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16 juillet 2020 - 06:51

«Le télétravail amène une croissance du risque de noyade» -Raynald Hawkins

Lydia Barnabé-Roy

Par Lydia Barnabé-Roy, Journaliste

Depuis le début de l’année, 42 décès liés à l’eau ont déjà été recensés au Québec comparativement à 32 à pareille date en 2019. En juin seulement, 22 noyades ont été comptabilisées, soit le double de l’année dernière. Dans un sondage réalisé par Allstate Canada, qui s’allie à la Société de Sauvetage division Québec pour la Semaine nationale de prévention de la noyade, il est démontré que la moitié des Québécois surveilleront leurs enfants pendant leur télétravail, n’étant pas totalement attentifs à ce qui se passe dans l’eau.

Les données du sondage parlent d’elles-mêmes. Sur les 200 Québécois répondants, qui sont des propriétaires ou futurs propriétaires d’une piscine, seulement 50 % indiquent qu’ils ont l’intention de surveiller leurs enfants pendant leur travail à la maison et plus de 10 % confient qu’ils les laisseront sans surveillance. «La noyade est un phénomène silencieux qui se produit en moins de 60 secondes, les gens n’ont pas le temps de répondre à un courriel entre deux respirations d’un enfant», explique Raynald Hawkins de la Société de sauvetage division Québec. Neuf enfants sur dix se sont noyés à l’insu des parents qui étaient distraits. «Nous pensons que [le télétravail] peut être un facteur déterminant […] même si la majorité des noyades ont lieu dans des plans d’eau ouverts: lac, rivière et ruisseau. Il reste qu’il y a plus de gens près de l’eau pour se rafraichir, vu qu’il fait très beau et qu’on est dans la quatrième vague de chaleur», commente M. Hawkins.

Le nombre plus élevé de noyades à ce temps-ci de l’année est dû à la pandémie qui fait rage. Les Québécois, plutôt que de voyager ailleurs, restent ici : «Le nombre de gens près de l’eau est plus élevé, nécessairement les lois des mathématiques s’appliquent et les probabilités qu’ils y aient plus de noyades augmentent», confie l’intervenant.

Selon Raynald Hawkins, il est important de surveiller les enfants, peu importe leur âge : «On peut penser que les parents avec des enfants en jeune âge ne négligeraient pas la surveillance, mais qu’avec des enfants de 8-9-10 ans c’est moins grave. Cependant, il ne faut pas oublier que ce groupe d’âge s’amuse à retenir leur souffle, à jouer en dessous de l’eau. Les coroners ont démontré que cela amène des arrêts cardiaques. Il est aussi possible de croire que les préados et les adolescents sont moins à risque, mais ils jouent à plonger à partir de la paroi de la piscine hors terre ou dans la partie peu profonde dans la pente de la piscine creusée.»

Les recommandations faites par la Société de sauvetage pour les parents qui sont en télétravail, ou non, sont d’établir avec les enfants une période de baignade en leur expliquant que, sans eux, il est interdit de se baigner en dehors de ces moments-là. De plus, il est important de désigner clairement une personne responsable des enfants pendant un nombre d’heures précis.

L’organisme soutient aussi qu’il est nécessaire de porter un dispositif de flottaison. «Huit fois sur dix, la personne ne portait pas ou avait mal mis son dispositif de flottaison […] Le fait que les gens portent leur veste de protection à bord d’une embarcation vient sauver 20 personnes par année sur les 80 personnes qui se noient au Québec», informe Raynald Hawkins.

Les plaisanciers doivent également éviter de consommer de l’alcool lorsqu’ils se trouvent sur un plan d’eau. M. Hawkins explique que l’absorption de l’alcool dans le corps peut  être si rapide qu’une seule consommation peut équivaloir à la prise de trois verres. Avec le clapotis des vagues, le sens discernement et l’équilibre sont grandement atteints.

«Les gens se retrouvent donc à l’eau, et bien souvent qu’autrement, ils ne portent pas leur veste de sauvetage», se désole-t-il. Ainsi, bien que la chaleur, le soleil et le vent peuvent provoquer la déshydratation, il faut prévilégier les boissons non-alcoolisées.

Pendant la semaine nationale de prévention de la noyade, la Société de sauvetage travaillera de pair avec des sauveteurs à travers le Québec pour inviter les gens à être vigilants aux abords des plans d’eau. À cause du confinement, l’approche se fait plus virtuelle, c’est pourquoi la Société inondera ses réseaux de messages de prudence. «Je le dis et j’insiste, il faut prendre le temps de suivre nos conseils de sécurité, comme ça il sera possible de raconter des anecdotes au lieu de drames», implore Raynald Hawkins.

 

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