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Feux à Los Angeles : «Je pense qu’il va y avoir un avant et un après»

durée 10 janvier 2025 | 09h36
  • Andréanne Lebel
    Par Andréanne Lebel

    journaliste

    Alors que Los Angeles est ravagée par des incendies destructeurs, Mériem Dehbi-Talbot, qui y habite depuis quatre ans, doit suivre les évènements à distance. Présentement au Mexique avec ses parents pour la période des Fêtes, elle a dû reporter son retour aux Etats-Unis en raison de ce drame qui frappe la cité des anges, au cœur de l’industrie cinématographique mondiale.

    «Ça a été un 24 heures assez intense», résume Mériem Dehbi-Talbot, originaire de Notre-Dame-du-Portage, près de Rivière-du-Loup. Cette dernière est en contact constant avec ses amis et ses colocataires, qui se trouvent toujours à Los Angeles. Elle habite dans le quartier Los Feliz, situé au pied de l’observatoire Griffith près de Hollywood, un secteur qui a été épargné jusqu’à maintenant par les incendies.

    «Toute ma vie est là-bas. Tous les gens proches de moi, mon travail sont là-bas. C’est sûr que c’est très stressant. Il y a une partie de moi qui aimerait mieux être là pour vraiment m’assurer que tout est correct, mais une autre partie de moi qui est contente d’avoir évité tout ce chaos», explique-t-elle.

    Mériem Dehbi-Talbot se trouve au Mexique avec sa famille depuis le 21 décembre, pour passer le temps des Fêtes. Elle était loin de se douter qu’un drame frapperait sa ville adoptive pendant son absence.

    Dans une région comme la Californie, les feux de forêt sont assez fréquents. La population est habituée de suivre leur évolution attentivement, sans s’alarmer outre mesure. Cette fois, la situation est bien différente.

    «Mardi [7 janvier], j’étais avec une de mes amies de Los Angeles à Mexico. On était en train de souper et c’est là qu’on s’est rendu compte que les feux étaient assez avancés dans le coin des Pacific Palisades, ce qui est assez éloigné de chez moi. J’étais plus ou moins inquiète.»

    Les flammes se sont rapidement propagées, activées par les vents de plus de 150 km/h qui soufflaient sur Los Angeles. Des tisons et des braises ont été transportés sur plusieurs centaines de mètres. «Plus la soirée avançait, plus on recevait des nouvelles. C’est là que ça a commencé à vraiment être stressant. Un autre feu s’est déclenché complètement de l’autre côté de Los Angeles […] C’était plus près de chez nous, dans l’est de la ville.»

    Selon les informations du Département des forêts et de la protection contre les incendies de Californie (CAL FIRE), le périmètre de l’incendie du quartier Pacific Palisades s’étend maintenant sur près de 20 000 acres, soit environ 8 100 hectares. Il s’agit presque du territoire de la Ville de Rivière-du-Loup au complet, qui fait 8 374 hectares. Un autre incendie (Eaton), qui s’est déclaré dans le secteur de Pasadena, a ravagé plus de 5 500 hectares. On dénombre plus de 10 000 structures détruites, et 5 décès, d’après les informations de CAL FIRE.

    Les vents ont endommagé des installations électriques dans le secteur où la Portageoise réside. Des arbres sont tombés et l’électricité a été coupée. Elle a décidé d’annuler son vol de retour à Los Angeles, qui était prévu le mercredi 8 janvier.

    «Tant qu’à avoir un vol pour rentrer, être prise dans tout cela, utiliser des ressources d’eau qui sont essentielles en ce moment et contribuer au trafic parce que les gens essaient d’évacuer, je me suis dit que j’allais rester ici [au Mexique].»

    Mériem Dehbi-Talbot est restée éveillée jusqu’au petites heures du matin afin de suivre l’évolution des feux, inquiète pour la sécurité ses proches. «On ne sait pas trop ce qui va se passer, la ville est en état de choc. Les ressources sont limitées. C’est du jamais vu.»

    Les forts vents, accompagnés de la sécheresse et la présence de nombreux parcs à proximité, ont créé une recette parfaite pour un désastre, indique-t-elle.

    Dès que la qualité de l’air sera au rendez-vous, la productrice de cinéma originaire de Notre-Dame-du-Portage a l’intention de retourner à Los Angeles afin de retrouver sa communauté et de donner un coup de main. «Dans un climat comme ça, tu te mets en mode gestion de crise. Tu as envie d’être là pour aider et de faire du bénévolat.»

    Elle ne peut qu’espérer que sa résidence soit épargnée par les flammes. «Je pense qu’il va vraiment y avoir un avant et un après [ces feux].»


     

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