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23 avril 2018 - 10:07

Des enseignants demandent le report de l’implantation de l’éducation à la sexualité

Faute d’avoir les conditions adéquates, les ressources professionnelles, la formation, le temps d’appropriation et tout le matériel nécessaire dans les délais imposés, les enseignants réclament le report de l’implantation obligatoire de l’éducation à la sexualité tant que les conditions essentielles à sa réussite ne seront pas au rendez-vous.

La Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) et le groupe Profs en mouvement unissent leurs forces pour formuler cette revendication auprès du gouvernement. «Il est clair pour les organisations d’enseignants que l’éducation à la sexualité est plus que nécessaire et qu’elle n’aurait jamais dû être abandonnée en 2006-2007. Mais l’enjeu n’est pas là : les milieux ne sont pas prêts. Ainsi, on ajoutera trop souvent cette responsabilité sur les seules épaules du personnel enseignant qui n’est pas préparé pour dispenser ces contenus hautement délicats. Cette nouvelle responsabilité de l’équipe-école, mal définie, place d’ailleurs les enseignants en situation de vulnérabilité professionnelle», estime la FSE.

Elle demande d’ailleurs que d’autre personnel soit mis à contribution pour l’éducation à la sexualité, puisqu’il ne s’agit pas d’un cours prévu dans la grille-matières et que les heures de cours sont déjà trop remplies. Si une partie de l’éducation à la sexualité doit être réalisée par les enseignants, ils demandent d’être épaulés par des intervenantes du milieu de la santé, d’avoir une formation adéquate en qualité et quantité suffisante, se sentir à l’aise avec les thèmes abordés, avoir du matériel clé en main pour débuter les premières années, avoir un professionnel disponible pour les élèves lorsque des sujets plus sensibles seront abordés, par exemple, les agressions sexuelles, et participer à l’élaboration des conditions et modalités nécessaires à l’intégration de l’éducation à la sexualité avant son approbation par les conseils d’établissement,

«Les enseignants doivent être entendus. Ils ne veulent pas être les instruments des politiques électoralistes du gouvernement. Ce dernier a eu plusieurs années pour avancer dans ce dossier, mais il s’y est pris à la dernière minute, à la veille d’une élection. Le gouvernement doit respecter le jugement professionnel des enseignants, donner des réponses à leurs nombreuses questions et leur fournir les outils adéquats pour travailler auprès des élèves. L’éducation à la sexualité est importante et les enseignants, tout comme les élèves, méritent mieux», a vivement dénoncé Josée Scalabrini, présidente de la FSE-CSQ, qui compte également sur le soutien de l’Association provinciale des enseignantes et des enseignants du Québec (APEQ-QPAT) pour faire cette revendication.

La FSE estime que le gouvernement aurait pu procéder autrement pour implanter l’éducation à la sexualité, par exemple en revoyant l’ensemble de la grille-matières pour lui déterminer un espace, ou encore en procédant à une implantation progressive. Il aurait également pu intervenir plus tôt, il y a de cela plusieurs années, pour s’assurer que tout se déroule dans des conditions optimales.

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