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11 mai 2022 - 12:36 | Mis à jour : 15:59

Un pêcheur évite la noyade de justesse à Saint-Marc-du-Lac-Long

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

Karol Ouellet de Saint-Marc-du-Lac-Long pêche depuis plus de 40 ans. Cela représente des milliers de sorties en chaloupe et des milliers de truites attrapées, aussi. Mais après être tombé à l’eau sans veste de sauvetage, sa soirée de pêche du 9 mai dernier aurait bien pu être sa dernière s’il n’avait pas compté sur la vivacité d'esprit et les efforts de deux «héros» pour le sauver de la noyade. 

Après deux heures de pêche sur le lac des Cèdres (lac Botsford), situé au nord-ouest de Saint-Marc-du-Lac-Long, M. Ouellet envisageait son retour vers la rive lorsqu’il a décidé de profiter d’une dernière prise. Il raconte avoir vécu cette situation des centaines de fois. Pourtant celle-là allait être différente. 

Assis dans une chaise installée dans sa petite embarcation, il n’a fallu qu’un mauvais geste – et un ensemble de circonstances – pour qu’il perde pied et qu’il tombe à la renverse dans l’eau glaciale à quelques centaines de pieds de la terre ferme. 

«Jamais, je n’étais tombé dans l'eau en ferrant un poisson», raconte le pêcheur, toujours sous le choc près de deux jours après l’accident. «Et comme un bon gars de bois, mon gilet de sauvetage était dans le fond de la chaloupe et je ne l'avais pas sur le dos…»

Incapable de rembarquer dans son bateau, Karol Ouellet a alors tenté de se diriger vers la rive. Bon nageur, il croyait pouvoir toucher le fond du lac rapidement, mais il a plutôt vite réalisé que ses vêtements – ses bottes, son manteau d’hiver et ses combines – retenaient ses mouvements. Sa respiration s’est accélérée, le stress a augmenté. 

«Je me suis vraiment dit que je n’allais pas réussir à me rendre. Je ne réussissais pas à battre des pieds à la surface de l’eau. C’était vraiment difficile», souligne-t-il aujourd’hui. «Sans les gars, je ne serais plus là…»

Nicolas Beaulieu et Frédéric Plourde pêchaient sur la terre ferme quand ils ont vu M. Ouellet se démener dans le lac. Sans hésiter, ils sont partis à la course, ont trouvé une chaloupe sur un terrain voisin et l’ont littéralement poussé vers l’homme en détresse. L’embarcation n’avait pas de rame, alors leurs efforts relèvent de l’exploit. 

«Quand j’ai vu les gars courir, je me suis dit que j’avais peut-être une chance. Ça m’a donné un peu d’énergie», se souvient Karol Ouellet. «M. Plourde est rentré dans l'eau pour pousser la chaloupe. Nicolas, il me criait de ne pas lâcher et de continuer à battre des pieds. J’avais de plus en plus de difficulté à rester hors de l'eau. Quand ils sont arrivés, j'étais en train de perdre connaissance et de couler. Je pensais que tout était fini.»

Une fois le sauvetage effectué, tout n’était cependant pas gagné pour le trio qui a finalement réussi à retrouver la rive non sans difficulté. «Nicolas m’a tenu tout au long pendant que j’étais accroché à la chaloupe. On n’a pas lâché et j’ai continué de pédaler du mieux que j’ai pu jusqu’au moment où mes pieds ont touché le fond. J’étais à bout de force», mentionne M. Ouellet. 

«N'eût été la vitesse de réaction de ces deux gars-là, je me serais noyé. Je leur dois la vie, ce sont des héros», ajoute-t-il, toujours émotif. 

REMERCIER ET SENSIBILISER 

Karol Ouellet a d’abord partagé son histoire sur les réseaux sociaux, le 10 mai. Il souhaitait avant tout remercier et honorer les deux hommes qui lui ont sauvé la vie. Il voulait aussi sensibiliser ses connaissances sur l’importance de porter la veste de sauvetage. 

«Évidemment, si j’avais eu un gilet de sauvetage, je n’aurais pas eu de problème. C’est ce qu’il faut retenir. Mais s’il y avait aussi eu des rames aussi près de la chaloupe, ç’aurait fait la différence. Ce n’aurait pas été aussi serré.»

«S’il vous plait, mettez vos vestes de flottaison, et laissez des rames sous vos embarcations près des lacs, ça peut sauver des vies», a-t-il écrit sur sa page Facebook. 

Karol Ouellet se remet encore aujourd’hui de ses émotions. Il admet avoir perdu quelques biens matériels pendant l’accident. Évidemment, ça ne lui importe peu, puisqu’il a réussi à conserver, in extremis, ce qu’il y a de plus important. La vie. 

 Plus de détails suivront… 

 

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