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19 janvier 2021 - 06:59

Producteurs forestiers : record en 2019, ralentissement en 2020

Mario Pelletier

Par Mario Pelletier, Journaliste

La pandémie COVID-19 a fait en sorte que le Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent (SPFBSL) a reporté la présentation de son bilan 2019, qui fut une année record. Un bref survol pour les médias a été effectué le 12 janvier dernier par Maurice Veilleux, président, et Charles Edmond Landry, directeur général. Pour 2020, on a noté un ralentissement des activités dont un portrait plus précis devrait être présenté officiellement en mai prochain, de même que les perspectives pour 2021.

La forêt privée représente 50 % de la superficie forestière de la région bas-laurentienne. Le syndicat regroupe 9 000 propriétaires. Sa 62e assemblée générale annuelle se tiendra le 21 janvier 2021, en visioconférence avec l’application Zoom. La recherche de nouveaux marchés, l’amélioration des prix et faire reconnaitre l’importance de la forêt privée ont été au cœur des interventions des dirigeants du Syndicat. Le SPFBSL a qualifié l'année 2019 d’exceptionnelle, entre toutes.

«Malgré le contexte incertain à la frontière américaine, les prix qui ont été en changement de façon constante et avec l’épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette avec laquelle les producteurs forestiers du Bas- Saint-Laurent, principalement dans le secteur est du territoire, nous enregistrons, en 2019, de très bons résultats, du jamais vu depuis près de 30 ans», a-t-on souligné.

Charles Edmond Landry a expliqué que l’année 2019 a permis de battre des records avec notamment plus de 1 283 000 mètres cubes solides mis en marché par la forêt privée du Bas-Saint-Laurent demeurant ainsi la région la plus productive au Québec. En valeur monétaire, la production s’élève à 76 583 000 $ par rapport à 70 270 000 $ en 2018 et à 63 758 345 $ en 2017.

TORDEUSE DES BOURGEONS DE L’ÉPINETTE

Jusqu’à maintenant, une grande proportion de la forêt privée du Bas-Saint-Laurent affectée par l’insecte ravageur a été arrosée, principalement à l’est du territoire. Les pulvérisations aériennes se sont poursuivies en 2020. «La forêt privée a obtenu des gains dans ce dossier. Après avoir travaillé à faire changer certains éléments de la politique d’arrosage de façon à ce que les superficies éligibles soient moindres que 10 hectares, nous avons été entendus. Les superficies de 4 hectares et plus ont été arrosées», a expliqué Maurice Veilleux, président.

«Cette avancée permettra d’éviter des retards dans les secteurs où la tondeuse des bourgeons de l’épinette n’a pas encore frappé. Car nous savons qu’un jour ou l’autre elle y parviendra», a souligné M. Landry. Le portrait de l’épidémie est complètement différent dans la moitié ouest de la région par rapport à la moitié est du territoire bas-laurentien. Pour les MRC de Kamouraska, Témiscouata, Rivière-du-Loup et des Basques, l’épidémie avait progressé rapidement en 2015 et avait augmenté plutôt légèrement en 2016 et en 2017. Depuis, les superficies défoliées ont diminué de moitié en 2018 et encore de moitié en 2019. Aussi, les défoliations constatées sont essentiellement légères. C’est donc dire que l’impact de l’épidémie dans ces secteurs est pour le moment généralement faible.

En 2019 et 2020, il n’y avait pas eu un taux de défoliation suffisant au KRTB pour nécessiter de l’arrosage. Toutefois, on n’écarte pas cette possibilité sur certaines parcelles en 2021. «La Société de protection des forêts contre les insectes et maladies (SOPFIM) a un réseau de pièges sur le territoire pour vérifier l’état de la situation. Seulement les boisés des producteurs qui ont un plan d’aménagement pourraient être arrosés. De plus, on protège les jeunes forêts, pas celles qui doivent être coupées», a précisé le président. On a souligné que le programme restera actif plusieurs années encore. De plus, on poursuit des démarches faisant pression pour obtenir du financement pour le réaménagement des territoires affectés.

TAXATION DES MUNICIPALITÉS

La pandémie a placé l’industrie forestière dans l’incertitude, influencé la mise en marché des bois et ralenti les récoltes. Le SPFBSL a très vite fait le constat qu’il ne connaitrait pas de record en 2020. Le Syndicat a cependant vu là une opportunité pour développer ses dossiers et devancer le développement de ses pratiques technologiques.

«L’avenue virtuelle est positive, mais nous empêche tout de même de faire évoluer certains dossiers», a noté le président. Maurice Veilleux faisait ainsi référence au changement survenu dans le dossier des taxes foncières. À la fin de 2019, la loi a été modifiée permettant aux Municipalités d’ajuster le taux de taxation pour les propriétaires sous aménagement, qui représentent environ 60 % de tous les propriétaires de boisés privés. «La loi prévoit une diminution de 1 % à 38 %. Il y a du travail à faire au niveau de la sensibilisation, il y a eu de la désinformation», a mentionné M. Veilleux qui n’espère pas une baisse de 38 % mais serait satisfait avec quelques points de pourcentage. Il a expliqué que les Municipalités, environ le tiers de l’ensemble, obtiennent un bon revenu des producteurs forestiers sous aménagement sans effectuer de grandes dépenses pour leur offrir des services. Le président a ajouté que la valeur des lots a explosé depuis 10 ans, particulièrement ceux avec une valeur «panache» pour les chasseurs. «Les producteurs forestiers paient pour les trottoirs (milieu urbain). Nous voulons des rencontres avec les conseils municipaux en 2021 pour un ajustement du compte de taxes de 2022», a-t-il conclu.

Par ailleurs, autre fait important à noter, l’état du réseau Internet amène des contraintes supplémentaires dans certains secteurs au Bas-Saint-Laurent ce qui donne des maux de tête à plusieurs producteurs. Cette situation complique et empêche certains producteurs d’assister à des rencontres importantes.

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