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21 septembre 2022 - 06:59

Lorsque tombent les barrières de l’isolement

Lydia Barnabé-Roy

Par Lydia Barnabé-Roy, Journaliste de l'Initiative de journalisme local

En face de l’église de Trois-Pistoles, au 290, rue Jean-Rioux, se situe l’auberge de jeunesse et boutique Le Cheval Noir qui abrite maintenant le Rond-Point, un nouvel espace communautaire. Ce projet, en branle depuis des années, s’est finalement concrétisé et est ouvert à tous sans exception.

Pour Pierre-Luc Dubois, chargé de projet du Fonds de la solidarité des Basques et facilitateur communautaire, le but de Rond-Point est de rendre accessible un endroit inclusif, égalitaire et ludique pour les citoyens et les organismes où pourront se dérouler maintes activités allant de jeux de société à des ateliers d’arts à  des partages de savoirs. Il explique que, normalement, la plupart des organismes communautaires détiennent un champ d’expertise, ce qui n’est pas le cas du Rond-Point. D’après le facilitateur communautaire, Trois-Pistoles avait besoin d’un lieu où tout le monde peut se cotoyer sans avoir obligatoirement à parler de santé mentale.

«Ça peut aller moins bien à un moment et bien à un autre. C’est d’arrêter de toujours stigmatiser en parlant de santé mentale, c’est de traiter les gens comme des humains d’abord et 
avant tout», soutient M. Dubois. Il veut créer un endroit où les gens communiquent autrement qu’avec des diagnostics, un endroit où les gens se sentent chez eux et à l’aise d’aller vers les autres. «[Le Rond-Point] va amener les gens à se rencontrer autrement, à se découvrir aussi», confie le chargé de projet.

Il croit qu’en acceptant des personnes de tous âges, avec des conditions mentales et physiques diverses, des identités culturelles et sexuelles variées, une certaine mixité  en découlera et permettra de plus riches échanges lors des rencontres entre les citoyens. Par ce mélange entre les histoires de tout un chacun, Pierre-Luc Dubois croit que les personnes se rendant au Tiers-Lieu du Rond-Point réussiront à créer des liens entre eux, à évoluer en tant qu’être humain et permettra de retisser petit à petit le tissu social qui s’est démaillé avec le temps.

UN SYSTÈME AXÉ SUR LA GRATUITÉ

Ce lieu où la communauté pourra socialiser, travailler se trouve dans le centre-ville de Trois-Pistoles. La facilité d’accès du local qui se situe près de la maison de la famille, de l’école, du parc, de la mairie et de nombreux organismes fait en sorte que les gens sans voiture peuvent s’y rendre sans problème.

Aussi, des boissons chaudes ou froides seront offertes au Rond-Point sous un système de contribution volontaire. «La MRC des Basques se trouve à être dans les municipalités régionales de comté les plus pauvres au Québec. C’est la plus vieille aussi, ce qui fait qu’il y a beaucoup d’isolement. Pauvreté et isolement ensemble font en sorte, souvent, que le social a un prix», raconte le facilitateur communautaire. Cette situation peut faire hésiter une personne à faible revenu à sortir de chez elle. Ainsi, avec le Rond-Point, ces citoyens ont un moyen de socialiser sans débourser, des travailleurs autonomes ont l’opportunité d’exercer leur métier avec le wifi gratuit, sans avoir à payer un deuxième loyer.

Ce nouvel espace de vie communautaire a ouvert ses portes le 19 septembre dernier, mais un lancement officiel est prévu le 22 septembre prochain en formule 5 à 7. Pierre-Luc Dubois espère que cet endroit, qu’il voit comme un lieu de passage, offrira un refuge aux citoyens, et ce, durant plusieurs années à venir.

 

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