi depuis 36 heures cette journée-là et qu’il avait pris différents médicaments reliés à sa condition de santé mentale. Il a rencontré la victime par hasard, n’avait aucun plan, n’a pas réfléchi à ce qu’il faisait et a agi sur un coup de tête», explique le juge Jean-Louis Lemay. L’accusé est conscient que sa victime a eu très peur et confirme qu’il ne lui voulait pas de mal. Il est toutefois prêt à assumer les conséquences de ses gestes et souhaite quitter la région.

Me Marie-Laurence Rondeau avait agi en tant que procureure de la Couronne dans deux dossiers de l’accusé en 2018. Le rapport psychiatrique déposé au tribunal démontre qu’il lui en voulait beaucoup. La victime décrit une crainte permanente à la suite des gestes posés par Dumont et a vu son sentiment de sécurité hypothéqué. «Pendant 30 minutes, il l’a suivie sur 6,9 kilomètres. Elle ne connait pas les intentions de monsieur, mais elle se doute qu’elle n’est pas suivie pour se faire remettre des roses», a imagé le procureur de la Couronne, Me Gabriel Bervin, lors des plaidoiries. «Un procureur de la Couronne ne devrait jamais être inquiété de pressions ou de menaces de la part de qui que ce soit. L’administration de la justice à l’intérieur d’un État de droit comme le nôtre doit être protégée», a ajouté le juge Lemay lors du prononcé de la peine de l’accusé.

En plus de ses 16 mois de prison, Patrick Dumont devra se soumettre à une probation de trois ans, aux conditions usuelles de garder la paix et d’avoir une bonne conduite. Il lui sera aussi interdit de se trouver dans le district judiciaire de Kamouraska, de détenir des armes et d’entrer en contact avec sa victime ou ses proches.

Pour contextualiser ces gestes, l’avocat de Patrick Dumont, Me Pierre Gagnon, a expliqué que son client n’a pas eu de démêlés judiciaires avant l’âge de 45 ans. Il était auparavant engagé dans les Forces armées canadiennes, et doit maintenant vivre avec un trouble de stress post-traumatique.

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