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Une nouvelle unité de réadaptation comportementale intensive à Saint-Cyprien

durée 23 février 2024 | 09h45
  • Marc-Antoine Paquin
    Par Marc-Antoine Paquin

    Journaliste

    Une unité de réadaptation comportementale intensive (URCI) a été inaugurée à Saint-Cyprien, ce jeudi 22 février. Il s’agit seulement de la troisième unité du genre au Québec, de la première au Bas-Saint-Laurent, mais surtout d’un projet «innovant» qui pourrait éventuellement faire des petits ailleurs en province. 

    Installée dans une aile du Centre d’hébergement de Saint-Cyprien, cette nouvelle unité vise à accueillir et prendre en charge des jeunes du Bas-Saint-Laurent âgés de 6 à 18 ans ayant une déficience intellectuelle, un trouble du spectre de l'autisme ou une déficience physique, en plus de présenter une problématique de comportement sévère. 

    Sur place, ils recevront des interventions personnalisées de façon intensive et de courte durée, soit sur une période estimée entre 3 et 6 mois. 

    Les interventions visent, d’une part, à diminuer les comportements qui entravent leur pleine participation sociale et à éviter l'épuisement des milieux familiaux. De l’autre, elles contribueront à faire en sorte que le jeune ou l'enfant puisse se développer convenablement et reprendre sa place dans ses différents milieux de vie.

    «C’est un projet extraordinaire pour nos jeunes au Bas-Saint-Laurent à qui nous pourrons offrir des services encore mieux adaptés à leurs conditions», s’est réjoui le Dr Jean-Christophe Carvalho, président-directeur général du Centre intégré de santé et de services sociaux du Bas-Saint-Laurent. 

    «L’approche préventive de réadaptation en URCI permettra aux jeunes d’éviter une cristallisation des comportements à l’âge adulte et favorisa leur retour dans leur milieu de vie naturel le plus rapidement possible», a-t-il complété, soutenant que l’objectif est de répondre aux mieux aux besoins de développement et de stimulation des jeunes, tout en assurant leur fréquentation scolaire. 

    INTERVENTION PERSONNALISÉE

    Dans les prochains jours, trois jeunes seront admis dans des locaux aménagés spécialement pour chacun d’entre eux. Ils retrouveront une chambre adaptée et personnalisée, mais aussi un espace d’activités. Les locaux comptent également une pièce de relaxation et de calme, ainsi que des aires communes. 

    Sur place, des équipes spécialisées TGC offriront un accompagnement humain et plus adapté aux besoins particuliers de cette clientèle. L’équipe multidisciplinaire de 18 personnes permettra une prise en charge «un à un», c’est-à-dire que chaque intervenant ne s'occupera que d'un enfant à la fois.

    «Chaque enfant va avoir une programmation personnalisée quotidienne. Les enfants n’auront pas tous la même routine. Ce sera adapté en fonction de leurs besoins et des défis qu’ils ont au quotidien. Chaque enfant va avoir des objectifs d’intervention propre à sa situation et va avoir besoin de développer des habiletés», a expliqué Karine Lagacé, coordonnatrice DI-TSA/hébergement au CISSS du Bas-Saint-Laurent. 

    Le développement de ce projet fait partie, selon le gouvernement, d’un changement de vision et d'approche d'intervention dans le traitement des troubles du comportement et des troubles graves du comportement (TGC). Les éducatrices et éducateurs présents dans les URCI sont d'ailleurs formés par le Service québécois d'expertise en troubles graves du comportement afin de mieux prévenir et régler ces troubles.

    «Je suis très fière. Nous sommes en région, nous avons des réalités régionales différentes et c’est important aussi d’avoir des services de proximité pour nos jeunes. […] C’est une clientèle qui nous tient à cœur. Les centres de répit sont importants pour les familles, mais il faut aussi permettre [aux jeunes qui en ont besoin] d’avoir une maison de transition, si on veut, qui va leur permettre de retourner dans leurs milieux naturels par la suite», a déclaré la députée Amélie Dionne. 

    DANS LES PREMIÈRES AU QUÉBEC

    Il faut savoir que le CISSS du Bas-Saint-Laurent a répondu à un appel de projets du ministère et qu’il a été retenu l’automne dernier afin de mettre en place l’URCI. Il a été choisi pour l’expertise de ses professionnels, mais aussi en raison des besoins du milieu. 

    Quant à Saint-Cyprien, la Municipalité a été ciblée parce que les locaux du Centre d’hébergement répondaient aux exigences demandées. Également, le milieu de vie et les services offerts formaient les conditions gagnantes pour que le projet puisse connaitre du succès. Une nouvelle qui a réjoui le maire Michel Lagacé. 

    Le gouvernement du Québec consentira d’ailleurs tout près de 2 M$ par année afin de maintenir l’offre de services sur place. À terme, une fois les aménagements complétés en juin, jusqu’à cinq jeunes pourront y être en même temps. 

    Il faut savoir que très peu d’unités de ce genre sont actuellement en opération au Québec. Deux autres URCI ont déjà ouvert leurs portes dans la région de la Capitale-Nationale et dans la Montérégie au cours des derniers mois, mais une seule d’entre elles, la deuxième, s’adresse à une clientèle jeunesse. 

    Au Bas-Saint-Laurent, comme ailleurs, le projet a été rendu possible grâce à la collaboration de plusieurs partenaires du milieu, dont le Centre de services scolaire du Fleuve et des Lacs et l’Auberge La Clé des Champs qui a déjà une expertise pour l'accueil et le répit avec les jeunes.
     

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