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17 octobre 2020 - 06:56

Le livre numérique a fait fureur au printemps

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

La période de confinement liée à la pandémie de COVID-19, vécue ce printemps, a permis à certaines personnes de se remettre à la pratique d’activités culturelles, dont la lecture. Un contexte sanitaire unique qui pourrait peut-être même avoir créé de nouvelles habitudes auprès des amateurs de mots et d’histoires. 

Bulle d’évasion, échappatoire d’un quotidien chamboulé, la lecture s’est trouvé une place dans la nouvelle normalité du confinement, en mars et avril. Le temps qui y a été consacré aurait même augmenté considérablement dans certains foyers. 

«Quand on est fatigués, c’est plus facile d’ouvrir la télé ou d’aller surfer sur Internet. La lecture, c’est plus engageant. Étant à la maison, est-ce que les gens avaient plus de temps pour redécouvrir la lecture ? C’est ce que je m’imagine», partage Sylvie Michaud, bibliothécaire responsable à la Bibliothèque Françoise-Bédard. 

Évidemment, les bibliothèques ont été contraintes de fermer près de deux mois, puis de restreindre l’accès à leurs sections par la suite. On pourrait ainsi croire qu’elles n’ont pas bénéficié de ce nouvel élan vers les livres, mais ce serait avoir tout faux. Les mesures sanitaires n’ont pas freiné l’ardeur des lecteurs qui ont eu l’occasion, une première pour certains, d’utiliser les services de prêt numérique (pretnumerique.ca). 

À Rivière-du-Loup, la demande «a explosé», note d’ailleurs Mme Michaud, chiffres à l’appui. Habituellement, on notait environ 300 prêts numériques chaque mois à la Bibliothèque Françoise-Bédard. En mars, ce chiffre a triplé, alors qu’en avril, la bibliothèque a enregistré environ 1200 prêts numériques.

Même les plus réfractaires aux livres «sur écran» sont passés par-dessus leur a priori pour avoir accès au monde imaginaire.
«C’est certain que lorsqu’on pense qu’on peut effectuer jusqu’à 12 000 prêts papier par mois, ça paraît moins important. Mais il faut comprendre que la collection de livres numériques comprenait 4500 livres, alors c’est plus du quart celle-ci qui était empruntée au même moment. C’est gros», partage-t-elle. 

Cette collection a d’ailleurs été bonifiée depuis le printemps dernier. L’intérêt pour le prêt numérique a encouragé la bibliothèque à y ajouter plusieurs nouveautés, y compris des livres pour les jeunes qui sont, en temps normal, des visiteurs réguliers avec leur classe et leurs parents. «Il y a de belles collections en livres numériques, alors on en a profité et on a beaucoup acheté de ce côté-là. C’était nécessaire», raconte la bibliothécaire. 

L’intérêt pour le livre numérique était naturellement à son apogée, lorsqu’il était impossible pour les usagers de se déplacer en personne à sa bibliothèque locale. Jacques Côté, directeur du Réseau Biblio du Bas-Saint-Laurent, a aussi remarqué cette tendance auprès des bibliothèques publiques des plus petites municipalités du territoire. 

«On a vu tout de suite, dès le départ, une hausse remarquée des abonnés pour le livre numérique. Rapidement, notre réflexe a aussi été de bonifier l’accessibilité à ces livres. Il y a donc eu un boom des achats que l’on a faits auprès des libraires du Bas-Saint-Laurent. On a acheté pas mal plus qu’habituellement», souligne-t-il, précisant également avoir bénéficié d’une aide financière plus importante du gouvernement. 

M. Côté, qui s’implique auprès du Réseau Biblio depuis bon nombre d’années, soutient lui aussi que le service a été apprécié par la clientèle. Il estime que le nombre de prêts numérique a doublé et que les lecteurs continuent de consommer les livres ainsi. 

«La réponse est excellente. Comme dans d’autres domaines, cette pandémie aura peut-être créé de nouvelles habitudes chez les lecteurs», souligne-t-il. 

VISITEURS AU RENDEZ-VOUS 

Si les bibliothèques ne sont pas aussi animées qu’elles ne le seraient en temps normal, conséquence de la pandémie, elles retrouvent néanmoins leur clientèle depuis cet été. À Rivière-du-Loup, Sylvie Michaud remarque une baisse générale des visites, mais assure que les lecteurs réguliers sont au rendez-vous. 

«Nous ne sommes toujours pas ouverts comme avant, il y a une limite de personnes, le masque est nécessaire, les gens ne peuvent plus s’asseoir... Tout cela fait en sorte que les lecteurs ne peuvent pas bouquiner tant que ça. La fréquentation et le nombre de prêts sont donc moindres», confirme-t-elle. 

«Mais considérant tout ça, on réussit quand même à répondre aux besoins de lecture des gens et à avoir un nombre de prêts appréciable. On est peut-être au niveau où on était il y a dix ans. À cette époque, nous étions à environ 87 000 prêts par année, comparativement à 138 000 prêts l’an dernier.»

Sylvie Michaud précise aussi avoir remarqué beaucoup d’enthousiasme lorsque la bibliothèque a rouvert en juin, puis en aout. De nouveaux membres ont aussi été accueillis. Même constat, d’ailleurs, fait par Jacques Côté. 

«En juin, quand on a annoncé la possibilité du prêt pour emporter, le téléphone n’a pas dérougi. Même chose en aout quand les visiteurs ont pu rentrer. La première semaine, ç’a été intense. Les gens retrouvaient leur bibliothèque», raconte Mme Michaud. 

La situation n’étant pas encore revenue «à la normale», les bibliothèques offrent de nombreux services à sa clientèle afin de leur permettre de se divertir avec un livre. À titre d’exemple, Sylvie Michaud parle d’un service-conseil pour adultes et enfants qui permet de recevoir des recommandations selon ses gouts pour ses prochaines locations.

Une opportunité à ne pas manquer alors que commence la Semaine des bibliothèques publiques. 

 

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