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24 octobre 2021 - 12:12 | Mis à jour : 17:46

Les employés syndiqués de Prelco déclenchent la grève

Alyson Théberge

Par Alyson Théberge, Stagiaire - journaliste

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Les travailleurs syndiqués de l'entreprise Prelco de Rivière-du-Loup sont en grève. Réunis lors d’une assemblée générale dimanche matin, 57 % des 156 employés présents ont rejeté l’entente de principe conclue il y a quelques jours entre leur syndicat et la direction. La production est maintenant suspendue à Rivière-du-Loup et transférée dans les autres usines du groupe.

Selon le syndicat, les employés se retrouvent toujours majoritairement insatisfaits de l'offre qui leur a été présentée le 21 octobre, même si celle-ci a été recommandée par l'exécutif syndical. C'est le message qu'ils ont envoyé à la partie patronale aujourd'hui.  

«L’employeur nous a fait une proposition à 3 % [d'augmentation] par année, pour 4 ans, avec un forfaitaire de 1 % qui était conditionnel à ce que le syndicat recommande l’offre en assemblée. C’est ce qui a été fait, et l’offre a quand même été rejetée par les travailleurs», a expliqué Marco Allard, représentant pour le syndicat Unifor, affilié à la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ).

Pour la direction de Prelco, le rejet de l’entente de principe, survenu en matinée, a été une surprise. «Nous sommes évidemment déçus de la tournure des événements, d’autant plus que nous étions parvenus à une entente qui a été recommandée par le syndicat et qui était très près des demandes initiales des employés», a commenté le président et chef de la direction de Prelco, Dominic Lavoie, dans un communiqué envoyé aux médias.

Selon lui, la direction a présenté et déposé «les meilleures offres de [son] histoire». «Nous sommes conscients du contexte économique, du niveau d’inflation et c’est pourquoi on a décidé de présenter des offres historiques pour Prelco».

«On pense réellement qu’on avait une excellente offre […] Nous avons toujours été contents d’offrir de bonnes conditions de travail, dans les meilleures de la région et de notre secteur d’activités», a-t-il ajouté dans le cadre d'une entrevue téléphonique. 

Les 228 employés syndiqués restent néanmoins sur leur faim. Malgré le bout de chemin qu'a fait l'entreprise depuis la toute première négociation, ils attendent toujours une proposition qui saura enfin répondre à leurs attentes. «Notre première rencontre était quand même en juin, et là on est rendu en octobre […] Les travailleurs veulent avoir plus», a exprimé clairement Marco Allard. 

Rappelons que la convention collective est échue depuis le 28 février dernier. Il y a une semaine, le 16 octobre, les syndiqués avaient également refusé à 98 % la première offre globale et finale de l’employeur. 

Les discussions entre la partie syndicale et la partie patronale ont été enclenchées il y a un moment déjà, mais elles se sont intensifiées au courant de la semaine. Pour la suite, Prelco confirme avoir fait une demande officielle pour aller en médiation-conciliation.

«Maintenant, on souhaite qu’il y ait un conciliateur dans le dossier. Ce sont d’excellentes offres, et on ne voit pas pourquoi elles ont été refusées», a maintenu Dominic Lavoie, qui confirme tout de même son intention de mettre tous les efforts pour trouver une entente, dans le respect des parties. 

Les employés se disent également prêts à suivre cette demande de conciliation. Pour la suite des négociations, ils affirment que la porte reste ouverte. «Nos disponibilités demeurent et on attend un retour de la part de l’employeur pour rejoindre la table», a ajouté Marco Allard.

PLAN DE CONTINGENCE

La grève à Rivière-du-Loup force maintenant le Groupe Prelco, qui œuvre dans le domaine de la conception et la fabrication de solutions verrières, à réorganiser la production dans son réseau d’usine afin de minimiser l’impact chez ses clients. 

Prelco possède six places d’affaires situées à Belleville (Ontario), Edmundston (Nouveau-Brunswick), Princeville et Rivière-du-Loup (Québec), ainsi que Rouses Point, dans l’État de New York, aux États-Unis. 

«Nos cinq autres usines vont prendre la relève et on va s’assurer de pouvoir livrer nos clients malgré la grève de Rivière-du-Loup», a confirmé Dominic Lavoie. 

«Notre plan de contingence était prêt. Nous étions préparés au cas où il fallait procéder ainsi», a-t-il complété, soulignant que les employés du secteur administratif travailleront cette semaine à la coordination de cette opération. 

Pour les employés de l'usine de Rivière-du-Loup, ils se montrent déterminés à poursuivre la grève de jour comme de nuit, sept jours sur sept. «Tout le monde va être présent dehors», a conclu Marco Allard.

Collaboration : Marc-Antoine Paquin

 

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    Soucy jean - 2021-10-24 12:33