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3 mars 2021 - 06:59

Sortir le Manoir Rioux-Belzile de l’ombre

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

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En retrait du Chemin de la Grève-Rioux à Notre-Dame-des-Neiges s’élève depuis plus de 200 ans le Manoir Rioux-Belzile, l’un des vestiges de l’ancienne seigneurie de Trois-Pistoles. En 2012, une demande de classement de ce bâtiment patrimonial a été adressée au ministère de la Culture et des Communications du Québec, mais elle est demeurée sans réponse.

Le 20 janvier 2021, munie d’une recherche étoffée menée par l’historien Robert Larin et sa fille, l’architecte Marie-Joëlle Larin-Lampron, la MRC des Basques est revenue à la charge en adoptant une résolution pour relancer le dossier. «Notre demande au ministère est restée lettre morte, c’est rentré dans une craque de plancher et ça ne bouge pas depuis 2012. Je pense que c’est le rappel le plus sérieux que nous avons fait depuis», explique le préfet de la MRC des Basques, Bertin Denis. Il souhaite que des conditions gagnantes soient mises en place afin de conserver le patrimoine bâti de la région des Basques. «On est prêt à être partenaire avec notre expertise en patrimoine et en culture, on a le gout de remettre ça de l’avant», complète-t-il.

Situé sur l’ancien chemin du Roy de la seigneurie de Trois-Pistoles, la résidence, devenue plus tard le Manoir Rioux-Belzile, aurait été construite entre 1803 et 1815 par Ignace Rioux, l’un des descendants du seigneur Jean Rioux selon les recherches effectuées par Robert Larin et Marie-Joëlle Larin-Lampron. Au début du 19e siècle, la zone littorale était le principal secteur de peuplement. Elle a été abandonnée progressivement avec la construction de l’église Notre-Dame-des-Neiges de Trois-Pistoles en 1843. La terre agricole a été exploitée pendant cinq générations.

Le Manoir Rioux-Belzile repose encore sur ses premières fondations en pierres des champs et possède aussi ses fenêtres à carreaux d’origine. La charpente a été équarrie à la hache et assemblée à tenons et mortaises. Il s’agit de l’une des plus anciennes maisons du Québec à être ornée de larmiers cintrés et un exemple de l’architecture domestique québécoise de la première moitié du 19e siècle.

Marie-Joëlle Larin-Lampron et son père portent le dossier du Manoir Rioux-Belzile depuis 10 ans. Elle explique qu’elle s’est attachée à la grève Rioux puisque la famille de sa belle-mère s’y rend tous les étés. «On trouvait que c’était dommage que ce site soit à l’abandon. On a décidé de fouiller son histoire et de trouver des informations intéressantes. Bien qu’on ne soit pas de Notre-Dame-des-Neiges, on voulait écrire quelque chose qui aurait des répercussions dans la communauté», explique Mme Larin-Lampron. Ils avaient aidé les différents intervenants à préparer le dossier pour adresser la demande de classement au ministère de la Culture et des Communications. 

«Je crois que ce bâtiment pourrait être porteur d’un plus grand projet pour la communauté des Basques. Mon père a soulevé l’hypothèse que ce lieu pourrait avoir accueilli des pêcheries sédentaires. Ce serait un lieu historique intéressant à fouiller», ajoute-t-elle.

Parallèlement, ils ont publié un livre virtuel accessible gratuitement afin de remettre la lumière sur ce bâtiment patrimonial méconnu dans la région. «On ne veut pas avoir fait tout ce travail pour rien. Même s’il n’est pas classé, on veut que nos recherches et que l’histoire de ce lieu soient connues par la communauté. Le Manoir est plus riche que ce que les gens voient de l’extérieur», complète l’architecte.

Le Manoir Rioux-Belzile a été cité comme monument historique en 2007 puis constitué en site du patrimoine en 2011 par la municipalité Notre-Dame-des-Neiges, avec le chalet Omer-Marchand, construit à proximité en 1915. «Sur notre territoire, nous avons deux bâtiments patrimoniaux qui sont sous la protection d’une citation par la Municipalité, il s’agit de la Maison hantée et du Manoir Rioux-Belzile», explique le maire de Notre-Dame-des-Neiges, Jean-Marie Dugas. Il ajoute que la Municipalité n’a pas les ressources spécialisées ni les connaissances requises pour assurer la protection de ce bâtiment patrimonial, c’est pourquoi elle s’est tournée vers la MRC pour adresser à nouveau la demande auprès du ministère de la Culture et des Communications.

Le Manoir Rioux-Belzile, après avoir été habité par Ignace Rioux et ses descendants, a été vendu en 1919. Il est ensuite passé entre les mains des familles Bélanger et Belzile de Trois-Pistoles et a été occupé pendant la saison estivale par le journaliste Olivar Asselin. Ses séjours sont d’ailleurs relatés dans ses écrits. La famille Belzile en a été propriétaire de 1949 à 2019. Il a été vendu à des acheteurs de la région de Québec.

Il est possible d’en apprendre plus sur l’histoire et les personnes qui ont occupé le Manoir Rioux-Belzile en consultant le livre : «Le Manoir Rioux-Belzile – Maison ancestrale et site patrimonial» : http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/bs4237417. Un groupe Facebook a aussi été créé à ce sujet : https://www.facebook.com/groups/ManoirRiouxBelzile

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  • Le chalet Omer-Marchand dont il est aussi question à été construit sur le site vers 1920 par l’un des plus fameux architecte de son époque. Omer Marchand est un des deux architectes du parlement du Canada, de certains édifices dû parlements de Québec,, de la cathédrale de Saint-Boniface au Manitoba,. de plusieurs églises, écoles, musées, caserne de pompiers, prison, bain public. Couvent, hôtel de Ville et autres édifices de la ville de Montréal, Il a aussi laissé des œuvres à Paris et même au Japon.

    Robert Larin - 2021-03-04 06:36