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18 août 2018 - 06:31

Dossier - Artistes en affaires

Le défi des petites entreprises sur le web

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

L’aventure entrepreneuriale peut être tentante pour les artistes, mais rares sont ceux qui ont l’audace de s’y lancer à temps plein. Info Dimanche est allé à la rencontre des artistes derrière les petites entreprises Artrh et Kapé, qui ont décidé d’exploiter leur talent pour le mettre au service de leurs clients, tout en restant ancrés dans la région de Rivière-du-Loup.

Pour le directeur du Centre d’entrepreneuriat et PME de l’Université Laval et chargé d’enseignement, Simon Chartier, démarrer une entreprise chez soi est une belle façon de fonctionner, et elle permet d’éviter beaucoup de frais fixes lors des premières années d’opération.

«Pour une petite entreprise, c’est une pression de moins et cela permet un équilibre de vie. Cela fait un temps, pour se bâtir un historique de vente et de revenus. C’est parfait, par exemple, pour les gens qui désirent garder leur travail et avoir leur entreprise à côté», explique M. Chartier.

Cette manière de procéder peut toutefois compter certains désavantages, comme les clients qui cognent à la résidence de l’entrepreneur, ou encore les besoins d’espace lors de l’expansion de l’entreprise.

«Internet a changé la donne. On assiste au développement d’une nouvelle économie. Une économie occupée par les jeunes qui ont accès à un marché mondial, tant qu’ils ont une bonne connexion Internet. Ils peuvent bénéficier de la qualité de vie de la région et ont leur entreprise sur le web», souligne Simon Chartier.

Toutefois, il souligne qu’il n’y a rien de nouveau dans le fait de démarrer une entreprise chez soi. On peut entre autres penser aux fondateurs d’IBM, Apple, ou encore Premier Tech à leurs modestes débuts.

Simon Chartier voit d’un très bon œil les initiatives de jeunes qui se lancent en affaires, à l’image des quatre fondateurs d’Artrh ou de Kapé. «Partir une entreprise avec des associés aux compétences différentes permet de la rendre dynamique (…) Je le vois comme une école d’entreprenariat, l’expérience leur permet de faire des apprentissages. Ceux qui ont leur propre entreprise déjà se démarquent dans mes cours. Il y a des choses qu’il faut apprendre «sur le tas». Être un micro-entrepreneur pour commencer permet de prendre de l’expérience petit à petit pour grossir sont entreprise plus tard. Commencer gros, ce n’est pas évident. Ceux qui le font ont peu de marge d’erreur, il faut apprendre à faire de la business.»

L’arrivée du commerce sur le web et de la vente en ligne a aussi apporté des techniques de marketing complètement différentes. Le retour sur le service et la qualité des produits est direct. «Ils peuvent réussir à aller chercher une masse publicitaire à peu de frais, à l’aide des influenceurs sur Instagram, YouTube. Le marché mondial s’ouvre et amène de nouveaux défis. La compétition, désormais, c’est contre le monde entier et tout ça évolue extrêmement vite», ajoute M. Chartier.

L’apparition de nouvelles générations d’entrepreneurs autodidactes dynamise le milieu des affaires et permet de ramener des jeunes en région. Il souligne que divers incubateurs d’entreprises intégrant de nouvelles technologies et des programmes locaux d’entreprenariat seraient à développer davantage pour attirer les jeunes entrepreneurs à s’installer dans la région.

 

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