X
Rechercher
Nous joindre
Publicité

La démocratie municipale de Témiscouata-sur-le-Lac est menacée selon les deux conseillers exclus

durée 7 mai 2024 | 06h58
  • Lydia Barnabé-Roy
    Par Lydia Barnabé-Roy

    Journaliste de l'Initiative de journalisme local

    Étienne Deschênes et Ginette Bégin, les deux conseillers qui ont été exclus des rencontres plénières le 15 avril, soutiennent que la démocratie municipale de Témiscouata-sur-le-Lac est menacée. En huit jours, la Ville a convoqué non pas une, mais trois séances municipales extraordinaires. Une situation déplorée par les deux élus, car elle nuit selon eux à l’accès aux décisions prises et limite les questions posées par la population.

    Dans un communiqué transmis aux médias, les deux conseillers partagent leurs préoccupations : «La Ville de Témiscouata-sur-le-Lac contourne les règles démocratiques municipales en imposant une série de décisions à travers l’enchaînement de plusieurs séances extraordinaires». 

    Le 26 avril, les conseillers ont été informés d’une séance extraordinaire à venir le 29 avril où 12 points ont été à l’ordre du jour. Le 30 avril, ils ont été mis au courant de deux autres séances hors horaire organisées les 2 et 6 mai où 4 et 1 sujets respectivement étaient à discuter. «Du jamais-vu», d’après les deux élus.

    M. Deschênes indique qu’une séance ordinaire était préalablement prévue le 15 mai. Elle a été annulée et repoussée au 30 mai. L’assemblée du conseil de juin a aussi été reportée.

    «Normalement [une séance extraordinaire] est organisé[e] quand il y a quelque chose d’urgent», soutient l’élu exclu, tout en mentionnant qu’elle doit faire état d’un sujet, deux tout au plus. Or, d’après sa collègue et lui, aucun des points amenés ne pressait, soutenant qu’ils auraient pu se régler en séance régulière.

    Ginette Bégin trouve désobligeant qu’un conseil fonctionne par des rencontres impromptues. Cette technique relate une certaine désorganisation et un empressement qui l’interpelle grandement, avoue-t-elle. Seuls 15 jours séparent les 15 et 30 mai, «En quoi il y avait urgence?», se questionne l’élue.

    Cette façon de faire, indique les conseillers, réduit l’information relayée aux citoyens puisque peu sont au courant de la tenue d’une rencontre, qui se déroule souvent sur l’heure du souper. Seul un avis de 24 h est fourni à la population, et les personnes qui se présentent ne peuvent poser des questions que sur des points de l’ordre du jour. «C’est tout simplement de museler, de rendre muet la démocratie», se désole Mme Bégin.

    «Ce qu’ils ont fait le 15 avril pour nous exclure ça n’a rien à voir avec les raisons qu’ils ont donné. C’était tout simplement pour nous [faire] taire», pense Étienne Deschênes.
    Selon lui, la séance ordinaire aurait dû avoir lieu comme prévu. «Ça montre encore plus qu’on doit être réintégré [en plénier], lance-t-il. Les décisions sont prises par en dessous».

    Il espère que la rencontre du 7 mai entre la Ville et le ministère des Affaires municipales permettra à sa collègue et lui de recommencer à représenter les citoyens. Il qualifie leur exclusion de «mise en scène», d’un «scénario» et d’un «show de boucane». Il réitère qu’ils n’ont jamais intimidé ou clarifié des choses avec les employés.

    «On ne peut pas bâillonner des conseillers et faire en sorte qu’ils n’existent même plus», clame Ginette Bégin, qui souhaiterait leur réintégration immédiate.

    Appelé à commenter la situation, le maire de Témiscouata-sur-le-Lac, Denis Blais, a mentionné qu’il n’accorderait pas d’entrevue d’ici sa rencontre avec le MAMH. Il a souligné qu’il maintenait cette position d’autant plus que le communiqué des deux conseillers contenait selon lui de fausses informations.
     

    commentairesCommentaires

    0

    Publicité

    RECOMMANDÉS POUR VOUS


    29 mai 2024 | 15h13

    Maintien de la traverse à Rivière-du-Loup : le gouvernement refuse de prendre position 

    Le gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ) continue d’entretenir une incertitude dans le dossier de la traverse entre Rivière-du-Loup et Saint-Siméon. Les députés de la CAQ ont refusé d'appuyer une motion présentée par le Parti libéral du Québec demandant au gouvernement de s'engager à maintenir le lien maritime au quai louperivois, ce ...

    29 mai 2024 | 14h05

    Plus de 75 cas actifs de coqueluche dans les MRC de Rivière-du-Loup et de Kamouraska

    Dans les dernières semaines, la direction de la santé publique régionale a observé une recrudescence des cas de coqueluche dans les secteurs de Rivière-du-Loup et de Kamouraska. En date du 28 mai, 75 cas actifs ont été répertoriés sur le territoire du Centre intégré de santé et de services sociaux du Bas-Saint-Laurent (CISSSBSL). Selon le Dr ...

    29 mai 2024 | 10h54

    La Chambre de commerce de retour à l’Assemblée nationale dans le dossier de la traverse

    À l’initiative de la Ville de Rivière-du-Loup et en compagnie d’une délégation de représentants de la région, la Chambre de commerce de la MRC de Rivière-du-Loup s’est de nouveau rendue à l’Assemblée nationale pour exiger un fois de plus le maintien de la Traverse Rivière-du-Loup - Saint-Siméon, ce mercredi 29 mai.  «Il est inconcevable que le ...