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Un avenir flou pour l’École d’immersion française de Trois-Pistoles

durée 27 août 2023 | 06h56
  • Lydia Barnabé-Roy
    Par Lydia Barnabé-Roy

    Journaliste de l'Initiative de journalisme local

    Après trois ans de pandémie, l’École d’immersion française de Trois-Pistoles est essoufflée. Les déficits engendrés par cette situation sont durs à rattraper d’autant plus avec le départ d’une soixantaine de familles d’accueil. Malgré les efforts mis en place par l’organisation, une fermeture éventuelle, mais temporaire, n’est pas écartée de la discussion.

    Avant la COVID-19 qui a mis sur pause la population mondiale, l’école accueillait entre 500 et 600 élèves pendant la saison estivale. Cette année, entre 230 et 240 ont foulé les bancs de l’école, soit une diminution d’un peu plus de la moitié de la clientèle habituelle.

    Les inscriptions ne manquent pas. «Le problème c’est l’hébergement, c’est d’accueillir les étudiants quand ils arrivent dans le milieu», confie la directrice de l’École d’immersion française de Trois-Pistoles, Kathy Asari. Ainsi, l’organisation ne peut pas accueillir le nombre d’étudiants nécessaires à la viabilité de l’école. Par été, 300 élèves doivent être sur les bancs de l’école pour assurer sa continuité.

    «Je pense que le problème c’est qu’on a perdu trop de familles en très peu de temps», partage la directrice. Avec le coronavirus, plusieurs hôtes ont vu leur situation changer en raison de leur âge, de leur santé ou d’un autre parcours de vie. Mais avec la paralysie des services durant ces années, l’école n’a pas eu le temps de suivre le rythme et de trouver de nouvelles personnes prêtes à héberger des étudiants.

    Une campagne a donc été lancée vers la fin mars afin de sensibiliser la population pistoloise aux difficultés de l’école et pour trouver des familles hôtesses. Ce mouvement vers les citoyens vient d’une volonté à rejoindre les familles nouvellement installées qui ne connaissent pas l’école. «Il y a beaucoup de familles que ça passe de génération en génération. […] Cette connexion avec les nouvelles familles, ça n’existe pas, donc on le travaille, on essaye d’aller les chercher, de leur parler de ce que l’école représente et ce qu’elle fait», explique Kathy Asari.

    Seulement une dizaine de foyers ont levé la main afin d’aider. Mme Asari ne croit pas que leurs efforts de recrutement ont échoué, seulement que le nombre à rattraper était trop élevé.

    Aussi, certaines familles parties du programme et qui étaient là depuis longtemps avaient de grandes maisons et pouvaient ainsi héberger plusieurs étudiants, souligne-t-elle. Aujourd’hui, les nouvelles familles d’accueil inscrites ont des maisons plus petites et ne peuvent accueillir autant d’étudiants puisqu’ils ont de jeunes enfants. Il faut donc plusieurs hôtes pour en remplacer un ancien, indique la directrice, ce qui crée un grand déséquilibre. «La pandémie a vraiment exacerbé a situation», se désole Kathy Asari. 

    RISQUE DE FERMETURE

    Si l’École d’immersion française de Trois-Pistoles ne trouve pas rapidement d’autres familles ou solutions d’hébergement, la saison estivale 2024 pourrait bien être compromise. Très peu d’options s’ouvrent à l’organisation, c’est très très difficile», ne cache pas la directrice.

    Elle travaille présentement avec les familles d’accueil pour mettre davantage de ressources en place pour en attirer de nouvelles. Elle poursuit aussi ses efforts dans la campagne de recrutement tout en cherchant d’autres possibilités de logement complémentaires. «C’est ardu, soutient Mme Asari, il n’y a pas vraiment d’espace résidentiel disponible à Trois-Pistoles, mais on regarde tout de même cette option-là pour voir s’il y a des bâtiments qui pourraient abriter un certain nombre d’élèves.»

    En octobre, l’organisation déposera un plan d’action à l’Université Western. Cette dernière décidera, par la suite, si l’école pourra continuer ses activités ou si une pause d’une année sera nécessaire afin d’effectuer une restructuration. «En ce moment ce n’est pas une fermeture définitive qui se discute», assure la directrice. 

    La décision devrait être connue au mois de janvier. Cependant, Mme Asari espère ne pas avoir à se rendre là. L’organisation travaille avec la Ville de Trois-Pistoles, la MRC des Basques et des députés, notamment, pour tenter de garder l’école, qui a fêté ses 90 ans l’an dernier, ouverte. «On est chanceux d’avoir l’appui de la communauté», relève-t-elle.

    «La communauté est très soudée autour de l’école d’immersion. Les gens ont très hâte de revoir à chaque année les étudiants. Ça crée de très belles histoires. Ça attire d’anciens étudiants à Trois-Pistoles à faire leur vie ici», détaille le maire de la Ville. 

    Advenant la fermeture de l’école, la population essuierait une grosse perte. «On perdrait aussi la plus vieille institution d’école de langue au Canada. On parle beaucoup du français, de l’importance de la langue au Québec et au Canada et là, la plus vieille qui a plus de 30 000 étudiants à son actif est menacée», se consterne-t-il. Toutefois, l’espoir demeure toujours. Il considère la situation préoccupante, mais pas catastrophique.
     

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