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22 avril 2021 - 06:04 | Mis à jour : 10:11

Un budget fédéral «complètement ahurissant», selon Bernard Généreux

Dominique Côté

Par Dominique Côté, Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Bernard Généreux n’a pas manqué de transparence vis-à-vis le budget fédéral déposé lundi par le Parti libéral. «Dans les 864 pages du budget, il n’y a pas une page où on parle de retour à l’équilibre budgétaire. On a perdu la notion des chiffres avec ce budget-là. Ils dépensent de l’argent juste pour en dépenser, c’est ça qui est le danger», a fait remarquer le député de Montmagny—L’Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup.

Des 101 milliards injectés pour l’année 2021, 45 milliards seront dépensés en aide aux Canadiens jusqu’au mois de septembre, et Bernard Généreux assure que les conservateurs sont également en accord avec cette décision. «Mais ça ne s’appelle pas un plan de relance. Ça s’appelle seulement sauver les meubles, particulièrement dans les industries qui sont très affectées», a-t-il fait remarquer.

Plutôt que d’établir un plan clair pour les prochaines années, Justin Trudeau ne ferait que cibler les secteurs impactés par la pandémie, croit le député. «Les subventions salariales et les subventions des loyers sont à l’intérieur de ces 101 milliards-là, donc c’est une aide à la pandémie, pas un plan de relance.»

La pension de la Sécurité de la vieillesse, qui permettrait aux aînés de 75 ans ou plus de recevoir un chèque de 500$ en août prochain, ne serait qu’une stratégie électorale des libéraux selon M. Généreux. «Je peux garantir une chose : on va être en élection cet été et l’élection ne sera pas loin du 2 août parce que les gens vont recevoir leur chèque et vont avoir à voter quelques jours après», a-t-il déclaré. «Tu ne vas pas mordre la main qui te nourrit».

Contrairement à la «relance verte» proposée par les libéraux, le Parti conservateur a présenté la semaine dernière un plan environnemental bien différent de celui de Justin Trudeau. Le programme impliquerait un système de points qu’accumuleraient les Canadiens, et ces points leur permettraient par la suite de se procurer des produits écoresponsables. «C’est de l’argent qui va directement dans leurs poches et pas dans celles du gouvernement», a expliqué Bernard Généreux, en soulignant la taxe du carbone du Parti libéral.

UN DÉFICIT QUI FERA MAL

Persuadé que le dépôt budgétaire de lundi affectera ultimement les portefeuilles des Canadiens, le député conservateur craint pour l’avenir financier du pays. «C’est une hérésie de penser qu’il n’y aura pas d’impact futur au niveau générationnel et au niveau de l’avancement du Canada dans le temps. C’est complètement ahurissant ce qu’ils sont en train de faire.»

Le député conservateur se remémore le budget fédéral de 2008-2009, où un déficit de 60 milliards avait été annoncé par Stephen Harper à l’époque. «Les gens l’avaient traité de fou», s’est-il rappelé. Pour l’année 2020-2021, le déficit budgétaire s’élèvera plutôt à 154,7 milliards de dollars. «La réalité, c’est que monsieur Trudeau va ajouter 700 milliards sur la dette entre 2015 et 2025 quand ça va avoir pris 145 ans pour accumuler 600 milliards de déficit», a-t-il rétorqué.

«L’inflation que ça va générer un jour fera en sorte que les taux d’intérêts vont inévitablement remonter.» Il ajoute d’ailleurs que les taux d’endettement et d’intérêt que connaît présentement le Canada empêcheront le gouvernement de distribuer des dépenses ailleurs dans le pays, comme la santé ou l’économie.

Dans l’éventualité où une élection générale serait déclenchée, Bernard Généreux s’attend à devoir dédier plusieurs efforts avec son équipe pour absorber les conséquences du budget fédéral 2021.  

 

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