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Fin des activités de l’École de français du Cégep de Rivière-du-Loup 

durée 19 janvier 2023 | 06h56
  • Marc-Antoine Paquin
    Par Marc-Antoine Paquin

    Journaliste

    L’École de français du Cégep de Rivière-du-Loup, laquelle a franchi la marque symbolique des 45 ans d’histoire en 2019, cesse définitivement ses activités. Avec un taux d’inscription en «décroissance» et après trois années difficiles marquées par la pandémie, le programme ne sera pas de retour au printemps et à l’été 2023.  

    Le service de la formation continue du Cégep de Rivière-du-Loup a ainsi récemment pris la décision de retirer l’École de français de son offre de services. Son directeur, François Provost, explique que la réflexion a été basée sur plusieurs facteurs, dont le fait que le projet a pratiquement été «inactif» au cours des trois dernières années. 

    «Depuis trois ans, on a pratiquement eu aucune activité, si ce n’est qu’un groupe en ligne», a-t-il partagé, soulignant que «la pandémie a changé beaucoup de choses», notamment du côté de la main d’œuvre. 

    «Nous avons observé une perte d’expertise importante durant cette période. Animateurs, moniteurs, formateurs de langue…Nous sommes dans le même bateau que les entreprises qui ont perdu un bon bassin de professionnels pendant la pandémie», a-t-il illustré. 

    Il faut toutefois dire que l’École de français battait un peu de l’aile avant que la COVID-19 bouleverse le monde entier, rappelle aussi le directeur. Déjà, en 2019, le programme constatait «une baisse marquée» des inscriptions, notamment pour la session printemps, laquelle réunissait des adultes issus d’universités anglophones. 

    «La réflexion était déjà entamée, a-t-il dit. Probablement qu’on aurait eu à prendre la décision, à court terme, d’offrir seulement un programme estival. Mais ça représentait beaucoup d’organisation pour n’avoir qu’un groupe d’été.»

    François Provost note également que la clientèle des expériences d’immersion est de plus en plus jeune, en anglais comme en français. «Les programmes les plus populaires s’adressent aux 13-14-15 ans, soit aux adolescents un peu plus jeunes que notre clientèle cible. On n’a pas l’expertise nécessaire pour accueillir ces jeunes-là au Cégep. C’est une toute autre dynamique», a-t-il mentionné. 

    «Il faut aussi souligner qu’il a deux autres écoles de langue, celles de Trois-Pistoles et La Pocatière, qui font exactement la même chose que nous à proximité. C’est un marché qui était assez saturé et pour lequel il fallait se battre et même faire du développement de marché à l’international aux États-Unis et en Amérique du Sud pour compléter nos cohortes.»

    TOURNÉE VERS LES FORMATIONS EN ENTREPRISE

    Une autre raison qui a motivée la fin des activités de l’École de français, c’est la volonté du service de la formation continue de se pencher davantage sur son offre de formations en entreprise. Des formations en immersion anglaise, par exemple, seront proposées prochainement. 

    «Nous souhaitons répondre aux besoins de formation et ceux liés à la pénurie de main d’œuvre, a soutenu M. Provost. Avec l’École de français, comme projet parallèle, ça ne nous permettait pas d’atteindre ces objectifs-là.»

    Il explique que les ressources professionnelles occupées aux développement et à la mise en œuvre du projet de l’école de français vont maintenant travailler au niveau du «développement régional». 

    «L’École de français, ç’a été un beau projet mobilisateur, ç’a s’est bien déroulé. La communauté a toujours répondu présente, tant au niveau des affaires que des familles hôtesses, mais nous avons fait un ‘’choix d’affaire’’ pour le service, compte tenu de la palette de nouveaux programmes […] On veut vraiment s’attarder à combler des besoins régionaux», a-t-il résumé. 

    Actuellement, le service de formation continue travaille aussi beaucoup «en robotisation» et en «électronique industriel» pour nommer quelques domaines. «L’école des métiers du cinéma et de la vidéo va très bien également», a assuré François Provost. 
    C'est en 1974 que l’École de français de Rivière-du-Loup a débuté son programme. Depuis, des milliers d’étudiants sont venus en sol louperivois pour apprendre le français et vivre une expérience interculturelle enrichissante. 

    Au cours de toutes ces années, des centaines d’enseignants, animateurs et moniteurs ont aussi partagé leurs connaissances et leur passion avec ces étudiants venus de partout, sans oublier les nombreuses familles hôtesses qui ont ouvert leurs portes et leurs cœurs. Plusieurs collaborateurs de la communauté et des environs, des milieux communautaire, entrepreneurial et socioculturel, ont aussi été des partenaires essentiels pour l’institution qui tourne maintenant une page d’histoire.


     

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