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23 mars 2022 - 15:34 | Mis à jour : 15:41

Une famille de Rivière-Bleue se mobilise pour accueillir des réfugiés ukrainiens

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

Une famille de Rivière-Bleue a entrepris des démarches il y a quelques jours afin d'accueillir des réfugiés ukrainiens dans un logement de sa maison. Touchée par la guerre en Ukraine, Cathy Keighan a décidé de passer à l’action en utilisant les réseaux sociaux. Elle a été jumelée à Oksana et sa fille Margaret qui ont fui l’Ukraine et se trouvent présentement à Berlin en Allemagne.

Le père n’a pas pu passer la frontière et il est resté en Ukraine. «Nous avons acheté notre maison à Rivière-Bleue en novembre 2021. Nous avons un logement et nous voulions aider une famille ukrainienne à venir ici. Le logement n’avait rien à l’intérieur et nous avons demandé l’aide de la communauté pour les accueillir. On ne pensait pas qu’ils allaient arriver aussi rapidement», explique Cathy Keighan. Oksana cherchait à se diriger vers le Manitoba, qui compte une importance diaspora ukrainienne. Après discussion, elle a accepté de se rendre à Rivière-Bleue au Témiscouata.

«Nous sommes ouverts à les loger gratuitement. Leur arrivée est prévue d’ici deux à trois semaines, si tout se passe bien», ajoute-t-elle. Les réfugiées ont obtenu leur rendez-vous au début du mois d’avril pour fournir leurs données biométriques dans le but de recevoir leur visa.

Le maillage a été réalisé par l’intermédiaire du groupe d’entraide sur Facebook, qui s’intitule CANADA - Host your Ukrainian refugees / Héberge tes réfugiés ukrainiens compte environ 24 000 membres jusqu’à maintenant. Il a été lancé par l’avocat de Québec Alexandre Dufresne. Depuis, plusieurs personnes ajoutent des informations et des mises à jour concernant l’aide aux Ukrainiens à partir du Canada. Il s’agit d’initiatives personnelles puisqu’il n’y a pas de processus centralisé pour le jumelage des hôtes. Les participants doivent donc prendre leurs précautions et gérer eux-mêmes leurs risques. Des conseils de sécurité sont aussi disponibles sur ce groupe.

Les réfugiées soutenues par la famille de Rivière-Bleue ont fui les bombardements en Ukraine le 24 février. Cathy Keighan déplore que l’aide du gouvernement du Canada pour les personnes souhaitant accueillir des réfugiés tarde à venir et le manque d’informations à ce sujet. Jusqu’à maintenant, la communauté de Rivière-Bleue s’est mobilisée et le logement sera meublé à temps. Cathy Keighan se dit toujours ouverte à recevoir des cartes-cadeaux d’épicerie et des dons non périssables. Elle assurera un suivi de la situation par l’intermédiaire des réseaux sociaux.

SOUTIEN AU TÉMISCOUATA

L’agente de développement en immigration à la MRC de Témiscouata, Sara Dumais-April, indique qu’habituellement, les personnes ayant un statut de réfugié se rendent dans des endroits où les services spécialisés sont plus développés, comme à Montréal, Drummondville ou encore Rimouski. Elle assure que des efforts seront déployés afin de soutenir les familles dans leurs démarches. «On ne laissera pas ces gens-là tout seuls. On va mettre des mesures en place pour les accueillir et leur offrir du support. Recevoir des réfugiés, c’est plus que de fournir un logement et de la nourriture, ces personnes-là vivent un gros choc. Elles doivent avoir accès à des services psychosociaux et à de l’aide pour la langue aussi. On veut s’assurer que tout le monde se comprend», explique Mme Dumais-April. Elle respecte d’ailleurs la démarche personnelle de la résidente de Rivière-Bleue et souhaite que le tout se déroule harmonieusement, tant pour les deux familles que la communauté, les citoyens et les employeurs.

La MRC de Témiscouata demandera un accompagnement au ministère de l’Immigration. «C’est une situation nouvelle en lien avec la guerre en Ukraine. Il est important de bien s’entourer et de mobiliser les ressources nécessaires qui sont sensibilisées et formées à cette réalité», complète Sara Dumais-April. La MRC de Témiscoauta avait d’ailleurs déjà été contactée par des employeurs qui étaient prêts à offrir du travail aux Ukrainiens afin de faciliter leur arrivée au Canada.

Le gouvernement du Canada a créé le 17 mars, l’Autorisation de voyage d’urgence Canada-Ukraine qui offre aux Ukrainiens un statut temporaire en réponse à l’invasion russe menée par le président Vladimir Poutine. Ils peuvent faire une demande de visa temporaire et pourront rester au Canada pour une période maximale de trois ans, plutôt que six mois. Selon le ministère de l’Immigration du Canada, «dans le cadre de ce programme spécial, les demandeurs sont dispensés de plusieurs des exigences normales associées à un visa de visiteur ou à un permis de travail. Les enfants de niveau scolaire primaire et secondaire peuvent commencer à aller à l’école dès leur arrivée au Canada, et toute personne qui souhaite étudier au niveau postsecondaire peut faire une demande de permis d’études une fois qu’elle se trouve en territoire canadien».

Les demandeurs de visas pourront aussi faire une demande de permis de travail ouvert. Les employeurs souhaitant soutenir les ressortissants ukrainiens peuvent aussi leur offrir un emploi en passant par le Guichet-Emplois mis en place par le gouvernement canadien.

 

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