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11 janvier 2022 - 21:20 | Mis à jour : 22:51

Démolition du 435, rue Lafontaine : des citoyens partagent leur opinion 

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

Des dizaines de citoyens de Rivière-du-Loup ont fait entendre leurs voix vis-à-vis la demande de démolition de l’édifice située au 435 rue Lafontaine – l’ancienne Villa Raphaële – dans le cadre d’une consultation publique tenue en mode virtuel dans la soirée du mardi 11 janvier. Plusieurs s’y sont opposés, alors que d’autres se sont réjouis que des promoteurs locaux souhaitent revitaliser ce coin du centre-ville. 

Cette démarche publique a été initiée après qu’une centaine de personnes aient fait connaître leur opposition à la démolition éventuelle de cet édifice au début décembre. La situation est unique, puisque c’est la première fois que la Ville de Rivière-du-Loup reçoit des oppositions pour une demande de démolition depuis l’adoption du règlement concernant la démolition d’immeubles en 1994. 

Mardi soir, les citoyens ont ainsi partagé leur opinion sur la démolition. L’objectif n’était pas de faire débat, mais plutôt de permettre aux membres du comité de démolition d’écouter les intervenants et d’alimenter le processus de prise de décision. 

Parmi les arguments évoqués contre le projet, les citoyens estiment que le bâtiment, construit au début des années 1900, possède une importance culturelle et historique pour Rivière-du-Loup. La résidence, qui a notamment appartenu au photographe Stanislas Belle, fait aussi partie du paysage patrimonial de la rue Lafontaine depuis près de 100 ans. Ils estiment qu’il faut prioriser sa restauration à sa démolition et que cette dernière option doit être considérée en tout dernier recours. 

Des inquiétudes ont également été soulevées à propos de l’avenir des arbres matures l’on trouve toujours sur le terrain.

Plusieurs autres citoyens – dont de nombreux gens d’affaires –  ont salué le travail des promoteurs, soulignant qu’ils participeront à revitaliser une partie du centre-ville trop longtemps laissée pour compte.  

PRÉSENTATION DU PROJET

La demande de démolition est celle des nouveaux propriétaires, Yvan Thibault et Yves Gagnon, qui ont fait l’acquisition de la propriété, ainsi que celle voisine (l’ancien restaurant Chez Antoine) cet automne. Les hommes d’affaires, bien connus à Rivière-du-Loup, souhaitent y développer un grand projet «complémentaire» incluant un pub irlandais et une auberge. 

L’objectif est essentiellement de déménager le Pub O’Farfadet dans un nouveau bâtiment construit sur le terrain du 435, rue Lafontaine. Les promoteurs aimeraient bâtir un restaurant avec du cachet, rappelant l’architecture du bâtiment précédant grâce à l’intégration de plusieurs éléments architecturaux d’époque. Une grande terrasse serait aussi aménagée.  

«Nous désirons la démolition du 435, puisque sa détérioration et les risques au niveau de la structure empêchent toute restauration ou déménagement. Nous voulons refaire un bâtiment qui s’adapte à l’usage que nous voulons en faire, c’est-à-dire un pub, tout en respectant l’environnement et en respectant les normes de construction et de sécurité actuelles», a expliqué Yvan Thibault, assurant qu’une partie des lieux sera dédiée à Stanislas Belle et qu'il est «nullement» question d'abattre des arbres. 

«Nous désirons reconstruire l’endroit en protégeant l’image que ce bâtiment avait avant [voir esquisse], tout en intégrant la construction à notre projet d’auberge. On veut apporter une forme d’architecture semblable à celle de la maison voisine», a-t-il ajouté, rappelant que le bâtiment du 435, rue Lafontaine, est inutilisé depuis une vingtaine d’années, bien que l’endroit, une fois revitalisé, «offre de belles possibilités économiques». 

Du côté du 433, rue Lafontaine, la propriété qui est en bon état serait conservée et transformée en auberge avec des unités d’hébergement. Selon les hommes d’affaires, les deux entités vont créer une vingtaine d’emplois. «On désire vraiment raviver ce coin de la rue Lafontaine», a conclu M. Thibault. 

Sur un plan technique, l’architecte Daniel Dumont, qui accompagnait le promoteur, a expliqué que le bâtiment actuel du 435, rue Lafontaine est victime d’une détérioration importante et avancée en raison de l’abandon des dernières années. L’immeuble présente plusieurs problématiques qui incitent la demande de démolition. 

«Si nous voulions le conserver, il faudrait lever le bâtiment, refaire les fondations, les connexions à la rue, tous les revêtements extérieurs et intérieurs, l’isolation, la plomberie, etc. Tout ce qui resterait, c’est le squelette d’un bâtiment qui devrait être redressé et solidifié, si possible. Remettre ce bâtiment aux normes sismiques et structurelles serait aussi pratiquement impossible», a-t-il dit. 

«Outre les fonctions historiques du bâtiment et ses proportions, on ne retrouve plus rien de patrimonial à l’intérieur, ni rien qui est digne d’être conservé», a-t-il ajouté, soulignant que les fenêtres, par exemple, ont été changées et que le revêtement de bois et les moulurations ne sont plus présentes. 

Le point de vue des citoyens consultés sera pris en compte dans la décision que doit rendre le comité de démolition de la Ville. L’état de l’immeuble, la détérioration de l’apparence architecturale, la détérioration du caractère esthétique, le caractère architectural historique et culturel, le cout de la restauration, l’utilisation projetée et d’autres critères guideront la réflexion. 

La décision sera partagée en séance publique du conseil municipal dans la soirée du 21 février 2022. Celle-ci pourra ensuite être portée en appel. Ultimement, le conseil municipal devra rendre une décision finale qui devra être transmise et entérinée par la MRC de Rivière-du-Loup et le ministère de la Culture et des Communications. 
 

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