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2 juillet 2020 - 14:03

Air Canada : l’Est-du-Québec en otage selon des élus et gens d’affaires

Six des chefs de file socio-économiques de Rimouski-Neigette accueillent avec stupéfaction et colère l’annonce d’Air Canada qui met un terme à ses vols pour une période indéterminée dans tout l’Est-du-Québec, sauf entre les Îles-de-la- Madeleine et Montréal.

«Une nouvelle comme celle-là fait vraiment mal à Rimouski sur le plan international. Je ne vous cacherai pas que sans la possibilité d’assurer une liaison efficace entre les principaux aéroports du pays et Mont-Joli, un événement comme BioMarine en 2017 ne pourrait plus avoir lieu. Air Canada doit prendre ses responsabilités et garantir un lien de qualité pour les régions comme la nôtre», déclare le maire de Rimouski, Marc Parent.

«À un moment donné, on commence à avoir tiré sur l’élastique pas mal. Avec l’arrêt des escales à Mont-Joli, Air Canada vient encore une fois réduire l’offre de transport pour les gens de chez nous. Il n’y a pas longtemps, on rétrécissait les horaires de trains, on a une autoroute qui ne se rend même pas chez nous, c’est encore notre économie et notre capacité d’attractivité qui en paient le prix. Le gouvernement du Québec va devoir se réveiller et nous assurer des liaisons aériennes dignes de ce nom et il va aussi falloir qu’il corrige l’iniquité en matière de transport que nous subissons», poursuit le député de Rimouski, Harold LeBel.

«Air Canada tient l’Est-du-Québec en otage depuis des années en modulant ses tarifs dès qu’un concurrent se pointe!», rage le député de Rimouski-Neigette – Témiscouata – Les Basques aux Communes, Maxime Blanchette-Joncas. «Tout le monde dans la région connaît bien ce manège. Quand la concurrence plie les genoux après une guerre de prix, Air Canada les remonte aussitôt, laissant à sa merci les gens de l’Est-du-Québec. C’est assez! Nous ne pouvons tolérer davantage la politique de la terre brûlée que nous fait subir cette entreprise depuis trop longtemps! Ottawa doit mettre au pas cette compagnie, financée en partie par des fonds publics, soutenue pendant cette crise par la Subvention salariale d’urgence et bénéficiant de liquidités de 10 G$», ajoute-t-il.

«Je trouve déplorable que la direction d’Air Canada ait pris une décision comme celle-ci. Non seulement le fait que l’aéroport de Mont-Joli ne soit plus desservi par Air Canada nuit à Rimouski-Neigette, mais aussi à tout le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie. Quand on détient pratiquement un monopole, ça vient avec des responsabilités morales de ne pas isoler les régions desservies par son service. Aujourd’hui, cette entreprise vient de repousser du revers de la main ces responsabilités», ajoute le préfet de la MRC de Rimouski-Neigette, Francis St-Pierre.

«La Chambre de commerce et de l’industrie Rimouski-Neigette déplore ce choix d’Air Canada. Il menace une foule d’entreprises de la région et il témoigne de notre grande précarité concernant le transport. Nous ajoutons notre voix à celles qui réclament la révision de cette décision, afin de ne pas miner davantage l’économie bas-laurentienne en pleine période de crise», affirme pour sa part le vice-président de la CCIRN, Guillaume Sirois.

«Aujourd’hui, notre région vient de perdre énormément au chapitre de la productivité et de la mobilité de ses gens d’affaires. Avec la suspension de cette desserte, on vient faire perdre du temps précieux à ces gens qui devront maintenant prendre leur automobile et se rendre vers les grands centres en plusieurs heures, contre environ 1 h 30, tant pour l’aller que pour le retour en avion. D’un point de vue économique et de l’occupation du territoire, Air Canada a manqué de beaucoup de vision d’affaires. Pour ce qui est du développement économique, ça rend Rimouski moins concurrentiel comparativement à d’autres villes du pays», conclut le président-directeur général de la Société de promotion économique de Rimouski, Martin Beaulieu.
 

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