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5 avril 2019 - 14:24 | Mis à jour : 16:32

«Vous étiez une bombe au volant avec un véhicule lourd» - juge Luce Kennedy

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

L’ex-conducteur de poids lourd Larry Nickner de Trois-Pistoles devra purger 90 jours de détention discontinue pour avoir conduit son véhicule de manière dangereuse, et avec les capacités affaiblies par l’alcool, entre Le Bic et Trois-Pistoles sur la route 132 le 3 janvier 2018.

Les policiers ont constaté que le camionneur conduisait son véhicule avec un taux d’alcoolémie de 139 mg d’alcool pour 100 ml de sang. Au Québec, il est interdit de conduire un véhicule lourd si le taux d'alcool dans le sang est de 50 mg par 100 ml de sang ou plus. Il a plaidé coupable à ces accusations, ainsi qu’à un bris d’ordonnance de la Cour supérieure. Larry Nickner a pris le volant de son poids lourd en état d’ébriété alors qu’il était en appel d’un jugement concernant une conduite avec les facultés affaiblies par l’alcool dans un autre dossier.

«Vous êtes chanceux que personne n’ait été blessé (…) L’appel d’un bon samaritain qui vous a suivi a sauvé votre vie et celles de plusieurs autres personnes cette journée-là», a souligné la juge Luce Kennedy à l’accusé. Un citoyen qui suivait le poids lourd a appelé la Sûreté du Québec afin de dénoncer la conduite erratique du camionneur. Il a finalement été arrêté à Saint-Simon, sur la route 132.

Larry Nickner conduisait de manière dangereuse, faisait des manœuvres de dépassement en klaxonnant bruyamment les autres automobilistes, suivait de près les autres véhicules et faisait clignoter les lumières de son véhicule. La juge Kennedy a comparé son poids lourd à un «arbre de Noël» pour illustrer ses propos.

À la suite d’une demande d’aide au CLSC pour régler son problème de consommation d’alcool, Larry Nickner a également décidé de réorienter sa carrière et de se tourner vers l’apiculture. Il assure qu’il ne conduira plus de poids lourd. L’accusé a confirmé qu’il était demeuré sobre depuis les évènements du 3 janvier 2018.

«Je me rappelle de certains moments, mais pas de tout. J’avais des tremblements plutôt vigoureux au volant (…) Je regrette ce que j’ai fait. J’ai mis la vie d’autres personnes en danger. J’aurais dû arrêter, mais j’ai voulu continuer et maintenant je paie pour ça aujourd’hui. On a apprend dans nos cours qu’on ne chauffe jamais un poids lourd avec une goutte d’alcool dans le sang», a témoigné Larry Nickner. Il a dit souffrir d’un syndrome post-traumatique relié à un carambolage dans lequel il avait été impliqué un an auparavant. Depuis, il a développé une anxiété lors de la conduite de son poids lourd lors de mauvaises conditions climatiques.

Les avocats Me Lili Anne Laforest de la Couronne et Pierre Gagnon de la défense ont suggéré de manière commune une peine de quatre mois et demi d’emprisonnement. Une détention provisoire de 45 jours doit en être soustraite. Larry Nickner devra donc purger 90 jours de détention de manière discontinue à partir du 15 avril. Il lui sera interdit de conduire pour les cinq prochaines années, en plus de la durée de la peine d’emprisonnement, et il devra se soumettre à une probation de trois ans. L’accusé devra également suivre les thérapies recommandées et s’abstenir de consommer de l’alcool ou de la drogue. La juge Luce Kennedy a martelé à l’accusé qu’un permis de conduire n’est pas un droit, mais un privilège. Il lui sera interdit d’obtenir un anti-démarreur éthylométrique sur son véhicule pour une période de 12 mois, en raison des circonstances des infractions qu’il a commises.

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