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L’ombre de la moule zébrée plane sur huit lacs de la région

durée 19 janvier 2024 | 06h55
  • Alyson Théberge
    Par Alyson Théberge

    Vidéojournaliste

    Dans le but d’évaluer la répartition de la moule zébrée à l’échelle du Bas-Saint-Laurent, le ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) ainsi que ses partenaires régionaux ont inspecté, à l’été 2023, une vingtaine de plans d'eau de la région. Alors qu’aucun spécimen de moule zébré n’ait encore été repéré, de l’ADN de l’espèce envahissante a été détecté dans huit lacs.

    «La bonne nouvelle dans les études qu’on faites [les équipes du] ministère, c’est qu’ils en n’ont vu nulle part, visuellement. Ça veut dire qu’elle n’a pas colonisé d’autres lacs pour l’instant», confirme Anne Allard-Duchêne, directrice de l’Organisme de bassin versant (OBV) du fleuve Saint-Jean.

    L’évaluation comprenait une inspection visuelle en apnée ou en plongée, puis une collecte environnementale d’échantillon d’ADN. D’après les analyses, de l’ADN de moule zébrée a été détecté dans le lac des Aigles, le lac Jerry, le lac Matapédia, le lac Mitis, le la Saint-Jean, le petit lac Saint-Mathieu, le grand lac Squatec et le petit lac Touladi.

    «La seule façon de déterminer qu’[un] lac est contaminé par des moules, c’est de les voir, visuellement», mentionne Mme Allard-Duchêne. «Ça peut prendre du temps. […] Les moules se mettent sous les roches, donc il faut aller en plongée, tourner des roches. Au début, s’il n’y en a pas beaucoup, il faut quand même avoir de la chance pour tourner la bonne roche», explique-t-elle.

    Des échantillons d’ADN positifs ne confirment pas forcément la présence d’individus vivants. «[L]’ADN ne nous dit pas s’il s’agit de moules vivantes ou mortes […] On ne sait pas comment elles se déplacent non plus», mentionne Mme Allard-Duchêne.

    L’ADN de moule zébrée peut facilement être transporté d’un plan d’eau à un autre, et ce, de différentes manières. L’exemple le plus fréquent : un bateau ayant navigué sur un plan d'eau où la moule zébrée est présente. Même si elle est nettoyée, l’embarcation peut tout de même transporter de l'ADN de cette espèce aquatique.

    D’ici là, plusieurs questions persistent. L’ADN détecté correspondait-il à de celui de moule morte? Des embarcations auraient-elles déplacé de la moule vivante, ou conservé de l’ADN? Un animal se serait-il nourri d’une moule, et ses excréments en porteraient l’ADN?

    Pour le MELCCFP et l’OBV du fleuve St-Jean, il est primordial de maintenir les efforts de détection sur les plans d’eau concernés, l’été prochain.

    BAS-SAINT-LAURENT : DES LACS VULNÉRABLES

    À la suite de la découverte de moules zébrées vivantes dans le lac Témiscouata, soit à la fin de l’été 2022, un plan d’action a été élaboré afin de suivre la situation et prévenir la dispersion et l’introduction de l’espèce dans d’autres lacs de la région.

    «Les lacs du Bas-Saint-Laurent [ont] des teneurs en calcium qui sont très propices à la moule zébrée. Une fois qu[‘elle] est installée quelque part, et que le lac est propice à son développement, et bien on ne peut plus faire grand-chose à part essayer de protéger les autres lacs autour», raconte Mme Allard-Duchêne.

    IMPACTS NÉGATIFS

    Indélogeable, la moule zébrée est une espèce aquatique envahissante qui peut avoir plusieurs impacts négatifs dans les lacs et les rivières. «La moule, biologiquement, c’est un filtreur. Pour se nourrir, elle filtre l’eau et absorbe tous les nutriments, tout ce qu’il y a à manger dans l’eau […] Donc toute la chaîne trophique, la chaine alimentaire dans le lac, peut être impactée», développe Mme Allard-Duchêne.

    Cette espèce de mollusques peut s’accrocher pratiquement partout. «[Sur] nos moules indigènes […] On a même trouvé, parfois, des moules zébrées qui étaient accrochées à un poisson, par exemple. Elles sont capables de nuire à la vie aquatique.»

    «Un gros impact, je pense, qui a motivé les municipalités à se mobiliser, c’est que ça va venir s’accrocher sur les quais, les bateaux, mais aussi sur les prises d’eau, par exemple, sur les barrages. Ça implique de grands coûts, de grands frais monétaires pour aller nettoyer ça après, à chaque année, parce qu’il ne faut pas que ce soit obstrué», précise-t-elle.

    STATIONS DE LAVAGE

    La MRC et les Municipalités du Témiscouata ont été très proactives afin de contrer la prolifération de l’espèce envahissante, soit par la mise en place de stations de lavage dont l’utilisation sera obligatoire avant d’accéder aux différents plans d’eau.

    Une quinzaine de stations de lavage et une vingtaine de guérites automatisées seraient nécessaires afin de bien contrôler les accès aux différents lacs du Témiscouata. Le préfet de la MRC de Témiscouata, Serge Pelletier, avait annoncé, cet automne, que le tout devrait être fonctionnel et en opération au printemps prochain, grâce à des investissements totaux estimés à environ 2 M$.

    «[Ce] n’est pas perdu […] C’est toujours quelque chose de positif à mettre en place pour éviter d’avoir d’autres espèces exotiques envahissantes qui existent et qui sont autour de la région», souligne Mme Allard-Duchêne.

    «Il faut continuer à sensibiliser les gens, que ça devienne un peu un réflexe de laver les embarcations, le matériel qu’on utilise sur un lac avant de le mettre sur un autre lac.» Mme Allard-Duchêne invite les plaisanciers et les riverains de la région à bien nettoyer leurs embarcations, mais également leurs différents accessoires tels que les skis, bouées, gilets de sauvetage, etc.

    «Chacun a un petit rôle à jouer […] Il ne faut pas s’alarmer, mais il faut poursuivre ce qu’on est en train de faire», conclut-elle.

    commentairesCommentaires

    1

    • PR
      Pelletier René
      temps Il y a 1 mois
      C’est bien beau vos stations de lavage pour les bateaux mais que faites vous pour les hydravions? Il peuve faire 3 régions du Québec et nouveau brunswick en une journée et est ce qu’il lave leurs flotteurs je trouve que c’est un manque
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