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2 janvier 2021 - 06:56

L’année 2020, un moment d’unité pour l’Héritage 1 

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

Les histoires de traversiers ont marqué l’actualité de l’année 2020. Plus souvent qu’autrement, celles-ci ont connu un dénouement négatif ou soulèvent toujours des questions et des inquiétudes. Mais ce n’est pas le cas de l’Héritage 1. Les derniers mois ont marqué la sauvegarde de la traverse qui naviguera désormais, espère-t-on, dans des eaux beaucoup plus calmes. 

Évidemment, le voyage du navire n’a pas été un long fleuve tranquille au cours des 12 à 18 derniers mois. Il a fait face à une grosse tempête et des vagues qui ont fait craindre pour sa sécurité et sa pérennité. Néanmoins, le périple a été accompli et couronné de succès. 

«La dernière année a été charnière pour l’héritage 1, mais c’est même plus que cela. C’est l’avenir de la traverse qui s’est jouée. Sans tout le travail effectué, sans l’appui de toute une communauté, et éventuellement l’aide financière du gouvernement, je ne vois vraiment pas comment la compagnie aurait pu se présenter en cale sèche», partage Jean-Marie Dugas, secrétaire-trésorier à la Compagnie de navigation des Basques.

Cette cale sèche d’envergure s’est terminée récemment aux installations du Goupe Océan à l’Isle-aux-Coudres et permet à la présente année de se conclure sur un point positif, voire symbolique.

Depuis juillet, des travaux de réfection majeurs ont été réalisés afin d’assurer la survie du navire, mais aussi le maintien d’un lien maritime essentiel entre Trois-Pistoles et Les Escoumins pour les prochaines années et même décennies. Un chantier possible grâce à une subvention de 4,9 M$ du ministère des Transports. 

Pourtant, il y a plus d’un an, le 14 novembre, Québec annonçait qu’il n’accorderait aucune aide financière pour rénover le traversier. On évoquait alors des craintes sur la fiabilité du navire à long terme, on estimait sa durée de vie à seulement quatre ans et on craignait de trouver de mauvaises surprises (de nouveaux bris), une fois les travaux entamés. 

Cette décision est restée au travers de la gorge des membres de la Compagnie de navigation des Basques, des élus des Basques et de nombreux citoyens du milieu. Rapidement, une contre-expertise a été demandée, et une mobilisation citoyenne sans précédent a été enclenchée, parallèlement à la poursuite des efforts du côté politique. 

Au cours des premiers mois de l’année, les démarches ont été soutenues à tous les niveaux – une manifestation a même eu lieu à l’Assemblée nationale –, puis la bonne nouvelle a été annoncée : Québec allait investir. Victoire. 

«Les étoiles se sont alignées. Le gouvernement a finalement reculé sur ce qu’il avait dit. C’est grâce à tout le monde, je pense aux organismes qui ont été derrière nous, aux élus et aux citoyens, des gens de tous les âges […] Un tel soutien de la population, on n’a pas vu ça souvent dans notre coin de pays», souligne aujourd’hui Jean-Marie Dugas. 

«Avec le recul, 2020 a été une année difficile, il y a eu plusieurs nuits blanches, mais elle nous a aussi permis d’être témoins d’un beau moment d’unité», ajoute-t-il. 

Après plusieurs mois en cale sèche, l’Héritage 1 a été remis à l’eau, au début décembre, La Compagnie de navigation des Basques évalue les couts supplémentaires à environ 400 000 $, une autre réussite. Le traversier devrait sortir de son lit hivernal, la marina de l’Isle-aux-Coudres, à la fin avril. De petits travaux seront ensuite exécutés pour préparer le début de la saison, le mois suivant. Le navire effectuera alors sa première d’une longue série de traversées entre les deux rives du Saint-Laurent. 



 

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