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20 juillet 2019 - 10:32

Jeannine Ouellet, conférencière en Pologne

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Du 2 au 5 juillet, au palais Raczyński, siège des Archives centrales historiques de la «vieille ville» de Varsovie, se tenait le XIe Colloque international de généalogie. La Louperivoise Jeannine Ouellet, première femme en Amérique à être nommée Académicienne internationale de généalogie, était invitée. 

Unique représentante féminine de l’Amérique du Nord participant à ce Colloque, la conférencière a fait connaître aux participants la vie de l’un des habitants de Rivière-Ouelle entre 1781 à 1813, Liveright Piuze, médecin et apothicaire. 

Traugott Leberecht Behzer, Saxon né à Varsovie en 1754, était connu en Pologne et en Allemagne sous le nom de Behzer, puis établi en Amérique du Nord sous le nom de Liveright Piuze. Après ses études, il s’embarque à Rotterdam en Hollande à destination de Philadelphie où il s’établit comme pharmacien. Au début de la guerre de l’Indépendance, il s’engage dans l’armée américaine comme assistant-chirurgien avant de tenter fortune dans la vallée du Mississipi.

Après bien des déboires et des infortunes au milieu desquels il faillit perdre la vie plusieurs fois, il est fait prisonnier par une tribu sauvage qui le remet au commandant anglais de Niagara. Transporté à Montréal, puis fait prisonnier de guerre au fort Chambly, il est ensuite transféré à Sorel et à Québec où il retrouve enfin sa liberté. Engagé sur des vaisseaux naviguant sur le Saint-Laurent, il décide de s’établir vers 1781 à Rivière-Ouelle, village sans médecin depuis vingt ans.

En 1789, alors qu’il est déjà marié à Marie-Anne Aubut, enceinte de leur troisième enfant, Liveright Piuze rédige en anglais son autobiographie. Son fils Rémi, notaire à Sainte-Anne-de-la-Pocatière et à Saint-Roch-des-Aulnaies, l’aîné des quatorze enfants du couple, traduira en français le précieux document conservé aux Archives nationales du Québec. Une histoire truffée d’aventures incroyables mais vérifiée par Georges Desjardins, S. J., qui mérite d’être connue. 
Liveright Piuze pratique la médecine à Rivière-Ouelle jusqu’à sa mort, le 22 avril 1813, à l’âge de 59 ans. Des quatorze enfants, trois décèdent en bas âge, leurs parrains sont judicieusement choisis parmi les marchands, seigneurs, et autres personnages de la haute société, dix se marient à de « bons partis », quatre d’entre eux ont des familles nombreuses. Un fils devient notaire, un autre médecin, un troisième, maître d’école, les trois autres sont cultivateurs. Marie-Anne Aubut s’éteint le 6 décembre 1853, à l’âge de 83 ans et 9 mois.

De nos jours, on compte moins de 300 Piuze dont la majorité vit au Canada. À Rivière-du-Loup, la rue Yvon-Piuze rappelle un des arrière-arrière-petit-fils de l’ancêtre. Les frères Azarie Piuze, capitaine, et Charles Auguste Piuze, colonel, commandant du 189e bataillon canadien-français d’Outre-Mer, sont les arrière-petits-fils de l’ancêtre Liveright Piuze. 

En présence de ministres, ambassadeurs, archivistes et autres invités de marque, l’ouverture officielle du Colloque fut célébrée dignement en rappelant le 450e anniversaire de l'Union de Lublin entre le Grand-Duché de Lituanie et le Royaume de Pologne. 

 
 

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2 réactionsCommentaire(s)
  • Bravo...belle recherche et belle présentation,

    Michel P. Desjardins - 2019-07-21 07:37
  • Pouvez-vous élaborer sur ce qu'est une 'tribu sauvage'?

    Marcel - 2019-07-20 19:28