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8 avril 2022 - 06:55

Projet de développement économique sur la réserve de Kataskomiq 

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

Le prolongement de l’autoroute 85, à proximité de la réserve Kataskomiq, offre de belles opportunités que la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk souhaite saisir d’ici 2025. Une partie de la réserve pourrait même être utilisée afin d’y créer un pôle commercial, espère le grand chef Jacques Tremblay. 

La Première Nation consulte présentement ses membres afin de connaître leur avis sur cette question qui implique une nouvelle désignation des terres d’une toute petite partie du territoire de 1,6 kilomètres carrés (163 hectares) autrefois connu comme Whitworth. Un processus juridique qui offrira davantage de flexibilité pour accueillir des entreprises à des fins commerciales, de services et d’industries légères.

Jacques Tremblay explique que cette vision a pris forme après avoir obtenu une garantie d’aménagement de deux bretelles d’autoroute donnant accès au territoire de la réserve lors de négociations avec le gouvernement du Québec, dans le cadre du développement de l’autoroute 85. 

Ces bretelles seront situées de part et d’autre du chemin Taché Ouest qui mène à Saint-Hubert-de-Rivière-du-Loup d’ici la mise en service de l’autoroute et ouvrent la voie à une réelle utilisation de Kataskomiq, un «territoire de roches» inhabité situé à environ 30 kilomètres au sud-est de Rivière-du-Loup. 

«Des réflexions avaient été entamées dans le passé, même avant mon arrivée [à la tête de la Première Nation], mais le prolongement de l’autoroute a créé une fenêtre d’opportunités, un timing intéressant, pour nous», a partagé M. Tremblay.

«Les bretelles d’accès, la proximité avec le chemin Tâché et les municipalités, ça nous a permis de donner une valeur à un terrain qui ne valait rien», a-t-il ajouté.

Le grand chef estime que la location potentielle de terrains à des entrepreneurs dans ce secteur, sur une superficie d’environ 10,7 hectares, fait beaucoup de sens, puisque l’autoroute amène un achalandage importante et que peu de services sont actuellement disponibles. Les activités économiques permettront également à la Première Nation de compter sur une source de revenu supplémentaire – au-delà de la pêche et de l’éolien – afin d’investir dans la culture et l’éducation. 

«On pourrait y offrir de la restauration, des boutiques, une halte de repos ou une aire de jeux, par exemple. Mais tout cela doit encore être précisé. Ce sera réfléchi avec plusieurs personnes impliquées dans nos comités culturel et de développement économique.»

Chose certaine, les aménagements auront une «signature autochtone architecturale», si le projet va de l’avant. «Dans la façon de construire et les matériaux utilisés, on veut faire quelque chose de bien. On veut que nos membres soient fiers, c’est très important», a souligné Jacques Tremblay.

CONSULTATION 

Lorsqu’une Première Nation désire favoriser son développement économique en envisageant la location à bail de terres de réserve, un processus de désignation des terres doit être réalisé conformément à la Loi sur les Indiens. 

Ce processus offre aussi aux entrepreneurs qui désireraient s’implanter sur les terres désignées l’opportunité d’avoir accès à du financement sans l’obligation d’un cautionnement du Grand Conseil. 

«Il est important de préciser que les terres désignées demeurent des terres de réserve et que la désignation n’a aucun effet sur les droits ancestraux. Mais ça nous laisse une plus grande lassitude pour accueillir des entrepreneurs», a expliqué le grand chef, soulignant que le développement sera très encadré.  

Afin que tout soit effectué dans les règles de l’art, un référendum doit être organisé auprès des membres. C’est ce qui est fait actuellement, alors que les électeurs sont invités à donner leur avis par la poste, ou en personne à Cacouna, d’ici le 23 avril. 

Une rencontre d’informations en ligne est aussi organisée ce samedi 9 avril. Les membres auront l’occasion de poser leurs questions à différents experts afin de bien saisir les tenants et aboutissants du dossier.  


 

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